Airplay et consommation
L’université de Bretagne vient de mener une étude, assez étonnante, passée totalement inaperçue dans l’univers du marketing.
Les chercheurs souhaitaient savoir si la nature de la musique écoutée par une femme pouvait avoir un impact sur sa disponibilité amoureuse.
Ils ont donc soumis une centaine de jeunes femmes au même protocole. Placées pendant un long moment dans une salle d’attente sonorisée, elles devaient ensuite être accueillies par un jeune homme qui avait systématiquement la même scénario de séduction, avec des arguments, une conversation identique pour finir par leur demander leurs numéros de téléphone.
Le résultat est sans appel. 58% des femmes qui ont écouté « je t’aime à mourir » de Cabrel donnent leurs numéros de téléphone versus 28 % pour « l’heure du thé » de Vincent Delerm.
Dit autrement, un facteur exogène – la musique diffusée - impacte massivement (100% de performances supplémentaires) le taux de transformation d’un dragueur.
C’est énorme.
Et très encourageant pour le marketing. Ce qui est vrai pour un dragueur doit l’être pour un vendeur, un emailing, une bannière ou un produit.
J’ai l’intime conviction que la musique écoutée modifie massivement la disponibilité des consommateurs à un acte d’achat ou à une action marketing. Tant au niveau collectif où l’airplay doit influer sur la consommation globale, qu’individuelle où la musique que j’écoute avant d’acheter ou lorsque que je fais mes courses doit fortement modifier ma sensibilité de consommation.
Je rêve d’un ad serveur, qui en fonction du style de musique que vous avez actuellement dans les oreilles, vous pousse ou pas une action marketing.
France.fr vitrine de la France bureaucratique
A écouter le S.I.G, le plantage du site France.fr serait en grande partie dû à la lourdeur des marchés publics. Je trouve cette explication un peu fantaisiste.
Le SIG sait parfaitement manier le code des marchés publics pour se doter de partenaires efficaces. Il utilise très intelligemment les procédures de dialogue compétitif pour systématiquement sélectionner, dans les procédures d’appel, une short list d’agences sérieuses avec un minimum de références.
Prenons le cas d’une campagne de publicité.
Imagine- t-on le SIG, pour la réalisation d’une campagne de publicité censée incarner la « vitrine de la France » et dotée de 1,6 millions d’euros de budgets de conseils et de réalisation, choisir :
- une agence conseil spécialisée dans l’édition de cartes de vœux et de guides pratiques,
- une agence sans planning stratégique, ni direction de création, ni prod TV
- une boite de production spécialisée dans la réalisation de films pour les baptêmes et les mariages…
- de ne pas faire de « tests consos » avant la réalisation du film et sa mise à l’antenne.
C’est juste impensable.
Pourtant, transposée à la communication digitale, c’est exactement ce que le SIG vient de faire avec France.fr.
Les causes du naufrage de France.fr sont à chercher dans la gouvernance du SIG.
Que Thierry Saussez ait pu lancer le SIG dans cette aventure sans recruter à minima un CTO et se doter de partenaires solides est une faute. On ne se lance pas dans la réalisation d’un site dont l’ambition est d’incarner la France sans un minimum de compétences digitales.
Qu’il n’ait pas mis en place une solide communication de crise après le naufrage pour nous éviter le ridicule d’un article en Une de Techcrunch est une erreur lourde. D’autant plus impardonnable qu’il publie un article 5 jours après le plantage de France.fr sur le thème : « la maîtrise de la communication fait partie de l’exercice du pouvoir ».
Et surtout maintenant que le site France.fr est en ligne nous pouvons constater l’étendue du désastre.
France.fr, malgré un budget conséquent, est déjà « old fashion » :
- une ergonomie d’un autre âge avec un énorme header,
- des cartes interactives réalisées en flash qui tentent de réinventer la roue. Il aurait probablement été trop simple de réaliser un mashup avec Google map ou bing,
- des animations sous flash d’une médiocrité confondante. Regardez juste l’animation sur Marianne en home de France.fr,
- Des contenus mis-en vrac sur le site sans réflexion éditoriale. J’adore particulièrement l’intégration des pôles emploi sur la carte interactive juste à côté des monuments et des pôles de compétitivité.
Ce site devait être la vitrine numérique de la France, il en est la caricature bureaucratique. La démonstration vivante de l’incompétence numérique du SIG.
La décence aurait exigé que le responsable de ce site, Thierry Saussez, démissionne. Mais non. Thierry Saussez a choisi d’aller au bout du ridicule et de rajouter l’indécence à l’incompétence. Vous pouvez signer la pétition pour la démission de Thierry Saussez.
Quelques screenshots….

Sur la partie anglophone de france.fr lorsque vous cliquez sur "business startup advice" vous arrivez sur une video, en français, de pôle emploi. Efficient:-((
Phil’s B.B.Q : la Mecque !
J’ai découvert grâce à Andrew (@agbegin) un BBQ restaurant légendaire : Phil’s.
Ce restaurant pousse l’expérience du barbeque à son stade ultime.
Vous commencez par faire 1h30 de queue avant de pouvoir commander. Et oui cela se mérite. Et au bout d’une heure j’étais un peu stressé. Surtout quand au moment de la commande, le serveur vous explique que si vous voulez du vin il faut aller faire la queue au bar.
Mais une fois l’attente passée, un choc culinaire.
Une sauce, que le chef aurait inventé à l’âge de 14 ans qui est juste succulente (avec une pointe de cannelle mais juste ce qu’il faut).
Une cuisson où le RIB est légèrement confit et fondant au cœur et croustillant à l’extérieur. Une viande tendre à tomber. Un sandwich « El Torro » dingue.
