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Faire sauter le verrou de la peur !

20 décembre 2011

Il y a plus d’un Mohamed Bouzizi s’immolé. Par ce geste désespéré, il a déclenché une des plus grandes vagues de changement depuis l’effondrement du mur de Berlin. Des peuples entiers se sont levés pour affronter, au péril de leurs vies, les systèmes les plus répressifs au monde.

Et en discutant avec des amis tunisiens et libyens, j’ai réalisé une chose simple mais extraordinairement brutale.

Dès que vous arrêtez d’avoir peur, aucune montagne ne vous semble insurmontable. L’espoir est infini. L’énergie que vous êtes capable de mettre pour changer le monde devient sans limite.

La réalité est que les révolutions commencent quand les peuples récusent la Peur.

Simplement parce que lorsque vous n’avez plus peur de tout perdre tout devient possible. Vous regardez le monde avec un autre regard. Votre intolérance à l’injustice du vieux monde fait que rien ne plus vous arrêter.

Et c’est une leçon pour l’ensemble des gens qui souhaitent changer le monde à une petite ou à une grande échelle.

Attention, mon propos n’est pas de dire que l’entrepreneur qui maximise sa prise de risques pour créer un service ou une technologie qui change le monde est semblable à un révolutionnaire libyen ou syrien. Ce serait indécent. Dans un cas vous risquez votre patrimoine dans l’autre votre vie.

Non, c’est juste de constater que la peur est le verrou du vieux monde. La pierre angulaire des systèmes corrompus, injustes et inefficients.

Vous en doutez ?

Prenons des exemples prêts de chez nous.

Le système bancaire. Depuis les subprimes, nous pouvons chaque jour mesurer son injustice et son inefficience. Il suffirait pourtant de laisser faire, de ne plus intervenir pour le laisser imploser. Et que faisons-nous ?  La peur d’un monde où les grandes institutions financières exploseraient nous terrifie. Nous mobilisons l’ensemble de nos ressources pour tenter de le sauver.

La surveillance des populations. Depuis le 11 septembre les Etats occidentaux votent des lois de plus en plus liberticides. Généralisation des caméras de surveillance, développement des techniques d’interception et d’écoutes à grande échelle… Et nous l’acceptons. La peur du 11 septembre est tellement présente qu’elle justifie l’injustifiable.

L’individualisme de nos sociétés. Qui a déjà osé accueillir un SDF chez soit plutôt que de le laisser affronter le froid dans la nuit ? Pas moi en tout cas. Comme beaucoup, je passe mon temps, par peur, à baisser les yeux devant la misère, les violences urbaines. Pourquoi ? Trop peur d’intervenir, d’être jugé, de me retrouver dans une situation impossible.

L’innovation. Le principal frein à l’innovation, ce n’est pas la technologie ou l’imagination, c’est la peur. Peur de se planter, peur de passer pour fou. C’est la somme de ces petites peurs qui expliquent que des process ou des technologies d’un autre âge continuent à se developper dans les entreprises.

Bref, si vous voulez changer le monde, à une échelle individuelle ou collective, vous n’avez qu’une seule chose à faire.

Faire sauter le verrou de la peur.

Et c’est que je nous souhaite tous en 2012.

L’ecosystème de la terreur, ou pas… à nous de choisir

1 décembre 2011

Les révolutions arabes ont eu une conséquence inattendue. En s’effondrant les dictatures ont laissé derrière elles des archives et des infrastructures de répression que le pire scénario conspirationniste n’aurait pas osé imaginer.

Et je dois vous avouer que les théories conspirationnistes me fatiguent. En règle générale, je me méfie des gauchistes qui voient derrière n’importe quelle entreprise un monstre froid prêt à dévorer des enfants au petit déjeuner.

Mais les faits sont là, devant nous.

Un certain nombre d’entreprises françaises ont mis en place, avec le soutien des autorités politiques et militaires françaises, des infrastructures d’écoute et de contrôles électroniques des populations dignes d’un thriller américain.

Bull a construit en Libye une infrastructure d’écoute et de contrôles électroniques des opposants au régime. Le très gauchiste Wall Street Journal a découvert en visitant ce qu’il prenait pour une ancienne prison, une structure d’écoute de la population mise en place par Bull. Aux murs trônaient des affiches avec le logo Amesys (filiale de Bull) explicitant les méthodes d’écoute. Dans les salles annexes des extraits des emails, d’instant messenger et des conversations des opposants. C’est grâce à ce centre, vendu par Ziad Takieddine et soutenu par la direction du renseignement militaire français, que le régime de Kadhafi pouvait arrêter, torturer et assassiner les opposants.

En Syrie, Bloomberg (encore un magazine gauchiste) a démontré qu’un consortium mené par une firme italienne a déployé un centre d’écoute électronique permettant au régime d’Al Assad non seulement d’identifier, de scanner et de lire l’ensemble des échanges électroniques mais d’identifier les connexions entre les opposants et leurs proches. Qosmos, (une startup française dans laquelle le Fond Stratégique d’investissement vient d’investir) y a déployé des sondes d’écoute du trafic sur Internet

La Tunisie fut un cas d’école qui mérite un post en soit. Probablement la vitrine expérimentale de l’internet civilisé que d’aucuns appellent de leurs vœux. Une gigantesque infrastructure technique pour espionner la population et mettre en place des opérations de fishing à grande échelle.

Au-delà des considérations morales et pénales (il ne serait pas illégitime que le TPI engage des poursuites contre certaines de ces entreprises pour complicité de crime contre l’humanité), derrière la Syrie, la Libye et la Tunisie se cache une question stratégique et politique pour la France.

Les technologies de l’information ne sont pas neutres. Elles peuvent être un formidable levier pour construire des sociétés libres et ouvertes ou une formidable machine à broyer les libertés.

Et c’est à nous de faire ce choix.

Voulons nous faire de la France un champion numérique des systèmes de répression des populations ou des solutions qui permettent de construire un monde plus ouvert et transparent.

C’est une des questions centrales sur l’avenir du numérique et c’est pourtant une question totalement occultée.

