Vers un marketing de la complexité

Depuis la naissance des grandes théories du marketing et de la publicité, le monde en général et le consommateur en particulier se sont hyper complexifiés.

Cette complexité est aujourd’hui reconnue par l’ensemble des acteurs de la communication et du marketing comme un état de fait.

Mieux elle nous sert de valeur explicative à des phénomènes que nous ne comprenons ou n’anticipons pas.

Dit autrement et plus désagréablement, nous nous protégeons derrière la notion « floue» de complexité des systèmes pour ne pas chercher à en comprendre les mécanismes profonds. Pour, par exemple, ne pas rechercher et démontrer mathématiquement les interrelations et les corrélations qui structurent et explicitent la complexité des nouveaux mécanismes de communication et de consommation.

Pourtant cette compréhension est possible.

Depuis les grandes découvertes des années 70, sur la biologie moléculaire et les travaux autour des sciences de l’information et de la cybernétique, s’est développée une discipline dite de la « science de la complexité ».

Cette discipline fédère des scientifiques issus de la biologie, de l’économie, de l’informatique, des mathématiques, des sciences humaines au sens large, qui cherchent à produire des modèles pour traiter les énormes quantités de données que ces disciplines engendrent. Ces modèles qu’ils soient quantitatifs ou semi quantitatifs, explicatifs et prédictifs ou heuristiques et génériques, se sont formidablement enrichis au cours de la dernière décennie.

Grâce aux outils d’informatique, nous avons à notre portée des automates booléens puissants qui nous permettent non seulement d’expliquer mais en partie de prédire les nouveaux phénomènes de communication et de consommation. Mieux nous disposons aujourd’hui de modèles théoriques sur les notions d’auto organisation que nous pouvons coupler avec des automates booléens puissants.

Bref, nous avons aujourd’hui, des outils conceptuels et techniques pour anticiper, prédire et comprendre la complexité des systèmes d’information au sens large (formation de l’opinion, adoption des réseaux sociaux, nouveaux comportements, fixation des prix…)

C’est un paradoxe mais alors que l’un des métiers des acteurs de la communication est d’anticiper, gérer et produire et donner du sens à des flots d’informations nous n’avons pas encore intégré au cœur de nos pratiques les sciences de la complexité.

Les acteurs de la communication sont souvent déconnectés des labos de recherche, absents des rencontres académiques autour des sciences de la complexité.

Ma conviction est que nous avons besoin de faire naître un marketing de la complexité, où se retrouveraient mathématiciens, informaticiens, physiciens, biologistes, sociologues, psychologues, statisticiens, économistes et créatifs…

Un marketing qui sera en situation de refonder les modèles et grandes règles du marketing autour d’approches plus pointues, précises et technophiles.

Kondratiev, Schumpeter et les raisons d’espérer

Les crises, depuis que nous sommes sortis des crises de subsistances (épidémies, mauvaises conditions climatiques…) de l’économie pré industrielle, empruntent, à peu près le même chemin :

  • constitution d’une bulle spéculative,
  • éclatement de la bulle provoquant une série d’accidents financiers qui mettent en faillite les banques les plus imprudentes.
  • Effondrement des profits et des valeurs des entreprises, arrêt du crédit
  • Chute de la confiance, de la consommation et de l’investissement
  • Faillites en cascade des entreprises les plus faibles
  • Chômage de masse

C’est ce cycle presque mécanique qui fait dire à certains que la spéculation est la cause des crises.

Il suffirait d’y mettre un terme pour briser la spirale des crises. Ce raisonnement de plus en plus populaire est, hélas, totalement inefficient.

Il suffit d’observer la logique des cycles longs pour s’en convaincre. Kondratiev, supplicié par Staline, explique clairement que l’économie est structurée en cycles longs d’une durée de 50 ans et se décompose en deux phases.

  • Une première, marquée par une longue période de croissance et soutenue par des investissements et une augmentation de la productivité, qui se traduit par une augmentation des salaires et des profits.
  • Une seconde marquée par le recul de l’investissement et de la consommation pousse à une baisse continuelle des prix, des profits et des salaires et se traduit par une dépression longue.

Premièrement, l’analyse des cycles de Kondratiev démontre qu’historiquement, on ne peut pas décolérer salaires et profits.