Les accompagnements ne sont pas en reste. Epis de maïs, pomme de terre en robe des champs, coleslow, pomme frites maisons, tout est impeccable. Et le must, alors que je ne suis pas un grand fan, les oignons frits. A tomber par terre. Une sorte de magie, d’alchimie parfaite où vous avez vraiment l’impression de croquer de l’oignon sans ce côté un peu graillon qui est d’habitude si désagréable.
J’ai définitivement trouvé la Mecque du BBQ. Dorénavant chaque week-end je m’inclinerai en direction de San Diego avant de commencer mon BBQ.
Pour suivre Phil sur twitter c’est là
Pour le site web c’est là
La video Phils man Vs Food c’est là
sur youtube c’est là
PS : un petit truc si vous y aller sans enfants. Rentrez directement sans faire la queue pour le restaurant et installe- vous au bar (il n’y pas de queue à faire). Prenez une bière et le barman commandera en cuisine votre BBQ.
GE a créée l’évènement dans le petit monde de la datavisualisation en annonçant le recrutement d’un datavisualization, leader. Au-delà du signal envoyé sur le rôle central et stratégique de la dataviz pour les entreprises ce que j’ai trouvé frappant dans cette annonce c’est le positionnement du job.
Le « leader, data visualization » est rattaché au pole « Marketing – Advertising and Brand Marketing ».
La description du job est on ne peut plus claire :
- Utiliser la datavisualization pour raconter l’histoire de GE autour des piliers de la marque
- Soutenir les relations publiques de la marque
- Transformer des datas brutes en une expérience utilisateurs uniques
Et c’est là que ce recrutement est doublement emblématique.
Il démontre que la datavisualization n’est qu’un moyen pour mieux comprendre et piloter votre business mais une nouvelle grammaire pour communiquer et créer une expérience de marque plus enrichissante.
La description du job est là
Thierry Saussez est le patron du SIG (service d’information du Gouvernement). C’est lui qui a eu, non seulement, l’idée géniale de lancer france.fr mais qui a dirigé sa conception et construction.
A priori on pourrait s’attendre à ce qu’il fasse profil bas. Qu’il s’excuse d’avoir ridiculisé notre pays avec l’échec pathétique de france.fr.
Et bien non.
Juste deux exemples.
Premièrement, l’installation, comme la souligné techcrunch.fr, sur la page d’erreur de france.fr d’un « i like it » pointant sur une fanpage facebook.
Deuxièmement, le discours (le doc est là) énorme de Thierry Saussez lors de la clôture des entretiens de l’esplanade.
Pour situer le contexte, nous sommes le 27 Juillet 2010, le site france.fr est en rideau depuis 13 jours et nous avons fait la une de techncrunch.com. Non seulement il ne donne aucune explication sur le plantage de france.fr mais surtout il parade.
Je cite Thierry Saussez :
« Nous avons également à relever le défi du numérique, des nouveaux médias, des applications qui bouleversent dès aujourd’hui le paysage de la communication et vont le changer dans les 5 ans qui viennent »
« Je pense à France.fr, le site officiel de la France qui va, dans quelques semaines après un an de travail, affirmer la fierté d’être Français et le rayonnement de la France partout dans le monde. »
Incroyable. Ce type plante comme jamais l’image de la France sur le Net et il est fier de lui.
Thierry Saussez c’est vraiment le Domenech de la com’.
Aux Etats-Unis, depuis quelques semaines, je n’ai pas suivi le naufrage de France.fr. Quand j’ai découvert la page, j’ai d’abord pensé à un hoax. Puis en découvrant le post de techcrunch j’ai failli tomber de ma chaise.
Ce plantage est un cas d’école. Le symbole ultime des errements français en matière d’usage des technologies par les communicants.
Cas d’école n°1. La faiblesse stratégique qui tient à penser qu’une communication digitale se résume à une url. Le brief : comment faire vivre la France sur le net. La réponse : créons France.fr, le portail de la France ! Premier « glups »
Cas d’école n°2 : le nationalisme étriqué qui veut que la nationalité d’une entreprise et d’une technologie soit plus d’importante que sa compétence. Déjà il y a 25 ans, L. Fabius avait préféré le TO7 de Thomson et Nanoreseau de Goupil (deux entreprises qui n’existent plus) à l’offre d’Apple pour équiper les écoles.
Cas d’école n°3 : La sous culture technologique. Le SIG est devenu l’un premier annonceur français. Oui vous ne rêvez pas le SIG, dépense 120 millions d’euros en prestations de conseils et achats d’espaces. Pourtant aucun expert technologique sérieux ne supporte le SIG. En France, les communicants considèrent la technologique comme une commodité. Résultat, ils sont les otages de leurs agences ou de leurs informatiques internes.
Cas d’école n°4. L’idéologie plutôt que le pragmatisme. Dans ce pays, il semble normal, par idéologie, de faire reposer l’ensemble des infrastructures technologiques sur des solutions open source. Et la sphère publique gère les CMS (les systèmes qui gèrent la publication des contenus) à la mode des buzz « open source ». Ce fut SPIP, Joomla et maintenant Drupal. Je n’ai rien contre l’open source, mais nous pourrions peut être arrêter de considérer les éditeurs anglo-saxons comme des créatures malfaisantes et être un peu plus pragmatique.
Cas d’école n°5. Le syndrome du « moi aussi je veux mes propres serveurs ». Que le SIG fasse héberger, comme encore beaucoup d’éditeurs ou de startup françaises, leurs solutions sur des serveurs propriétaires est juste absurde. C’est à se demander si quelqu’un a signalé au SIG l’existence d’un truc qui s’appelle le cloud.