Vous allez trouver ma question fumeuse et théorique. Elle est pourtant très concrète. Les entreprises qui développent des systèmes de surveillance des populations doivent elles être soutenues par le gouvernement ? Sont elles éligibles au statut de la JEI ? Peuvent elles bénéficier de crédit impôt recherche ? Leurs exportations doivent elles être soumises, comme les entreprises d’armement, à une autorisation administrative ? …

A voir les efforts déployés par l’appareil d’Etat pour faire naître un écosystème de la terreur, il semble que l’Etat français ait déjà en partie tranché cette question. Le FSI vient de prendre une participation dans Qosmos , Bull est soutenu par la DCRM et les porteurs de valises de la République. Et surtout se dessine en creux derrière le discours de l’Internet civilisé, une vision d’un internet contrôlé où derrière le faux nez de la lutte contre le terrorisme se préparent des technologies liberticides.

C’est non seulement un choix stratégique liberticide, moralement condamnable mais politiquement, économiquement et technologiquement sans avenir.

Politiquement, la bonne nouvelle de cette décennie est que les peuples font le choix de la démocratie et des sociétés libres et ouvertes. La démocratie progresse partout et les peuples deviennent allergiques aux systèmes de contrôles. Faire le choix des technologies de contrôles des populations c’est faire le pari politique que l’avenir du monde passe par les dictatures.

Technologiquement, je ne vois pas comment, dans un monde connecté, les entreprises bâtissant des technologies liberticides pourront recruter et fidéliser des ingénieurs de talents. Au bout d’un moment la question du sens devient centrale. Assumer socialement de travailler dans des entreprises pointées du doigt par des activistes et savoir que l’on produit du code qui n’a comme finalité que d’arrêter et torturer des opposants devient insoutenable.

Economiquement, les technologies qui favorisent l’ouverture et changent le monde, créent systématiquement plus de valeur que les technologies au service du vieux monde. Facebook, Twitter, Google en sont la plus belle des démonstrations.

Ces entreprises sont donc à moyen terme condamner. Mais en attendant, nous pourrons faire le choix du déshonneur en continuant à les soutenir.

Espérons que la prochaine élection présidentielle permettra à ce débat d’émerger.

A mes amis français, saluons la victoire de la démocratie en Tunisie

27 octobre 2011

Chers amis français,

Depuis dimanche, vous tentez de transformer le printemps tunisien en hiver islamiste.

Je vais probablement en choquer certains d’entre vous mais je me réjouis du bilan des élections en Tunisie.

J’entends déjà certains s’étrangler : « quoi mais comment se réjouir de la victoire d’Ennahda, quel cynisme ? »

Oui, je l’assume, le résultat des élections est une bonne nouvelle pour la Tunisie, la démocratie et le monde libre.

En tant que démocrate, je ne boude pas mon plaisir de voir une nation s’émanciper et prendre le chemin de la démocratie.

Abandonnons cinq minutes le pathos des » belles âmes européennes » et de « l’intelligentsia moderne autoproclamée » et soyons un peu factuel.

Le peuple tunisien réussit à se libérer seul de la dictature et à lancer un mouvement d’émancipation démocratique que nous n’avions pas connu depuis 1989.

En neuf mois, la petite Tunisie a bâti un processus électoral exemplaire avec une haute autorité dont l’intégrité pourrait servir de modèle à bien des démocraties occidentales. A reconstruit les listes électorales vérolées par le benalisme. A légalisé les partis politiques interdits sous la dictature, libéré les prisonniers politiques, appris à faire de la politique et à dialoguer.

Sur la forme, le processus électoral s’est déroulé dans une concorde remarquable pour un pays qui vivait, sur fond de récession et de crise économique, la première expérience démocratique de son histoire.

Sur le fond,du CPR à Ennahda en passant Ettakatol, les grands gagnants de ces élections sont les partis et les personnalités qui ont eu un comportement exemplaire sous la dictature et qui affichent un haut degré de probité morale.

Le message envoyé par le peuple tunisien est limpide. Il souhaite tourner définitivement la page du BenAlisme. En finir avec les pratiques de la dictature mais aussi avec un modèle de développement économique basé sur l’irresponsabilité sociale et la prédation économique. Avec une administration, kafkaienne en grande partie corrompue, construite, de Bourghiba à Ben Ali, non pas pour servir le peuple mais pour le contrôler.

Quitte à continuer à choquer mes amis français, la seule chose qui me choque, en tant que démocrate, est le score invraisemblable d’Aaridha qui démontre la puissance du régionalisme et des réseaux RCDistes.

Vous allez me dire Ennahda a un double discours.

Peut-être. C’est souvent la plaie des parties politiques de faire du mensonge une stratégie de prise de pouvoir.

Mais de grâce tentons de sortir de la dialectique mortifère issue du Benalisme et de raisonner librement en faisant abstraction de vingt-cinq ans de propagande.

Jugeons simplement sur pièce. Et n’oublions pas que c’est sur la base de ce programme qu’Ennahda a conquis le cœur des tunisiens. Qu’Ennahda abandonne son programme, dérive et le peuple tunisien sera se mobiliser.

Je vous le dis directement, vu de Tunis, l’hystérie des journalistes français contre Ennahda est aussi ridicule que les cris, en 2007, d’une partie de la gauche française qui nous expliquait que Sarkozy était une ré-incarnation d’Hitler.

La Tunisie est indéniablement une démocratie. La première du monde Arabe. Et c’est une très belle nouvelle.

Maintenant vous allez me dire, mais comment peux-tu investir dans un pays gouverné par des islamo conservateurs où le risque d’instabilité est si fort?

Et bien là je vais achever de vous choquer.

Ce qui menace la Tunisie ce n’est pas l’extrémisme religieux. La Tunisie est un pays historiquement ouvert et pacifique. Un des rares pays au monde qui n’a jamais déclaré la guerre à ses voisins et qui n’a jamais massacré ses minorités. Après plus de 2000 ans de pacifisme la Tunisie ne va pas se transformer, par enchantement, en peuple guerrier et intolérant. 50 ans après l’indépendance, la Tunisie est juste entrain de retrouver son identité arabe et musulmane. Et c’est plutôt une bonne chose.