Quand les salaires montent, les profits croissent et inversement.

Il n’y a donc pas d’opposition structurelle entre profit et salaire, bien au contraire.

Deuxièmement, la théorie des cycles longs a permis à Schumpeter de mettre en évidence le rôle de l’innovation dans l’alternance entre phase de croissance et phase de dépression.

Les phases d’expansion sont sous-tendues par une série d’innovations majeures. Soutenues par des investissements puissants, ces innovations permettent de créer de nouveaux produits et services, de gagner en productivité et donc d’enrichir l’ensemble de la collectivité.

Les arbres ne montant pas au ciel, à un moment donné, ces innovations arrivent à maturité. Elles ne permettent plus de générer des gains de productivité majeurs et de soutenir la croissance.

Le marché devient alors plus sélectif, la défiance s’installe, le consommateur augmente son taux d’épargne et les investisseurs, ne trouvant plus d’investissements à fort potentiel de croissance et de profit, désinvestissent. Mécaniquement la dépression s’installe.

Les investisseurs comme les entreprises et les individus vont chercher dans cette période à optimiser leurs coûts de production par la recherche de nouveaux procédés plus performants, à faire naître une nouvelle demande en se restructurant et en créant de nouveaux produits et services.

C’est dans cette période, que Schumpeter qualifie de « destruction créatrice », que se préparent et se bâtissent les innovations majeures qui porteront le prochain cycle de croissance.

C’est le paradoxe de la situation exceptionnelle que nous sommes entrains de vivre.

A priori, de la grippe à la crise financière en passant par les tensions géopolitiques, l’avenir n’est pas à l’optimisme.

Pourtant, c’est dans ces moments uniques, exceptionnels d’intensité, que se bâtissent les plus formidables innovations qu’elles soient technologiques, sociales ou médicales.

Nous allons assister, dans les prochaines années, à la naissance des technologies et des plateformes sociales qui serviront de socle à la prochaine croissance. Et ça c’est plutôt une très bonne nouvelle. Enjoy !

Le cas Romain L. : grandeur et décadence de la twittosphère

Romain L est un cas passionnant.

Voici un élève qui passe un contrôle intermédiaire qui doit valider une série de compétences sous Flash. Il calle devant l’animation à exécuter. Son premier reflexe faire une recherche Google. Deuxième réflexe, trouver de l’aide via un forum. Et enfin, face à l’absence de répondant, il décide d’utiliser twitter.

A ce moment là un type lui propose de l’aider. Romain propose de le rémunérer 100 euros. Au bout d’une heure le flasheur trouvé sur twitter se transforme en maître chanteur et exige 300 euros pour ne pas le dénoncer.

Romain refuse le chantage et le maître chanteur, ni une ni deux, balance Romain à son école.

Cette histoire est incroyable à plus d’un titre.

Premièrement, Romain est-il un tricheur ?

Personnellement je ne le pense pas.

L’école lui demande d’exécuter une animation comme le ferait n’importe quel employeur. Il calle, bloque et va naturellement chercher dans l’intelligence collective et vivante que constitue Twitter une solution.

Et c’est là que c’est passionnant. Pour exécuter une action vous n’avez pas seulement besoin de vos compétences personnelles mais aussi de votre capacité à aller chercher, agréger et jouer avec l’intelligence collective qui vous entoure. Romain ne triche pas, au sens classique du terme, il s’appuie sur un outil d’intelligence collective pour être plus puissant. Ce qui compte c’est le résultat final. (modification et précision : nous utilisons tous Twitter pour tricher avec nos propres conaissances, ici avoir une info, là retrouver une présentation…)

Deuxièmement, Romain a-t-il mal agit ?

Oui je le pense.

Ce qui me choque ce n’est pas le recours à Twitter pour trouver une solution à un problème, c’est le fait qu’il propose un reward.

L’idée de rémunérer un conseil, un soutien, une forme de solidarité naturelle que porte twitter est pour moi une faute. Plus qu’une faute, une insulte à l’intelligence et à la générosité collective que porte le réseau.

Troisièmement, les réseaux sociaux en général et Twitter en particulier portent-ils naturellement des bonnes nouvelles pour la société ?

Et bien ce qui arrive à Romain démontre le contraire.