Cas d’école n°6. Le règne des copains. A priori ,nous pourrions imaginer que l’Etat confie à des entreprises, un peu sérieuses, la réalisation du site censé incarner la France dans le monde digital. D’autant que la France n’est pas (encore) le Zimbabwe, de Publicis à Havas en passant par Fullsix il y a pléthore de choix. Et bien non. Il suffit de se pencher sur les prestataires pour comprendre que le naufrage était hautement prévisible :
- L’hébergement du site, vitrine de la France, est donné à une SARL basée à Niort qui réalise moins de 2 millions d’euros par an de CA. Seul mérite de cette société, elle prétend faire de l’hébergement vert. Bilan, le SIG cherche d’urgence, en plein été, à changer d’hébergeur.
- La réalisation du site a été confiée à une agence qui fait du mini site et n’a jamais rien réalisé de marquant. Bilan : le site ne gère pas la mise en cache des contenus. Et oui ce n’est pas une blague, dès que vous faites une action sur une page du site, boum, le serveur recalcule la page. Dès que vous avez un peu de monde sur une page le serveur devient dingue.
Cas d’école n°7 . Le règne de l’impunité. C’est probablement le pire. Le SIG se décharge de ce naufrage sur ses prestataires. C’est pourtant non seulement lui qui les a choisi mais qui les a coordonné. Dans une démocratie normale, le responsable du SIG, aurait présenté sa démission pour moins que cela. Mais non, nous sommes en France. Non seulement Thierry Saussez, patron du SIG ne démissionne pas mais il se permet de publier le 19 juillet (5 jours après la mise en rideau du site) un point de vue dans libération avec comme titre « la maitrise de l’information fait partie de l’exercice du pouvoir ».
France.fr est vraiment incroyable !
La capture d’écran qui tue
Je découvre sur le site de Korben des captures de france.fr.
Le site qui devait présenter la France au monde.
J’adore la carte interactive. Un must. L’utilisation de flash est ultime.
Mais regardez bien le menu.
Vous pouvez afficher : les équipements sportifs, les établissements d’enseignement supérieur, les monuments, l’unesco, les pôles de compétitivité et… Pôles emploi.
Et oui. En voilà un beau site pour changer l’image de la France dans le monde.
Vive le SIG ! Vive la France !
Les 3 ruptures induites par Flipboard
Flipboard est entrain de s’imposer comme l’app de référence.
Au-delà du buzz, en inventant une nouvelle manière de vivre et syndiquer des contenus sociaux, Flipbard constitue une rupture. Que Flipboard rencontre ou pas le succès en tant que startup, il aura inventé une nouvelle manière de consommer les contenus sur le net. En ce sens, il y aura probablement un avant et un après Flipboard.
Première rupture : le modèle de rémunération des contenus. Jusqu’à présent les agrégateurs agrégeaient une partie des flux, diffusaient des liens mais la lecture des contenus syndiqués se faisait essentiellement sur la page de l’éditeur.
En aspirant littéralement les contenus, et en les consommant dans sa propre app, Flipbard brise ce modèle. La rémunération publicitaire des contenus se fera sur Flipbaord et non plus sur le site de l’éditeur.
C’est potentiellement le plus gros braquage d’inventaires publicitaires de l’histoire du net. D’autant que l’ergonomie de Flipboard et l’expérience de l’Ipad créent un potentiel d’expériences publicitaires bien supérieur aux displays traditionnels. Dit autrement, à contenu identique, le cpm sur Flipboard sera mieux valorisé et offrira un meilleur roi que sur une campagne de display ou de search marketing.
Vous allez me dire :
- les éditeurs vont bloquer l’accès aux contenus
- Flipboard vient d’annoncer qu’il ne syndiquera pas de force des contenus dont les auteurs refuseraient leurs diffusions.
Certes mais c’est aussi vrai pour Google. Vous avez la liberté théorique d’empêcher Google de scroller vos contenus. Mais vous connaissez beaucoup d’éditeurs qui ont fait ce choix. Moi pas.
Le plus amusant dans cette histoire est que les éditeurs voyaient, un peu candidement, en Apple le messie qui allait les sauver de l’apocalypse annoncé. Et voilà que l’Ipad se transforme en arme de destruction massive des inventaires publicitaires.
Deuxième rupture, la publicité (je n’aime pas le terme mais je n’ai rien trouvé de mieux) sur le net. Le concept de « socialmag » sous Ipad crée un univers d’expériences et de valorisations pour les marques inouïes.
Imaginez un peu. Flipboard conjugue l’empathie et la richesse d’expérience de l’Ipad et l’intelligence et la puissance de ciblage du social graph (voir mieux de Beacon) de Facebook Nous allons pouvoir créer des univers créatifs, riches, empathiques ET extraordinairement ciblés et pertinents pour le consommateur.
Le potentiel est juste sans limite. C’est le support qui rend enfin possible la promesse d’une communication réellement interactive et personnelle.
Le seul petit hic c’est qu’il exige une génération de créatifs mutants. A la fois capable de jouer avec un social graph et des scenarii proches des cultures CRM, de manier parfaitement les notions d’UX (expérience utilisateur) et de créer une expérience de marque et de service en HTML 5. C’est probablement une jolie opportunité pour les créatifs mutants et les entrepreneurs. Nous allons probablement voir naître une nouvelle génération d’agences massivement structurées autour des objets nomades.