Non ce qui menace la Tunisie aujourd’hui c’est la misère, la crise économique et les insupportables inégalités sociales.

Et cette misère a une cause la corruption. Elle gangrène l’ensemble de la société, pervertie les valeurs et plombe l’économie.

En Tunisie, après 25 années de benalisme, le modèle d’enrichissement ne passe pas par la création d’entreprise, l’innovation ou l’effort. Non c’est le règne du piston, des commissions et des bakchichs.

La corruption est devenue une machine à détruire la croissance, à casser les entreprises, à décourager l’effort et à faire fuir les investissements étrangers.

Et disons-le clairement il n’y aura pas de croissance durable et de créations massives d’emplois en Tunisie tant que la corruption ne sera pas sévèrement combattue, que l’effort ne sera pas récompensé et les richesses mieux redistribuées.

Ce qui menace l’investissement c’est clairement la corruption. Derrière chaque douaniers, inspecteurs des impôts, affairistes se cache un prédateur potentiel qui risque de vous braquer votre capital et vos économies. Valoriser l’effort et le respect dans une société où l’incivisme et l’individualisme extrême ont été érigés en modèle est un défi quotidien.

De ce point de vue, le résultat des élections est une bonne nouvelle.

En balayant les partis politiques issus de l’ancien régime et en plébiscitant les partis intègres qui proposent une société, moins individualiste et plus juste, les tunisiens ont envoyé un mandat impératif aux nouveaux élus : la justice.

La justice pour que les criminels et les corrompus de l’ancien régime soient enfin inquiétés.

La justice économique pour que la richesse tunisienne ne soient plus confisquée par une artistocratie autoproclamée et massivement corrompue.

La justice sociale pour que la dignité des plus faibles soit enfin respectée.

En nettoyant le système, en moralisant la vie politique et en s’attaquant fermement à la corruption, la Tunisie peut enfin se donner les armes pour créer une croissance durable capable de créer des emplois.

Les grands gagnants des élections en Tunisie ne sont pas les intégristes mais les intègres !

Et c’est définitivement en Tunisie que se dessine le monde de demain, avec ses incertitudes et ses promesses.

Le piège sémantique de l’islamisme

24 octobre 2011

Depuis des semaines mes amis, en France comme en Tunisie, m’interrogent sur la situation politique en Tunisie et plus précisément la montée de ce qu’ils qualifient de vague « islamiste ».

J’ai décidé de ne pas parler de politique en Tunisie, pendant la séquence électorale, pour deux raisons. Primo, la Tunisie n’est pas mon pays. Secundo, nous n’avons aucune leçon à donner à un peuple qui tout seul (ou luttant contre le reste du monde) nous a donné une formidable leçon de courage et de dignité.

Mais par moment, je me dis que les mots sont des pièges.

Et si il y a un mot qui est utilisé à tort et à travers et que je ne supporte plus c’est bien le mot « islamiste ».

Voilà un mot réflexe qui déclenche en Occident des comportements pavloviens. Un mot fourre tout utilisé à la fois pour désigner un authentique terroriste djihadiste qu’un homme pieux qui souhaite vivre sa foi dans la paix et la dignité.

Imagine t-on utiliser, en Europe, un mot pour définir un comportement politique qui englobe à la fois les militants démocrates chrétiens, que les catholiques intégristes qui ne reconnaissent pas l’autorité papale, que les ultra terroristes, comme Anders Behring Brevik, qui massacra plus de 80 sociaux démocrates norvégiens coupables à ses yeux de favoriser l’immigration.

Ce manque de nuances sémantiques est probablement l’héritage le plus pervers laissé par Ben Ali et la pensée unique occidentale. Le mot “islamiste” est un porte drapeau agitateur des peurs les plus sombres qui justifient toutes les répressions, les mensonges et les dictatures.

Prenons l’exemple de la Tunisie.

Voilà un peuple qui s’est libéré seul de la dictature. Qui en 9 mois a organisé des élections exemplaires avec un taux de mobilisation exceptionnel.

Et que retient-on de cette élection ? Que la Tunisie serait à deux doigts de se transformer en Califat.

En toute franchise c’est n’importe quoi.

Jugeons sur les mots et sur les actes.

Le programme d’Ennahda est, à ce stade, en rien antidémocratique. Bien au contraire, c’est un programme islamo conservateur, très modéré, qui reconnait l’économie de marché, le statut personnel de la femme et fait de la démocratie la pierre angulaire de la société tunisienne.

La campagne et le comportement d’Ennahda depuis la révolution est difficilement attaquable. Ennahda a payé le plus lourd tribu face à la dictature de Ben Ali, ses militants furent emprisonnés, torturés, exilés, assassinés.

Ils auraient pu revenir avec la volonté de faire payer le prix du sang versé. Il n’en fut rien.

Jusqu’à présent, ils ont respecté le process démocratique, ont joué un rôle constructif dans les instances de la révolution, tenté de canaliser la radicalité de leurs bases militantes.

La réalité est que le peuple tunisien a fait le choix légitime et naturel de voter pour celles et ceux qui n’ont pas collaboré avec le régime kleptocratique de Ben Ali. Et aujour’hui Ennahda ressemble plus à ce qu’en Occident nous appelons un mouvement conservateur qu’à un parti extremiste voulant transformer la Tunisie en nouveau Califat.

Et pourtant, l’utilisation massive du mot “islamiste” à la une de la presse mondiale va faire fondre les investissements direct étranger en Tunisie et finir d’anéantir la manne touristique.

 

 

 

Ce que la crise change pour le marketing : efficience is the name of the Game (2/5)

30 août 2011

Suite de ma série (2/5)ce que la crise financière va profondément changer dans le Marleting après cette crise.

Cela fait des siècles que les annonceurs expliquent qu’ils ont la certitude de mettre la moitié de leur argent par la fenêtre. Le seul hic est qu’ils en ignorent qu’elle moitié.

La réalité est que le marketing et la communication sont restés des sciences molles, de l’à peu près, où l’instinct, le moutounisme ou l’effet de mode surdétermine les stratégies d’investissements et les options créatives.