Voilà un formidable outil d’intelligence nommé Twitter qui révèle des comportements nauséabonds.

Car quand même, le type qui propose d’abord d’aider Romain puis le fait chanter et enfin le balance est quand même un déchet de basse humanité. (Je prends le point Godwin. Mais le mécanisme de la balance, le plaisir de dénoncer et d’obtenir une sanction est clairement le cœur des dénonciations ).

Bref Twitter n’est qu’une technologie.

Elle peut faire naître le meilleur comme le pire.

L’explication de Romain

Dénonciation

Twitter, l’Iran et le vieux monde

L’élection iranienne et la révolte des démocrates iraniens démontrent, s’il le fallait encore, les œillères des média classiques.

Premièrement, voilà des mois, voir des années, que l’on décrit l’Iran comme un pays terroriste, rétrograde en omettant de décrire la vivacité de la société civile, l’envie de changement de la jeunesse, la modernité d’une jeunesse extraordinairement geek. Pourtant il suffit de surfer pour trouver des blogs passionnants qui décrivent une vie iranienne loin des clichés occidentaux.

Deuxièmement et c’est le plus étonnant. Il suffit aujourd’hui de comparer la timeline Twitter avec une chaine d’information en continue pour comprendre le formidable décalage des vieux média. La révolte du peuple iranien est reléguée en deuxième voir en troisième ligne dans les vieux média alors que sur twitter l’élection iranienne est clairement le premier topic du week-end. Plus étonnant encore dans l’angle des traitements. Les vieux média en France sont totalement caricaturaux. France 2 par exemple interview Reza Pahlavi en direct de Washington. Une icone de l’ancien siècle qui ne traduit en rien la modernité, la radicalité, l’envie de changement du peuple iranien.

Et enfin le plus passionnant dans cette révolte c’est que nous découvrons une jeunesse qui a construit, aux travers des nouvelles technologies, des interstices de liberté.

Au point que le régime iranien a du bloquer l’envoi des sms au moment de l’annonce des résultats.

Cela en dit long sur la bascule du monde.

Dans l’ancien monde quand on réalisait un coup d’état, on prenait le contrôle de la TV et on interdisait la publication des journaux. Dans le nouveau monde on bloque l’accès à Facebook et on empêche l’envoi de SMS.

<!–[if gte mso 10]>

L’élection iranienne et la révolte des démocrates iraniens démontrent, s’il le fallait encore, les œillères des média classiques.

Premièrement, voilà des mois, voir des années, que l’on décrit l’Iran comme un pays terroriste, rétrograde en omettant de décrire la vivacité de la société civile, l’envie de changement de la jeunesse, la modernité d’une jeunesse extraordinairement geek. Pourtant il suffit de surfer pour trouver des blogs passionnants qui décrivent une vie iranienne loin des clichés occidentaux.

Deuxièmement et c’est le plus étonnant. Il suffit aujourd’hui de comparer la timeline Twitter avec une chaine d’information en continue pour comprendre le formidable décalage des vieux média. La révolte du peuple iranien est reléguée en deuxième voir en troisième ligne dans les vieux média alors que sur twitter l’élection iranienne est clairement le premier topic du week-end. Plus étonnant encore dans l’angle des traitements. Les vieux média en France sont totalement caricaturaux. France 2 par exemple interview Reza Pahlavi en direct de Washington. Une icone de l’ancien siècle qui ne traduit en rien la modernité, la radicalité, l’envie de changement du peuple iranien.

Et enfin le plus passionnant dans cette révolte c’est que nous découvrons une jeunesse qui a construit, aux travers des nouvelles technologies, des interstices de liberté.

Au point que le régime iranien a du bloquer l’envoi des sms au moment de l’annonce des résultats.

Cela en dit long sur la bascule du monde.

Dans l’ancien monde quand on réalisait un coup d’état, on prenait le contrôle de la TV et on interdisait la publication des journaux. Dans le nouveau monde on bloque l’accès à Facebook et on empêche l’envoi de SMS.

Reblog this post [with Zemanta]

Le Porno la kills-apps de microsoft

The Bada Bing's logo

Image via Wikipedia

C’est en surfant sur le blog d’Emery que j’ai eu une révélation.

Et oui c’est bien cela, pour s’imposer face à Google, Microsoft vient de trouver la kill app’s : le Porn.