Troisième rupture : Les analytics. Cela fait un moment que l’audience des marques s’est socialisée. Et qu’au delà du site web, l’enjeu pour les analytics est d’agréger les audiences cumulées provenant à la fois de la blogosphère, de Facebook, Twitter, etc… C’est d’ailleurs un des propos de Captain Dash que de fournir une solution qui permette d’agréger des audiences et des campagnes diffuses.
Mais là, avec FlipBoard, cela risque de prendre une autre dimension. D’un côté, votre contenu est consommé dans son intégralité sur une interface que vous ne contrôlez pas. Adieu la traçabilité du clic. De l’autre, Flipboard en créant une expérience, facile et populaire, de lecture des media sociaux va massivement en démocratiser l’usage. Et construire des analytics pertinents dans un monde où la consommation de vos contenus échappe à 90% à vos solutions traditionnelles de tracking va rendre la tache un peu complexe. Nous allons devoir définitivement quitter les stratégies basées sur l’indexation de tags et redécouvrir le monde merveilleux mais si chaotique des panels. C’est la démarche de Facebook avec Brandleft
Les années qui arrivent vont être passionnantes. Nous allons sortir de l’âge de pierre digitale. La révolution digitale va se mettre en marche.
Flipboard: le prochain gros truc
Je vous fais un pari. Flipboard va être la prochaine grosse grosse application du web social.
Un truc au niveau d’un Foursquare.
Pour faire simple, Flipboard est le premier magazine authentiquement social sur Ipad. Avec une UX proprement bluffante, Flipboard vous fait vivre l’expérience d’un joli magazine au coin du feu. Sauf que vous ne consultez pas les pages d’un journal écrit par un journaliste qui décide de la ligne éditoriale. Vous feuilletez les pages provenant de vos feeds Twitter, Facebook et à terme de vos flux rss.
Flipboard c’est comme ces applications qui créent une expérience utilisateur rupturiste. Difficile à décrire mais très simple à vivre. je vous conseille vivement de télécharger Flipbard, là.
Une fois que vous aurez vécu l’expérience, dites vous que Flipboard vient de lever, en série A, 10,5 millions de dollars auprès d’Index, de Kleiner Perkins Caufield & Byers et qu’ils ont, entre autre, Jack Dorsey (fondateur de Twitter) et Ashton Kutcher comme business angels…
Nous allons vivre une déferlante Flipboard qui risque de redessiner bien des pratiques sociales….
PS (25 juillet, 18h (Paris time): et là, je découvre que Nicolas Bordas (président de l’AACC et de TBWA France) a repéré l’application le jour de sa sortie. Avec une analyse très juste. Nicolas a définitivement basculé dans le monde des trendsetters digitaux. Un réel Geek. Il est devenu, par acculturation, « digital native ». Respect.
Microsoft Store in San Diego
Une petite visite du microsoft Store de San Diego.
Google ou le marketing du mensonge
Thomas A. Powell, le président de Pint, m’a fait une démo sans appel pour illustrer le comportement irrationnel des consommateurs face à la supposée omniscience de Google.
Faisons une recherche sur les mots clefs flash version.
Google me dit qu’il a trouvé 384 millions de résultats en 0,28 secondes.
Waouh. Là vous vous dites Google est vraiment trop fort.
384 millions de réponses. Quel index de folie. Quelle puissance. Et 0,28 secondes pour trouver cela. C’est juste incroyable.
Maintenant, cherchez à savoir jusqu’où Google est capable de trouver une réponse. Cliquer simplement sur suivant pour savoir combien de pages de résultats Google vous en affichera réellement.
Et bien au bout de la 90ème page c’est fini. Google n’est plus en situation de vous fournir un seul résultat.
A raison de 10 résultats par page, Google vous a fourni 900 résultats et non 384 000 000. 426 660 fois moins de résultats que ce qu’il vous a annoncé en home page.
Dit autrement Google exagère ces résultats de plus de 40 266 600 % (oui oui : quarante millions de %).
Appliquée à l’industrie automobile cela reviendrait à afficher au compteur d’une voiture qui peut aller à 200 km/h une vitesse maximale de 85 000 000 km/h !
Incroyable ! Pipoter sa performance de plus de 40 000 000 de % c’est possible. Google le fait des centaines de millions de fois par jours.
Et le pire c’est que cela marche. Vous vous dites chaque jour que Google est vraiment imbattable.
Ce que j’adore c’est la petite précision de Google à la fin « In order to show you the most relevant results, we have omitted some entries very similar to the 900 already displayed.” Euh même avec les 900 il m’en manquait toujours 383 909 100 de pages !
Expresso in the Desert
C’est l’histoire d’un type qui a décidé de faire des expresso italiens en plein milieu du désert. Il a installé son percolateur dans une station-service sur l’I17, entre un stand Subway et un vendeur de pizzas. C’est improbable mais il réalise le meilleur expresso que je n’ai jamais consommé aux Etats-Unis. Serré comme il faut, sans amertume, bref parfait.
A priori faire des expresso dans l’Arizona est une idée jouable. Mais s’installer dans une station-service, en plein milieu du désert, là (google map) et servir à la « deep america » des expresso remarquables, défie les règles du bon sens. Et pourtant cela marche. Tous les jours, il prend plaisir à servir un café remarquable et fait découvrir le plaisir de l’expresso à une Amérique sous perfusion de Starbuck.
Fondamentalement, c’est pour cette race d’entrepreneurs que j’ai le plus de respect et d’admiration. Des entrepreneurs qui défient les règles de la gravité.
Si vous passez dans l’Arizona sur la I17, faites un stop à Cordes Junction .
Il sert le café à partir de 8h
Drone revolution
Le drone Parrot arrive sur le marché. C’est un drone léger que vous pilotez à l’aide de votre Iphone.