Nous sommes probablement une des industries les moins efficientes au monde. Où nous brûlons des centaines de millions d’euros de nos clients pour des résultats que nous arrivons à peine à avérer.

La meilleure preuve en est les derniers effets d’annonces des grands annonceurs qui nous disent fièrement basculer 15 % de leurs investissements dans le digital (quand nettement plus de 15% de leurs clients prennent déjà leurs décisions d’achat sur le Net).

Mais ils oublient juste de nous dire pour quoi faire ? Investir dans la qualité de la relation client ? Dans l’invention du « social trade marketing » ? Augmenter la pression publicitaire sur des internautes déjà saturés ? Faire des sites qui bougent en flash ? Des apps ?

Bref, même dans l’univers digital, les annonceurs continuent de cramer leur argent parce que le pré-suppossé de l’idéologie fordiste est que la pression crée l’attention.

Les annonceurs comme les agences ont agi dans les dernières années comme des Rois fainéants. Ils ont maintenu les grands équilibres, les veilles recettes publicitaires.

Certes les crises pouvaient être violentes, mais les relais de croissance des émergeants permettaient encore toutes les inepties.

Sauf que… le monde a basculé.

Les créatifs dans les pays émergeants inventent chaque jour de nouvelles manières de faire vendre un produit, aimer une marque.

Les acteurs des technologies, de Facebook à Google en passant à Microsoft, inventent et ouvrent des API qui rendent possible un marketing plus scientifique, plus efficient.

Et surtout le consommateur siffle la fin de la recré. Il reprend le pouvoir. Il ne croit plus aux sornettes de la publicité. Il veut lui aussi avoir son retour sur investissement.

Cette crise va enfin obliger les annonceurs à changer radicalement leurs manières de penser.

À arbitrer sévèrement dans leurs portefeuilles de marques. À revenir aux fondamentaux, au prix, à la qualité et à l’expérience.

À surveiller, en temps réel, l’efficacité de leurs investissements et de leurs mix marketing. À agir à la vitesse du consommateur, c’est-à-dire vite, pour ne pas perdre des opportunités et se faire grignoter des parts de marché.

Bref, à vivre avec de la data consommée et compris en temps réel.

Et là c’est un révolution !

Dataviz du pauvre : le plan de fillon

29 août 2011

Un petit exercice rapide et low tech pour comprendre la puissance pédagogique de la dataviz.

Je souhaite simplement comprendre la portée du plan de rigueur de Fillon : 1 milliard en 2011 et 10 milliards en 2012 face aux enjeux de la dette.

Je réalise sous Excel un carré de 40 colonnes et 40 lignes. J’ai donc un damier de 1600 cases qui représente la dette publique de la France (source wikipedia). Chaque case, en rouge, représente un milliard d’euros de déficit.

Notre déficit, chaque damier représente un milliard d’euro

Maintenant je visualise simplement l’impact du plan de rigueur en blanchissant les cases impactées par le plan de rigueur.

Et voilà l’impact en 2011 :

L’impact du plan de rigueur sur notre déficit en 2011

Maintenant l’impact en 2012 :

L’impact du plan de rigueur sur nos déficit en 2012

Et voilà. Un peu plus efficace qu’un speech pour démontrer la faiblesse de l’impact du plan de rigueur.

Temps de réalisation : 5 minutes.

Technologie utilisée : excel.

Source : wikipedia

Ce que la crise change pour le marketing : la fin des géants aux pieds d’argile

29 août 2011

Les crises financières c’est un peu comme les tremblements de terre, c’est la seconde secousse qui fait le plus mal. Et là, nous sommes en plein dedans. Et s’il existe un secteur qui va sortir radicalement transformé de cette crise c’est précisément le marketing.

Je vais publier 5 postes sur ce qui, à mon avis, va profondément changer dans ce secteur après cette crise.

Les réseaux : « des géants aux pieds d’argiles » (1/5)

Sir Martin Sorrell, ancien directeur financier des frères Saatchi & Saatchi, a très tôt eu la conviction qu’il était possible de créer des conglomérats d’agences de communication puissantes et rentables. À condition de donner les pleins pouvoirs aux directeurs financiers et de faire des règles de gouvernances financières, l’alpha et l’oméga de ces groupes. A l’époque il passa pour un illuminé.

Il commença par racheter un véhicule financier sans valeur, Wires & Plastic Products, qui n’avait strictement aucun rapport avec le marketing  (un fabricant de tube en plastique). Puis, en mobilisant de la dette, racheta la JWT et lança une OPA sur Ogilvy. L’inimaginable arriva, le demi dieu vivant de la publicité, David Ogilvy perdu le contrôle de son agence au profit d’un obscur directeur financier.

Sir Martin Sorrel a démontré qu’il était non seulement possible de racheter des réseaux, mais qu’une holding pouvait être plus performante qu’une agence indépendante pour optimiser des performances financières, rationaliser les back office, mutualiser le cash-out.

Et au-delà, en créant des mastodontes présents sur l’ensemble de la planète, il a créé une offre de service unique à destination des annonceurs globaux. Capable d’accompagner les P&G, Nestlé, Unilever, Ford, Coca dans leurs stratégies de mondialisation.

Avec plus ou moins de succès Publicis, Interpublic, Omnicom ont emprunté la même voix et dominent magistralement le secteur.

Aujourd’hui nous vivons comme si cette domination des holdings était une règle établie. Pourtant, avant de se construire autour de P&L et de stratégiques d’acquisitions, les réseaux se sont d’abord construits autour de personnalités exceptionnelles qui de Léo Burnett à Marcel Beurstein Blanchet théorisaient des méthodes de communication.

Objectivement les grands réseaux de communication ne résisteront à la nouvelle donne issue de la révolution digitale et surtout de la crise financière qui submerge nos économies.

A. Les réseaux n’arrivent pas à gérer la nouvelle donne technologique.

C’est un lieu commun. Internet va de plus en plus vite et les grands réseaux n’arrivent pas à comprendre la vague numérique. Il aura fallu 10 ans au plus agile de ces réseaux, Publicis, pour comprendre qu’il se passait quelque chose avec le numérique et racheter Digitas. Et même si Publicis, à force d’acquisitions, prend des parts de marché dans les médias numériques, ce réseau n’est nul part dans le cookies marketing, l’e.business, le traitement de la big data, le temps réel.