La vraie rupture de Bing est la recherche vidéo incluant l’ensemble des sites à caractère pornographique.

En un seul clic vous agrégez des recherches sur l’ensemble des sites X de la planète et vous faites démarrer une preview avec un simple overlay. Et tout cela en grillant l’ensemble des filtres parentaux possibles.

L’intégration du porn au coeur de l’offre de recherche de Microsoft en dit long sur la volonté de Microsoft de claquer Google !

Reblog this post [with Zemanta]

Twitter et la génération de trafic : la preuve par l’image !

detailfortweet

Je confesse que depuis quelques mois j’utilise des boots pour twitter. En particulier twittertise, un outil rustique mais performant pour datacruncher le trafic sur twitter, qui permet de tracker le nombre de clicks sur un tweet.

Et c’est juste incroyable.

Un exemple avec une capture d’écran qui mesure la performance d’un tweet : plus de 5941 clicks ! Bluffant.

Le micro blogging est probablement le vecteur le plus performant pour générer du trafic.

Reblog this post [with Zemanta]

Enfin la lettre du Proviseur

Eureka, le Proviseur du collège Sévigné vient d’écrire aux parents d’élèves.

Une lettre monumentale.

Bien évidemment aucun mot pour s’excuser d’avoir violé l’intimité de nos enfants

Cette histoire, vraiment incroyable, commence à s’éclaircir.

La quasi totalité des règles qui encadrent l’installation des systèmes de vidéo surveillance ont été bafouées.

Le conseil d’administration n’a semble-t-il, pas donné son autorisation, ni même été informé de cette installation.

Les enseignants, comme les élèves et les parents n’ont pas été prévenus de l’installation d’un tel système qui ne se contente pas de filmer mais enregistrent les mouvements.

Encore plus fort, le système a été installé, mis en fonction sans qu’aucune déclaration préalable n’ait été faites auprès de la CNIL.

A ce niveau là, nous ne sommes plus dans la négligence mais en pleine infraction pénale.

Imaginez-vous diriger une entreprise et ne violer que la moitié de ces règles sans même vous en excuser, votre conseil d’administration vous aurait démis de vos fonctions depuis un moment.

Et là rien ne se passe. C’est la magie des institutions.

Silence, on tourne !

Cela fait maintenant plus de 15  jours que j’ai publié mon premier post sur l’installation des caméras de vidéosurveillance dans l’école Sévigné.

J’ai depuis acquis une petite culture sur le monde merveilleux de la vidéosurveillance et eu le plaisir de rencontrer, à sa demande, la direction de l’école Sévigné qui était  stupéfaite qu’un parent puisse blogguer et soutenir la mobilisation des lycéens.

J’y ai découvert que l’administration avait belle et bien fait installer, dans un couloir, une caméra qui filme l’entrée des toilettes. Charmant !

D’autant que j’ai le sentiment que l’administration a installé ce système de vidéosurveillance comme on installerait un verrou,  sans se poser de questions et en violant littéralement l’ensemble des législations en vigueur.

Avec le recul cet entretien, courtois, polis fut totalement stupéfiant.

Stupéfiant parce que je réalise aujourd’hui que malgré la mobilisation des lycéens, l’envoie de lettres par les parents, des heures discussions :

  1. Mes enfants continuent d’être filmés dans la cour de récréation sans que j’en ai été officiellement informé,
  2. l’administration ne nous a toujours pas encore informé des lieux d’installation de ces caméras et des conditions d’archivage,
  3. l’association des parents d’élèves ne semble pas faire grand-chose…

Et surtout parce que l’administration pense avoir commis une erreur de communication alors qu’elle a juste commis un délit pénal en installant illégalement un système de vidéosurveillance.

Bref, citoyens dormez tranquille pendant que l’administration continue de filmer illégalement vos enfants.

Understanding the Financial Crisis in Less Than 3 Minutes

The Enspire Learning Network presents a visual representation of the current financial crisis

Post d’un invité, G. Lozano, “Dois je expliquer à mes enfants qu’on viole leur intimité en toute impunité pour éviter quelques tags dans les sanitaires ? “

De plus en plus de parents m’écrivent au sujet des caméras de surveillance au sein du collège Sevigné.