Jusque ici rien de bien révolutionnaire. Quoi que …
Il permet de transformer chaque utilisateur en soldat de l’US Air Force. A l’aide de votre drone Parrot, vous pouvez traquer la vache normande avec presque autant de dextérité qu’un soldat de l’US Air France pourchassant le djihadiste dans les montagnes afghanes.
C’est la démocratisation du drone. D’autant que Parrot permet, via son SDK, à l’ensemble des développeurs de la planète de développer des applications pour faire faire des actions à son drone, jouer avec la reconnaissance visuelle et la réalité augmentée.
Côté face c’est un sublime joujou avec lequel nous allons pouvoir créer des interactions exceptionnelles.
Côté pile, c’est la fin de l’idée que nous nous faisons de l’ordre public.
Imaginez un peu le monde de l’après drone Parrot.
Pour les people c’est la paparazzade permanente. Finis les murs imposants pour se protéger des téléobjectifs. Le drone va devenir le meilleur ami des paparazzis et des fans. Nous allons pouvoir vivre le real time des people.
Pour les services de sécurité, c’est le cauchemar absolu. Ils vont devoir apprendre à protéger une personnalité de l’arrivé aérienne d’un drone. Et à part brouiller l’ensemble des fréquences GSM je ne vois comment ils vont se débrouiller.
Pour les activistes, c’est un outil surpuissant pour perturber une manifestation, tracter des banderoles dans les airs. Nous allons assez rapidement voir les premières « drone contest ». Les premiers meeting politiques envahis de drones hostiles. Je n’en avais pas à ma disposition mais je me serais bien amusé à envoyer un drone dans la maison des dilemmes, histoire de perturber un peu la retransmission.
Je suis très curieux de voir comment les pouvoirs publics, en particulier français, vont gérer la démocratisation programmée du drone.
Le site de Parrot pour le ARdrone : http://ardrone.parrot.com/parrot-ar-drone/en
The KPI ultime : la sérotonine
Pour Michael McGuire (UCLA Medical School, head of the Psychiatric Research Institute ) et Lionel Tiger (Professor of Anthropology, Rutgers University) la religion n’est rien d’autre qu’une sécrétion du cerveau.
Leur point de départ part d’un constat. Il existe autour de la planète plus de 4 200 religions qui pensent déterminer la vérité universelle. 90% des terriens définissent leur identité, leurs attitudes par la religion. La question n’est donc pas de nier la religion mais de comprendre pourquoi les humains croient en des histoires dont personne n’a jamais réussi à démontrer la consistance historique.
En analysant les grands primates, Michael McGuire a découvert que la sérotonine était associée au statut de l’animale. Plus son statut est élevé, plus son taux de sérotonine s’élève et plus il se sent bien. Et dès que l’animale est déclassé son taux de sérotonine s’effondre.
Ils se sont donc intéressés à la manière dont la religion pouvait être utilisée par le cerveau humain pour produire des flux de sérotonine. Et ils ont décelé que lorsque vous alliez dans un lieu de prière, qu’il s’agisse d’un immense temple musulman ou d’une petite église chrétienne au fin fond d’Haïti, le sentiment d’appartenance et de communion augmentait massivement la sécrétion de sérotonine de votre cerveau.
La religion ne serait rien d’autre qu’un instrument fictionnel qui transforme votre cerveau en machine à sérotonine.
En allant plus loin, ils se sont demandés si avec des médicaments produisant de la sérotonine nous pourrions nous passer de religion. Et il semble que le niveau d’utilisation de calmants est à peu près inversement proportionné au niveau de dévotion d’un pays. Un peu comme si une utilisation massive d’un dérivé pharmacologique permettant de sécréter des sérotonines nous permettait de nous passer de religion. La France qui est un des pays qui consomme le plus d’anti-dépresseurs au monde est aussi un des pays les moins croyants au monde.
La puissance ultime de la religion résiderait donc dans cette capacité à relaxer et apaiser votre cerveau. Bref à vous offrir une fiction (au sens littéral du terme : une histoire) qui en vous délivrant du statut, de la reconnaissance et une valeur d’appartenance vous permet de maximiser votre production de sérotonine et de vous sentir mieux.
Et c’est là que cela devient intéressant. Car à y regarder de plus près, nous ne sommes pas si loin des mécaniques qui expliquent l’attachement à des marques et bien des actes de consommation.
Nous avons tous vécu ce moment où, après une contrariété, vous décidez de vous lâcher et vous offrir ce produit. Et vous vous sentez immédiatement mieux. C’est quasi magique comme effet. Votre cerveau est apaisé, détendu.
Si nous suivons la théorie de McGuire et Tiger, cet acte de consommation qui vous a procuré du statut permet à votre cerveau de produire un shoot de sérotonine qui va vous faire un bien incroyable.
Vous achetez un produit parce qu’il vous procure un sentiment de bien être, d’appartenance et reconnaissance.
Au-delà de la consommation, la manière dont nous consommons les médias sociaux repose sur la même mécanique.
L’obtention d’un badge incroyable sur Foursquare, le gain d’un nouveau follower particulièrement respecté sur Twitter, une montée de trafic sur votre blog en vous offrant du statut, de la reconnaissance et un sentiment d’appartenance à une communauté, provoquera une saillis de sérotonine dans votre cerveau qui aura comme conséquence immédiate un sentiment de coolitude immédiat.
Bref, l’enjeu du marketing est de créer des fictions qui en vous procurant du statut permettra à votre cerveau d’être inondé de flux de sérotonine.
C’est peut-être cela le KPI ultime : le taux de sérotonine.