Non seulement parce que le shift technologique crée une rupture de paradigme incroyablement difficile à intégrer pour des réseaux habitués à vendre du service à des annonceurs. Mais surtout parce que le niveau de valorisations et les packages offerts aux salariés des entreprises technologiques qui fournissent des services marketing (comme Facebook, Twitter, Criteo…) créent un gap infranchissable pour les WPP, Omnicom et Publicis.

Vous en doutez ? Prenons un acteur du cookies marketing comme Criteo dont la valorisation flirte avec les 3 milliards. Aucun des réseaux n’est aujourd’hui en situation de closer un deal de cette nature et de l’intégrer dans son offre.

B. La fin de la martingale

Les années passées étaient magiques pour les holdings.

Vous rachetiez une agence indépendante avec un PER de 6 à 8, avec un earn-out sur 3 à 5 ans. Dit autrement, vous achetiez une agence 6 à 8 fois son bénéfice moyen dans les 3 à 5 années suivant son acquisition. Alors que les marchés valorisaient votre holding 13 à 16 fois votre bénéfice moyen. Mécaniquement les acquisitions faisaient gonfler deux fois votre valorisation boursière.

Avec une telle martingale, et une bonne gestion de vos lignes de crédits, vous pouviez racheter la terre entière.

C’est ce qui fit IPG qui passa au bord de l’indigestion. Sauf que les marchés viennent de signer la fin de la récréation.

Non seulement les holdings ne font plus rêver les entrepreneurs mais surtout les PER des holdings sont sévèrement massacrés et le coût du crédit risque de s’envoler.

C. Small is beautifull

Il y a quelques années, qu’un annonceur majeur confie sa communication à une agence indépendante et locale était juste inimaginable. C’était pour le CMO (chief marketing officier) prendre le risque de se faire virer à la moindre erreur de communication.

Aujourd’hui c’est devenu hype. Le small is beautifull et la culture de l’expérimentation deviennent la réalité quotidienne des annonceurs. Ils font leur marché entre les différentes expertises du marché. Et marché par marché, segment par segment, média par média, les grands réseaux voient leur part de marché fondre mécaniquement. C’est une tendance lourde et que la fragmentation des médias et de la spécificité des marchés locaux rend inévitable.

D. L’Etat n’est plus là pour sauver la mise

Lors de la crise de 2008, les 2 vaches à lait de l’industrie publicitaire, l’automobile et le FMCG, ont bénéficié directement ou indirectement d’aides massives de l’état.

Les amortisseurs sociaux et les primes à la casse ont permis aux grands annonceurs de « limiter la casse ».

Là, les caisses des Etats sont vides et les annonceurs vont devoir se réinventer pour continuer à séduire des consommateurs qui vont devoir arbitrer dans leurs dépenses. Concrètement les gros annonceurs, qui font vivre les grands réseaux, vont dans les mois qui arrivent prendre des décisions douloureuses sur leurs investissements médias. Ils vont massivement désinvestir pour réinventer leurs mix marketing à l’aune de la crise et du digital.

Bref, les holdings sont aujourd’hui des géants aux pieds d’argile.

Non seulement ils risquent de passer difficilement le cap de la crise. Mais surtout ils vont perdre assez rapidement leurs rôles de pivot.

Vous verrez que dans 5 ans les IPG, Omnicom, WPP et Publicis seront des acteurs non centraux de la communication.

RIP.

Une crise, non une révolution. Enjoy !

25 août 2011

La crise financière majeure que nous nous apprêtons à traverser était hautement prévisible.

Plutôt que d’accepter que le monde avait changé, que nos modèles de création de valeur étaient totalement redéfinis par la globalisation et la digitalisation de l’économie, nos dirigeants ont voulu faire comme si de rien n’était.

Ils ont utilisé les veilles recettes keynésianistes du début du vingtième siècle  et ces coûteux et improductifs plans de relance.

Nos Etats étaient, avant la crise, au bord de la faillite.

Qu’à cela ne tienne, nos gouvernants ont collectivement et aveuglement fait le choix de la fuite en avant. En espérant relancer la machine, ils ont surendetté les Etats à des niveaux jamais atteints en temps de paix.

Et évidemment la machine n’est pas repartie.

Pire elle implose. Et face à leurs erreurs historiques que font nos dirigeants.

Ils tirent à boulets rouges sur les odieuses agences de notations qui osent dirent que le niveau de la dette n’est plus soutenable. Il tape sur les méchants spéculateurs et les marchés financiers qui financent pourtant leurs déficits publics à coûts de triares depuis plus de quarante ans.

La dette a atteint un tel niveau, qu’il est illusoire de croire que nous traversons une vulgaire crise financière. Qu’il s’agit d’un moment à passer. Ce que nous allons vivre dans les années à vivre est difficilement appréhendables.

Ce qui se joue ce n’est pas un effondrement des marchés et une défiance pour les obligations d’Etat. Non ! C’est la fin d’un monde.

Un monde où nous nous droguions à la dette pour ne pas avoir à subir les conséquences d’un monde plus égalitaire et innovant.

Plus égalitaire, parce que le temps où les vieilles économies occidentales dominaient les échanges, imposaient leurs normes, massacraient les agricultures des pays du tiers-monde pour maintenir le niveau de vie de leurs paysans est définitivement derrière nous. Un indien, un chinois ou un tunisien talentueux peut botter les fesses d’un suédois ou d’un français tranquillement assis sur ses amortisseurs sociaux.

La globalisation n’est que la conséquence heureuse de la fin de la domination coloniale. Les économies nouvelles ont formé leur jeunesse. Croient plus que jamais dans le progrès. Ils sont aujourd’hui prêts à croquer le monde et c’est une formidable nouvelle.

Plus innovants parce que nous sommes dans un monde qui va vite. Où les anciens régimes basculent à la vitesse de l’éclair. Où ce qui était inimaginable, il y a 6 mois, devient une réalité aujourd’hui. Où l’innovation change la manière dont nous vivons, nous échangeons, nous nous éduquons et nous nous soignons.