J’accueille donc sur ce blog le post d’un parent d’élève de collège Sevigné.

Voici sa réflexion :

“La polémique au Collège Sévigné concernant la vidéosurveillance coïncide avec la publication du dernier rapport de la Commission Nationale de l’Informatique et Libertés (CNIL) datant du 13 mai dernier. Celui -ci montre une augmentation de 43% des plaintes concernant la vidéosurveillance et demande au Ministère de l’intérieur de clarifier le régime juridique la concernant.

Sauf que ce Ministère désire porter à 60 000 le nombre de caméras à la fin de cette année. Il s’agit d’un objectif comptable bien à la mode mais dont le but ne nous est pas expliqué clairement. Le postulat de base est qu’il existe une corrélation directe entre ce nombre magique et notre sécurité. Mais d’où sort on ce raccourcis ?

A ma connaissance aucune étude scientifique ne le prouve, plutôt le contraire, et on fonde toute la légitimité de cette démarche sur des variations subjectives d’un « sentiment d’insécurité ».

Je suis pour ma part incapable de conclure. Mais je sais seulement et surement qu’une telle prolifération d’espaces vidéo surveillés est loin d’être anodine. Nous cédons sans sourciller des pans entiers de notre liberté en échange de l’utopie d’un monde sans risques et à force de courir vers le risque zéro nous stérilisons l’essence même de notre vie et celle de nos enfants.

La lettre tardive de madame le Proviseur essaye de nous expliquer en trois lignes que suite à un vol et des dégradations dans les sanitaires un système de vidéosurveillance a été installé. Et on nous demande de faire comprendre à nos enfants l’intérêt de ce dispositif !

Dois-je déduire que des caméras ont été installées dans les toilettes et qu’on y filme mes enfants à leur insu? Dois je leur expliquer qu’on viole leur intimité en toute impunité pour éviter quelques tags dans les sanitaires ? Et en plus, dois je leur dire qu’il faut collaborer puisque c’est dans leur intérêt ?

Non ! La seule attitude saine dans ces conditions semble être celle des enfants qui ont décidé d’agir, de demander des explications. Nous ne pouvons que les remercier d’avoir acquis un sens critique et de nous alerter intelligemment.

Soyons clairs, je ne plaide pas pour l’anarchie. J’ai délégué une partie de mon autorité à cette institution laïque et je l’assume. Mes enfants doivent la respecter, comme ils doivent respecter tout espace de savoirs. Mais ce devoir leur donne aussi le droit de penser librement, d’être en désaccord, d’entretenir le doute et d’exiger d’être respectés à leur tour.

On demande à une école idéale la difficile tâche d’accomplir l’alchimie schizophrène d’éduquer nos enfants, de leur imposer un cadre, mais sans étouffer leur esprit.

La réaction de quelques enfants prouve que cela existe à Sévigné et que jusqu’à aujourd’hui l’école a su préserver leur liberté. Notre devoir est de les soutenir et en aucun cas de justifier des décisions qui portent atteinte à leur intimité.

Dans ce contexte la lettre d’explication expéditive de la direction est au minimum maladroite et en tout cas extrêmement inquiétante.”

Guillermo Lozano Ortiz de Zarate

Videosurveillance de Sevigné : photos des actions des lycéens

Les photos des actions des lycéens de Sevigné contre la vidéo-surveillance.

Collège Sevigné et videosurveillance : la mobilisation commence

Le post (thx to @Mryemery) commente la mobilisation du collège Sevigné contre la videosurveillance.

Le liens : http://www.lepost.fr/article/2009/05/14/1535178_un-college-sous-video-surveillance-suscite-la-colere.html

Ensemble, nous pouvons obtenir le retrait des caméras de surveillance

Mobilisation contre la vidéosurveillance dans le Collège Sevigné

Le college Sevigné (école de mes enfants) a fait installer un système de vidéo surveillance.

Au delà des questions pédagogiques et philosophiques que ce sujet soulève,le proviseur a fait installer  ce système sans en avoir préalablement informé les parents.

Je trouve le procédé juste innaceptable.

J’ai donc décidé de rejoindre une petite mobilisation pour le retrait de système.

Le groupe Facebook pour la mobilisation est maintenant actif : “College Sevigné : pour le retrait du système de video-surveillance“. Ce groupe est moins “polémique” que le groupe des lycéens et collégiens de Sevigné et plus apte à mobiliser plus largement.