Je dois vous confesser que j’ai mis un peu de temps à me mettre à Foursquare. Je m’y suis collé sérieusement depuis quelques semaines.
Mais là quel choc !
Cela fait vraiment très longtemps que je n’ai pas été aussi secoué par l’arrivée d’un nouveau player.
Je peux me planter mais j’ai vraiment le sentiment qu’après Google, Facebook, Foursquare est la troisième grosse révolution qui va profondément et brutalement transformer l’Internet.
Pas uniquement parce que Foursquare est une application très addictive, avec une puissance virale hors norme qui se traduit par une croissance fulgurante de son trafic. Des applications qui créent le buzz et qui finissent dans le cimetière des fausses certitudes, on en voit quelques-unes par an.
Si Foursquare a le potentiel pour constituer la prochaine grosse rupture, c’est que ce service est le fruit d’une vision très structurée de l’Internet et d’une pensée radicale dont l’objectif central est de changer et d’améliorer la vie des gens. Exactement comme le furent Google et Facebook en leur temps.
Sergey Brin et Larry Page ne voulaient pas créer une start-up de plus. Leurs ambitions étaient plus radicales : rendre le monde plus ouvert et transparent en rendant la recherche plus facile et efficiente. Aujourd’hui encore Google incarne cette vision d’un Internet organisé autour d’une recherche algorithmique par mots-clefs. Avec le page-rank comme outil de démocratie censitaire entre les contenus et la performance comme nouveau paradigme publicitaire.
Mark Zukkenberg fut lui aussi porté par une vision radicale. Il voulait rendre vivant un Internet social et authentique organisé autour de vraies gens qui ne se connectent plus à des pages-rank mais s’interconnectent avec des vrais individus. C’est ce que facebook est aujourd’hui devenu. Avec le “social graph” comme outil pour cartographier et donner vie aux connexions et le fan comme stade ultime de la relation entre la marque et les consommateurs.
Dennis Crowley est de la même race d’entrepreneurs. Depuis 2000, il est habité par une vision radicale et sans concession d’un Internet nécessairement « out of the box » qui en connectant les gens dans des situations de mobilité permettrait de rendre la ville plus intelligente. Il fit un premier essai, dès 2000 avec Dodgeball.com revendu à Google pour 40 millions de dollars en Mai 2005. Après la vente de Dodgeball, il anima un programme d’enseignement autour des notions « Ubiquitous Computing for Mobile Devices ». Not bad pour un jeune millionnaire.
Foursquare n’est donc pas un énième service de plus mais l’incarnation d’une pensée structurée, dont l’objectif central est de modifier en profondeur l’expérience de la ville en vous permettant de savoir où se trouvent vos potes et de bénéficier des conseils des internautes pour redécouvrir la ville.
Je ne sais pas encore, si Dennis Crowley sera exécuter le plan et transformer un énorme buzz de plus de 500 000 utilisateurs en une puissante plateforme technologique qui vertèbrera l’Internet de la mobilité. Mais j’ai la certitude qu’il y aura un avant et un après Foursquare.
J’entends certains m’expliquer que Foursquare n’est qu’un social life game de plus.
Certes mais l’intelligence du gameplay et du système de rewards en font aujourd’hui le social life game le plus addictif du marché. La structure du « friend finder » est entrain d’aspirer un trafic massif provenant de Twitter et de Facebook. Vous allez voir que dans les mois qui arrivent foursquare va connaître des croissances d’audience à 3 chiffres par mois.
Et surtout en collectant des dizaines de milliers de venues par jour foursquare est entrain de se constituer une base de données de partage d’expérience unique. Assez rapidement la masse d’informations sur la qualité des restaurants, des commerces, des transports, des parcs, des musées va faire de Foursquare un social city guide indispensable.
Et c’est là que se joue l’avenir de Foursquare.
Dans cette capacité à passer d’une application de social life gaming à une commodité. Globalement à réussir le même switch que Facebook. Passer d’une plateforme de casual gaming où les internautes se pockaient et s’envoyaient des boules de neige à une authentique commodité technologique où vous restez connectés avec l’actualité de vos amis via un service de messagerie instantanée, de messages privés et de statuts.
Foursquare peut devenir la plateforme technologique qui vous permet de rester connectés avec votre ville. Après le « tell me what you search» de Google, le «tell me what you are » de Facebook, nous rentrons dans l’ère du « tell me where you are » de Foursquare.
Juste passionnant.
Etonnant. J’ai reçu ce mail de TBWA Corporate. Un email sans personnalisation, limite spam. Avec une offre dédiée de TBWA Corporate pour les start-up. Une sorte de plate-forme de marque pour les nuls : « 30 ke pour les mots, 15ke pour le logo ».
Objet : votre idée mérite TBWA
Madame, Monsieur
Nous avons repéré votre entreprise dans le dernier numéro de Challenges consacré aux start up d’avenir. Sensibles à la qualité et au contenu de votre projet, nous nous adressons à vous pour vous proposer TBWA à un tarif start up.
TBWA\ créé depuis près de 40 ans des idées de marque “disruptives” pour des clients tels que Absolut, Adidas, Apple, BNP Paribas, GDF Suez, Gemalto, Groupama, Henkel, Mars, McDonald’s, Michelin, Nissan, Pepsi, Pernod, Pioneer, Samsonite, SFR, Sony PlayStation, SNCF et Visa. Notre réseau compte 267 agences dans 77 pays et près de 12 000 collaborateurs.
Convaincus que la manière de vendre votre idée est aussi importante que l’idée elle-même, nous vous proposons de profiter de notre expérience dans la construction de marque forte comme Apple que TBWA accompagne depuis sa création.