Nous vivons au cœur d’un magma d’innovations où un ancien monde se meurt et un nouveau émerge. Tout est à faire. Tout est à construire. C’est juste incroyable et formidable.

Et dans ce monde plat, où les barrières culturelles ne sont plus là pour nous protéger les vieux monopoles, l’occident est face à deux choix.

Continuer la stratégie de l’autruche et c’est la descente en enfer assurée. L’implosion programmée des monnaies régionales comme l’Euro. La fin du dollar comme monnaie étalon. La faillite progressive des systèmes de protection sociale. L’effondrement, faute de moyens et d’ambitions, des systèmes éducatifs. La folie identitaire avec la multiplication d’un nouveau djihadisme d’européen, christianisé et désespéré face à la globalisation.

Où ouvrir enfin les yeux.

Revenir aux fondamentaux. Taper durement dans les dépenses. Ne plus soutenir les industries défaillantes et les économies délirantes. Accepter que les pays défaillants s’effondrent. Placer le progrès au cœur de l’A.D.N de l’Europe. Laisser les marchés investir librement dans l’innovation.

Et là, nous verrons l’Europe et les Etats-Unis repartir. Reprendre le leadership mondial de l’innovation.

Les raisons d’espérer sont fortes. Malgré les dettes, l’effondrement relatif de nos systèmes éducatifs, les Facebook, Twitter, Google restent des sociétés californiennes et non chinoises ou indiennes. Les entreprises les plus créatives dans l’univers du luxe continuent à être européennes. La France sombre mais reste le premier exportateur de service informatique dans le monde.

Nul ne sait ce qu’il adviendra des grands équilibres géopolitiques. L’Europe a su se relever de la deuxième guerre mondiale et de la décolonisation. L’Amérique reste le cœur de l’innovation mondiale qui attire et fascine la planète. La Chine va devoir gérer le vieillissement de sa population et l’inévitable ouverture démocratique.

Une seule chose est certaine, les modèles issus du siècle dernier sont définitivement condamnés et c’est une très bonne nouvelle.

Nous allons vivre des années rock’n roll. Tout est possible et il est plus que temps d’entreprendre. Enjoy !

PS : je vais commencer une série de posts sur ce qui, à mon avis, va changer radicalement dans le monde du marketing.

 

Invest in democracy trip : voyage d’étude en Tunisie

23 août 2011

Après la révolution tunisienne et la chute du régime de Ben Ali, nous avons fait le choix d’investir en Tunisie en y développant les activités de Captain Dash.

Depuis nous avons été de choc en choc.

Choc sur la qualité de la ressource humaine. J’ai connu la Tunisie avant et après la révolution. Cela n’a plus rien à voir. Un verrou mental a sauté. En Europe, nous avons l’habitude de parler de « digital native » pour décrire celles et ceux qui baignent, vivent et sont nés dans le bain de l’internet. En Tunisie, l’expression serait plutôt « revolution native ». Tant le net est devenu indissociable de la révolution.

Choc sur l’énergie positive d’un pays, démographiquement jeune, où tout est encore possible

Choc sur la générosité d’une nation qui sonnée par une récession brutale liée à la révolution (effondrement du tourisme, désorganisation, guerre en Libye) a accueilli, sans drame, plus de 300 000 Libyens sur son sol.

Choc sur le rapport aux temps. J’avais l’habitude d’une Tunisie où le temps était naturellement lent et depuis la révolution la Tunisie est en mode Turbo.

Bref, à l’heure où l’Europe sombre dans la sinistrose, la Tunisie est non seulement une terre d’opportunités mais l’un des espaces où est entrain de s’inventer le vingt-et-unième siècle.

C’est pour faire partager cet enthousiasme que nous initions avec le FIPA un voyage d’étude, fin septembre, en Tunisie, ouvert aux entrepreneurs et intra-preneurs qui veulent changer le monde.

Pendant 2 jours, vous rencontrerez, dans le cadre d’un programme à la carte, les universités et centres de recherche, les entrepreneurs à l’origine de réels “success story” qui partageront avec vous leurs expériences, des experts (juristes, experts-comptables) qui vous expliqueront le cadre réglementaire et fiscal pour entreprendre en Tunisie…

Pour plus d’Infos, merci de me contacter sur ma boîte email brunowalther at captaindash.com ou sur mon compte twitter @bruno_walther

 

 

Le droit de l’Homme et des droits des femmes

13 août 2011

Aujourd’hui la Tunisie célèbre le 55ème anniversaire du statut personnel promulgué par Bourguiba en 1956.

Ce statut révolutionnaire a institué la polygamie, garanti le droit au divorce et même le droit à l’avortement. Eh oui la Tunisie a légalisé l’avortement 18 ans avant la France !

Ce statut a été et est pour la Tunisie une avancée démocratique incroyable.

A un bémol près. Il a servi de vitrine à la Tunisie de Ben Ali. Il lui a permis d’opposer, avec le silence complice des uns et les louanges criminelles des autres, le droit des femmes aux droits de l’Homme.

C’est en son nom qu’il a expulsé, enfermé, torturé et assassiné celles et ceux qui faisaient de l’Islam un pilier essentiel de leurs existences, nous faisant croire que les conservateurs religieux sont forcément des extrémistes ou des terroristes.

C’est un peu comme si en France un gouvernement d’enragés enfermait les croyants qui fréquentent les églises le dimanche, font le carême ou s’opposent à l’avortement.

Et c’est là toute la difficulté de notre perception du monde arabo-musulman. Nous avons tendance à abdiquer nos valeurs démocratiques face à des chantages odieux.

Pourtant la liberté n’est pas négociable. C’est un bloc.

Et je vais probablement en choquer certains. Mais le droit d’une femme c’est aussi le droit de porter un foulard, de vivre dans le respect strict d’une religion qu’elle quelle soit.

Vous allez me dire tu n’y comprends rien, le foulard c’est l’oppression de la femme, c’est une forme de soumission à l’autorité des hommes. Et c’est precisément là que nous nous trompons de débat.