Pour poursuivre la mobilisation nous aurions besoin de :

  • fédérer les parents (faites vous connaitre via le groupe FB ou sur ma boite email walther75 at gmail.com) et les élèves
  • trouver des avocats  pour vérifier bénévolement la validité du dossier
  • faire buzzer : nous comptons sur vos blogs et vos PR

Videosurveillance : histoire ordinaire d’un monde qui part en vrille

A la rentrée des classes, après les vacances de pâques, mes enfants découvrent que leur école (le collège Sévigné) vient d’être équipée d’un système de vidéosurveillance. Des caméras installées à l’intérieur de l’établissement, dans les couloirs, dans la cour de récréation, dans le hall…

Sur le coup je ne réagis pas. Un peu incrédule. Quelques jours après des lycéens collent devant le collège des affiches « Big Sister is watching you » en référence à la direction de l’école.

Et là je réalise. Me renseigne.

Non seulement les faits et gestes des enfants sont en permanence scrutés par des caméras de surveillance mais surtout ces caméras ont été  installées sans qu’aucune information préalable n’ait été diffusée.

Le plus hallucinant est que rien ne justifie l’installation d’un tel système. Pas la moindre justification sécuritaire possible : pas de problèmes d’intrusion, pas d’actes de délinquance sérieux dans cette école qui se situe en plein cœur du cinquième arrondissement. Mieux cette école privée laïque est une institution. Premier établissement secondaire laïque pour jeunes filles créé en France, le collège Sévigné se vante “de solliciter les qualités de cœur et de compréhension mutuelle des enfants, en un mot, leurs qualités humaines afin de les conduire vers leur épanouissement dans la perspective d’un monde plus solidaire”.
Il s’agit juste d’une petite folie sécuritaire.

Filmer, surveiller est devenu banal, une décision de gestion ordinaire.

Pourtant installer un système de vidéo surveillance au cœur d’une école n’est pas un acte anodin. C’est diffuser, au cœur d’une institution qui est censée transmettre le respect de la liberté individuelle et de la confiance, des valeurs de soumission et de défiance. C’est signifier aux enfants que l’on se méfie d’eux, qu’on contrôle leurs faits et gestes.

Vous imaginez-vous grandir, dès la maternelle, dans un monde où vous êtes épiés et contrôlés en permanence ?

C’est juste inconcevable.

Big sister is watching you !

ecolesevigné

Il y a quelques semaines l’école où vont mes enfants, Sevigné, a la fait le choix d’installer des caméras de vidéo surveillance à l’intérieur de l’établissement.

Ces caméras sont apparues du jour au lendemain dans l’école Sevigné sans aucune information ni concertation préalable. Étonnant comme procédé… Mais passons…

En temps normal nous aurions pu imaginer une mobilisation des parents d’élèves, des questions posées à l’administration, des pétitions…

Le truc c’est que nous ne vivons définitivement plus une époque normale.

Des lycéens de Sevigné ont lancé une mobilisation tout azimut autour d’un slogan « Big Sister is watching you », en référence aux deux dirigeantes de l’école :

  • Groupe sur facebook
  • Picture jaming
  • Autocollants collés dans l’école
  • Collage sauvage le soir devant l’école

Et la mobilisation est entrain de prendre. Gentiment mais sûrement, les collégiens et les ados sont entrain de mettre une pression de plus en plus forte sur l’administration de l’école.

Le plus étonnant c’est que tout cela se passe sans que les parents s’en mêlent. L’ association de parents d’élèves de l’école Sevigné semble apathique.

Pourtant l’idée de filmer des enfants dans des couloirs, à l’entrée des toilettes n’est pas anodine. Surtout que personne ne connait les conditions d’utilisation de ces vidéos : qui peut y accéder, sont-elles stockées, dans quelles conditions, le réseau est-il sécurisé ou une passerelle IP via internet est-elle possible ?

J’aimerais bien savoir si, à votre avis, une administration scolaire a le droit de poser, sans concertation, des caméras de surveillance dans une école ?

A-t-elle des obligations en matière de stockage, de déclarations, d’information aux parents ?

Reblog this post [with Zemanta]

Page suivante »