Concrètement, nous vous proposons de rédiger avec vous votre plate-forme de marque, c’est-à-dire :
- votre vision = pourquoi le monde a besoin de vous
- votre mission = qu’est ce que vous apportez au monde
- vos valeurs = quelles sont les qualités qui guident votre action
- votre positionnement = qu’est ce qui vous rend unique
Cette plate-forme vous servira pour présenter votre entreprise en interne et à l’externe de manière simple et communicante, et pour accompagner votre croissance. Nous vous proposons également de la synthétiser dans une signature de marque (le Think Different d’Apple) et – si vous n’en avez pas encore – de la traduire graphiquement dans un logo. Il vous en coûtera 30 Keuros pour les mots (plate-forme et signature) et 15 Keuros pour le logo.
En espérant que cette offre unique attirera votre attention, nous nous tenons à votre disposition…
L’équipe TBWA \ CORPORATE
Et pourtant il a raison !
C’est l’histoire d’un type qui décida d’investir massivement dans des secteurs et des entreprises qui se réinventent.
Ici ce fut la musique avec My Major Company, l’énergie avec Direct Energie, le secteur du pari avec BetClic …
Légitimement cet entrepreneur, hors norme, décida de se re-intéresser à son cœur d’expertise : la production de contenus et la monétisation de l’audience.
Il attaqua ce secteur en partant d’un constat simple : les modèles qui régissent aujourd’hui la production de contenus et leurs monétisations sont très largement caduques.
D’un côté la majorité des contenus phares ont été conçus, il y a une dizaine d’années. De l’autre, les formats de monétisation de l’audience, les bons vieux spots de pub, sont dépassés.
Il décida donc de bousculer les lignes, d’innover, de tenter de nouvelles choses. Bref de tenter de construire les formats de contenus et les stratégies de monétisation d’audience de l’ère post télévisuelle.
Il commença par créer une fédération d’entrepreneurs : Banijay. Naturellement, il décida de produire des formats pour l’ensemble des acteurs, y compris les annonceurs. Renault lui confia la conception et l’animation de la chaîne Renault.tv.
Puis fin l’arrêt de la publicité après 20h sur France Télévision et la privatisation de sa régie publicitaire. Il se porta acquéreur en s’associant avec Publicis. Il remporta l’enchère.
Et c’est à partir de là que l’histoire devient dingue.
Les agences de publicités de l’ancien monde crièrent aux conflits d’intérêts.
Le plus étonnant est que ces agences ont été complètement silencieuses pendant le processus de sélection du repreneur. Non seulement, elles n’ont pas saisi l’opportunité de la privatisation. Mais surtout, elles ne se sont même pas interrogées sur le sens de l’histoire, qui faisait qu’un pur player de la monétisation des contenus sur Internet, comme Hi-média, puisse se porter candidat au rachat d’une régie de pub TV.
Je dois vous avouer que j’ai été littéralement décontenancé par la démesure des arguments invoqués par les uns et les autres.
Jusqu’au jour où en discutant avec un patron d’agence, j’ai enfin compris.
La réalité est qu’il existe une sorte de Yalta implicite dans le monde des médias et de la publicité. Des murs indépassables séparent ceux qui produisent et diffusent les contenus (journalistes, producteurs, animateurs, média), ceux qui financent les médias (les annonceurs) et ceux qui conseillent et créent les contenus des annonceurs (les agences).
Que des acteurs qui traditionnellement conseillent les annonceurs (Publicis) ou produisent des contenus (Banijay) puissent en même temps monétiser les audiences en s’adressant directement aux annonceurs pour inventer de nouveaux formats de monétisation, remet en cause l’organisation profonde du marché et les systèmes de pensées.
Les agences et certains médias vivent ce mouvement comme une menace existentielle.
Pourtant, il est évident que dans un monde connecté où les contenus sont désintermidés et délinéarisés, les vieilles barrières des vielles disciplines sont condamnées. Les régies, les producteurs de contenus et les fonctions de conseils aux annonceurs ont vocation à se mélanger. C’est comme cela que fonctionne le net et c’est le sens de l’histoire.
Il est incontestable que l’économie du système qui reposait sur la vente d’espaces publicitaires pour financer des contenus gratuits ou peu onéreux a vécu. Les marques doivent inventer de nouvelles manières de se médiatiser qui dépassent le spot de 30 secondes.
L’enjeu profond de l’ensemble du secteur de la communication et des médias est donc d’inventer les stratégies, les formats et les moyens de l’ère post publicitaire.
Et voilà que l’un des plus brillants entrepreneurs français qui est une sorte de génie des contenus Stéphane Courbit, et l’un des plus talentueux patrons français, Maurice Levy, s’associent pour tenter de créer, grâce à France TV régie, une nouvelle manière de penser la monétisation d’audience.
Et c’est là que je trouve la réaction de certains proprement suicidaire.
En théorie nous devrions tous nous réjouir de cette nouvelle. Face à la pression des Google, Facebook, Apple qui tentent de réintermédier à leurs profits ce secteur, savoir que des français se lancent dans cette bataille est quand même une formidable touche d’espoir.
D’autant qu’ il existe une excellence française dans ce secteur. 2 des 5 grands réseaux de communication mondiaux sont Français. Avec Hachette et Vivendi, nous possédons des leaders dans le secteur des médias et des jeux vidéos. De Louis Vuitton à l’Oréal en passant par Danone nous avons un don pour créer des patrimoines immatériels (des marques) que le monde nous envie.
Pour être direct, attaquer Stephane Courbit et Maurice Levy quand on est français c’est juste se tirer une balle dans le pied.