L’oppression de la femme c’est l’image que nos sociétés patriarcales veulent systématiquement coller aux femmes. C’est un Jean François Kahn excusant DSK d’un viol au prétexte qu’il s’agissait uniquement d’un détroussage de domestique. L’oppression c’est l’image un peu caricaturale et obsédante que nous servent de FHM à Entrevue une presse masculine qui transforme les femmes en bimbo siliconnée et anorexique. Ce sont des parlements, des conseils d’administrations quasi exclusivement masculins. Et ce sont surtout des salaires à compétence égale inférieurs de près de 30% à ceux des hommes.

 

Get a job !

14 mai 2011

Je suis assez content de vous annoncer que Captain Dash installe une plateforme de R&D en Tunisie.

Vous êtes à Tunis, vous voulez continuer à changer le monde, Captain Dash est fait pour vous.

Pourquoi Captain Dash investit en Tunisie ?

Nous réalisons une solution qui a pour ambition de changer le monde du marketing. Pour cela, nous avons besoin, non seulement des meilleurs ingénieurs, mais de talents qui veulent utiliser les technologies pour changer le monde. Et quoi de mieux que le pays, qui a engagé une révolution démocratique pour un monde plus libre et plus transparent, pour le faire.

Pourquoi travailler pour Captain Dash ?

Captain Dash, offre un cadre unique pour relever des challenges technologiques inédits et fascinants. Vous travaillerez avec des partenaires de premier niveau et aurez les moyens de vivre votre passion avec une équipe talentueuse et totalement modeste ;-) ))

La vie chez Captain Dash

Nous croyons fermement aux valeurs de l’open society. Pour nous un monde plus ouvert et plus transparent est non seulement plus juste mais plus efficace.

C’est avec ces principes, auxquels nous pensons tous les jours, que nous gérons Captain Dash. Nous maintenons une culture d’ouverture et d’innovation. Chaque collaborateur a la possibilité et la chance d’innover et d’enrichir le produit.

Quels types de talents recherchons nous ?

Nous cherchons des talents très bien formés, curieux et qui ont vraiment envie de relever des challenges. Si comme nous vous pensez que nous ne sommes qu’au début de la révolution technologique, si vous êtes passionné et sérieux dans l’exécution nous sommes fait pour nous rencontrer

Les positions à pourvoir

Développeurs .net seniors (5 ans d’expérience)

Rattachés au Responsable Développement, les développeurs .NET seront en charge le développement des différents modules et fonctionnalités (ETL, visualisation, gestion des données et moteur de requête, …) de la solution CaptainDash dans un environnement Microsoft (Silverlight / .NET / SQL SERVER), et plus particulièrement:

  • Développement de nouveaux modules et fonctionnalités
  • Correction et évolutions des modules et fonctionnalités existants
  • Rédaction et maintenance de la documentation technique
  • Maintenance évolutive et corrective de l’application

De formation Bac+5, vous possédez une expérience réussie d’au moins 3 ans dans le développement de logiciels complexes dans l’environnement de développement Microsoft.

Vous maîtrisez en particulier plusieurs des thématiques suivantes:

  • Environnements .NET, C#, ASP, Silverlight
  • Architecture de Bases de Données
  • SQL SERVER 2008 R2 avec une bonne connaissance de :
  • SQL SERVER Analysis Services (cubes OLAP, MDX, ADOMD.NET, AMO, WCF RIA Services)
  • SQL SERVER Integration Services et ETLs
  • Silverlight 4
  • Architectures Web Services

Vous aimez travailler en équipe, vous êtes rigoureux, volontaire et autonome.

Responsable du développement

Rattaché au Directeur Recherche et Développement, vous participerez au développement et à la maintenance de la solution CaptainDash depuis l’analyse détaillées des besoins jusqu’à la mise en production dans le respect des engagements pris en termes de délais, de budget et de qualité.

Vous serez en charge d’une équipe de 5-10 développeurs senior et junior.

Vous participerez à la définition de l’architecture et aux choix technologiques, serez garant de la qualité du code produit par les développeurs et serez force de proposition dans l’ensemble des projets.

Dynamisme, qualités relationnelles et de communication ainsi que capacité à fédérer seront les qualités essentielles pour réussir à ce poste.

De formation Bac+5 en informatique (Grande Ecole, Université…), vous possédez une solide expérience (5 à 10 ans environ) en développement logiciel, management d’équipes et en conduite de projets dans un environnement Microsoft.

Vous maîtrisez au minimum les thématiques suivantes:

  • Environnements .NET, C#, ASP, Silverlight
  • Architecture de Bases de Données
  • SQL SERVER 2008 R2 avec une bonne connaissance de :
  • SQL SERVER Analysis Services (cubes OLAP, MDX, ADOMD.NET, AMO, WCF RIA Services)
  •  SQL SERVER Integration Services et ETLs
  • Silverlight

Spécialiste Bases de Données (3-5 ans)

Rattaché au Responsable Développement, vous aurez pour principale mission la mise en place, l’administration, et la maintenance des base de données des applications CaptainDash :

  • Préconisations concernant l’architecture des bases de données et cubes OLAP
  • Support aux développeurs sur les sujets ETL, OLAP et requêtages
  • Diagnostic, gestion et résolution d’incidents d’exploitation relatifs aux bases de données
  • Contrôle des performances des bases de données
  • Vérification de l’intégrité des données stockées

De formation Bac+5 en informatique (Grande Ecole, Université…), vous possédez une solide expérienced’au moins 4 ans en bases de données dans un environnement SQL SERVER (version 2008 R2). Etre certifié Microsoft SQL SERVER est un atout. Entre autres, vous avez une grande connaissance de :

  •  Architecture de Bases de Données
  • SQL SERVER 2008 R2 avec une bonne connaissance de :
  • SQL SERVER Analysis Services (cubes OLAP, MDX, ADOMD.NET, AMO, WCF RIA Services)
  •  SQL SERVER Integration Services et ETLs
  • Architectures Web Services
  • Ainsi que des connaissances avancées de l’environnements .NET, C#, ASP, Silverlight

Vous aimez travailler en équipe, vous êtes rigoureux, volontaire et autonome.