Dites vous juste que si la France loupe l’enjeu de la monétisation des contenus et de la communication post publicitaire nous enverrons au tapis l’ensemble du secteur de la communication et des emplois qui y sont associés.
Vous pensez que j’exagère ? Il y a quarante ans, prisonnier de notre arrogance et de nos certitudes, nous ne voulions pas faire bouger notre industrie sidérurgique.
Aujourd’hui au pire elle a disparu au mieux elle est indienne.
Le crottin, le cheval et les écolos
J’ai découvert la formidable histoire du crottin de cheval au dix-neuvième siècle. Assez incroyable. Écoutez un peu.
La traction hippomobile connut, tout au long du dix-neuvième, un développement spectaculaire. Au point que la question urbaine centrale était : le crottin de cheval.
Oui, oui vous avez bien lu. Et vous allez comprendre.
Dites vous juste qu’un cheval produit 11 kilos d’excréments par jour. La seule ville de New York comptait en 1900 près de 200 000 chevaux. Soit 2 200 tonnes d’excréments par jour juste pour New York.
Vous imaginez un peu l’état des rues. Le niveau de puanteur, le risque sanitaire, la prolifération des vermines …
Cette question semblait, à la fin du dix-neuvième, insurmontable. Au point que, fait rare à l’époque, on organisa une conférence internationale sur ce sujet. Une sorte de sommet de Copenhague du crottin de cheval. Impuissante face à l’étendue de la crise, la conférence déclara ses travaux infructueux au bout de trois jours.
La presse de l’époque annonçaient la fin du modèle urbain. Les villes, dont le sort semblait irrémédiablement lié à la traction hippomobile, étaient condamnées à périr ensevelies sous des tonnes de crottins de cheval.
Pourtant les villes n’ont pas périclité.
Les prêcheurs de l’apocalypse n’avaient pas intégré dans leurs raisonnements la création de nouveaux modes de tractions révolutionnaires : l’automobile et le tramway. En quelques années, le crottin de cheval disparut des villes.
Et c’est là que l’histoire du crottin de cheval est intéressante. Elle démontre qu’une invention, une technologie peut radicalement changer un état de choses.
Et c’est la limite des prédicateurs de l’apocalypse et des modèles darwinistes. Ils oublient l’imprévisibilité et la puissance du génie humain.
Ce qui fut vrai pour le crottin le sera probablement pour le carbone. N’en déplaise aux prédicateurs de l’apocalypse, vous verrez que nous n’allons pas arrêter de consommer ou de voyager. Nous allons simplement concevoir des modes de transports plus respectueux de l’environnement et inventer des technologies pour piéger le carbone.
C’est la technologie et non la décroissance qui nous permettra de décarboner.
epolitique failure
Back to the future. En rangeant un carton, j’ai découvert, une contribution écrite pour un congrès de Génération Ecologie en 1994. Le titre m’a fait sourire : « Le cyberespace nouveau territoire de l’engagement politique ».
Bizarrement je suis arrivé à l’Internet puis au marketing par l’engagement politique. J’avais la conviction que le net allait changer en profondeur la manière dont on fait et pense la politique. Et, seize ans après, je dois reconnaître que je me suis lamentablement planté.
Il y a eu un avant et un après Internet pour la musique, la TV, les voyagistes, la publicité, les vendeurs de fleurs… Internet a tellement changé le monde qu’il a même changé nos comportements amoureux avec Meetic. Ce ne fut pas le cas pour Internet.
J’entends déjà les zélateurs de la cyberpolitique, me parler du cas Obama. Nous avons tendance à l’oublier, mais Obama fut le candidat qui dépensa le plus d’argent en publicité TV de toute l’histoire des Etats-Unis. La réalité est qu’Obama aurait eu bien plus de mal à se faire élire sans l’aide massive de la publicité TV que de l’Internet.
Certes l’émergence du web social et la puissance des plateformes créent des contres pouvoirs, accélèrent et amplifient les crises.
Mais ces changements ont lieu à la marge. Les leaders et les partis politiques n’ont pas été bousculés. Les pratiques restent globalement les mêmes. Une nouvelle génération de leaders née par Internet n’a pas éclos. La preuve : l’écrasante majorité des leaders politiques étaient déjà aux commandes avant la naissance du web. Pire la nouvelle génération de quadra est passée par les (voir la) mêmes écoles que leurs aînés (ENA) et doit plus leurs carrières à leurs capacités à grenouiller dans des organisations politiques qu’à une compréhension plus fine du digital.
Internet et la politique, jusqu’à présent, c’est une histoire de gadgets. On crée des sites web qui bougent, des widgets, des mashups. On rajoute un « e. » au terme mobilisation et l’on a l’impression d’intégrer la nouvelle donne digitale, d’être « moderne ».
Je pense que nous nous sommes fondamentalement trompé de combat.
L’enjeu du digital n’est pas de changer la forme, les moyens ou l’organisation d’une campagne. Non, il est plus radical. Il s’agit de changer le fond, de s’attaquer aux arguments, de modifier en profondeur l’offre politique.
Et c’est là que la prochaine décennie sera peut-être intéressante.
Nous avons d’un côté avec la datavisualisation, l’ouverture des données publiques et le real time web la promesse de créer des solutions qui permettront de changer le fond du débat citoyens. De l’autre une génération d’entrepreneurs géniaux qui ont fait fortune grâce à Internet et qui commencent à créer de P. Thiel à Pierre Omidyar, des structures de charity pour changer la nature du débat politique.
La rencontre de ces deux dynamiques peut probablement créer une énergie qui balaie le vieux monde politique.
I hope so…