Développeurs .NET juniors (1-3 ans)

Rattachés au Responsable Développement, les développeurs Junior travailleront avec les développeurs Senior sur les différents modules et fonctionnalités (ETL, visualisation, gestion des données et moteur de requête, …) de la solution CaptainDash dans un environnement Microsoft (Silverlight / .NET / SQL SERVER), et plus particulièrement :

  • Développement de nouveaux modules et fonctionnalités
  • Correction et évolutions des modules et fonctionnalités existants
  • Rédaction et maintenance de la documentation technique
  • Maintenance évolutive et corrective de l’application

Ils auront plus spécifiquement en charge la mise en place et l’adaptation des systèmes pour les différents clients de CaptainDash.

De formation Bac+5, vous avez une première expérience (stage, premier emploi) en développement de logiciels complexes dans l’environnement de développement Microsoft.

Vous maîtrisez en particulier une ou plusieurs des thématiques suivantes:

  • Environnements .NET, C#, ASP, Silverlight
  • Architecture de Bases de Données
  • SQL SERVER 2008 R2 avec une bonne connaissance de :
  • SQL SERVER Analysis Services (cubes OLAP, MDX, ADOMD.NET, AMO, WCF RIA Services)
  • SQL SERVER Integration Services et ETLs
  • Silverlight 4
  • Architectures Web Services

Vous aimez travailler en équipe, vous êtes rigoureux, volontaire et autonome.

Analyste (Marketing et analyse quantitative) (1-3 ans d’expérience)

En tant qu’analyste, vous participerez aux missions de conseil en Business Intelligence auprès de nos clients dans les domaines suivants :

  • Traitement des données et intégration dans nos bases de données
  • Statistiques descriptives et avancées
  • Recommandations stratégiques en termes de données et analyse
  • Configuration des solutions CaptainDash
  • Support et conseil aux clients utilisateurs de notre solution

Vous êtes diplômé d’une grande école ou d’un master en statistiques / économie et avez au moins une première expérience au sein d’une entreprise ou d’une société de conseil. Vous êtes intéressés par le marketing et l’analyse quantitative et souhaitez travailler dans une startup en forte expansion.

Vous maîtrisez une ou plusieurs des thématiques suivantes :

  • Statistiques descriptives et avancées (régressions, classifications, …)
  • Logiciels statistiques (SAS, SPSS, R, …), GIS, Web Analytics, …
  • Systèmes de gestion de bases de données et SQL (SQL SERVER)
  • Connaissances Marketing et Géomarketing

Silverlight dev (1-3 ans d’expérience)

Rattaché au Responsable Développement vous serez en charge du développement de l’interface de la solution CaptainDash ainsi que des outils de visualisation de données.

Nous recherchons un spécialiste Silverlight 4 avec au moins un an d’expérience.

Maitrise de Microsoft Expression et de Photoshop souhaitée

Développeur NoSQL

Le développeur NoSQL sera le lead, dans le cadre de notre activité de recherche, sur le développement de solutions de Business Intelligence et visualisation de données basées sur la technologie NoSQL.

Nous recherchons un ingénieur informatique avec une très bonne formation académique.

Très bonnes connaissances en développement informatique et en bases de données volumineuses.

Expérience en NoSQL est un réel avantage pour ce poste.

Vous êtes curieux, innovateur et autonome.


Expert système d’information geographique

Rattaché au responsable du développement vous serez en charge du module de visualisation cartographique de la solution, participant à la définition des fonctionnalités et modes de représentation. Vous serez à l’affut des innovations et permettrez à CaptainDash de devenir une référence dans la visualisation géo spatiale.

Les compétences techniques requises pour réussir dans ce poste :

  • Maitrise des logiciels de SIG et des différentes formes de représentations géographiques
  • Bonne connaissance des formats de données géographiques
  • Bonne connaissance des systèmes de gestion de bases de données (MS SQL SERVER) et des formats de données géographiques associés

Développeur GoogleMaps / Googleearth

Dans le cadre de notre développement nous recherchons des développeurs maitrisant :

  • Les apis Google Maps et Google Earth (indispensable pour que votre candidature soit prise en compte pour ce poste, merci de préciser quel est votre connaissance et quels projets vous avez menés sur ces APIs),
  • L’environnement de développement .NET (C#),
  •  Le système de gestion de bases de données Microsoft SQL SERVER 2008

Les développeurs Google Maps / Google Earths seront chargés de développer des modes de visualisation géographiques innovants pour la solution Captain Dash.

Développeur Bing Maps

Dans le cadre de notre développement nous recherchons des développeurs maitrisant :

  • L’API Bing Maps de Microsoft (indispensable pour que votre candidature soit prise en compte pour ce poste, merci de préciser quel est votre connaissance et quels projets vous avez menés sur cette API).
  •  L’environnement de développement .NET (C#)
  • Le système de gestion de bases de données Microsoft SQL SERVER 2008

Les développeurs Bing Maps seront chargés de développer des modes de visualisation géographiques innovants pour la solution Captain Dash.

Développeur expert MapPoint

Dans le cadre de notre développement nous recherchons des développeurs maitrisant :

  • La solution Microsoft MapPoint (indispensable pour que votre candidature soit prise en compte pour ce poste, merci de préciser quel est votre connaissance et expérience(s) sur cette solution).
  •  L’environnement de développement .NET (C#)
  • Le système de gestion de bases de données Microsoft SQL SERVER 2008

Développeur API

Dans le cadre de notre développement nous recherchons des développeurs maitrisant :

  • Les apis des principales plateformes web dont celles de twitter, facebook, foursquare, etc. (indispensable pour que votre candidature soit prise en compte pour ce poste, merci de préciser quelles APIs vous maitrisez et quelle expérience vous avez sur chacune d’entre elles)
  • L’environnement de développement .NET (C#)
  • Le système de gestion de bases de données Microsoft SQL SERVER 2008

Rattaché au responsable développement, les développeurs spécialisés en APIs seront chargés de développer les modules permettant à la solution de se connecter aux systèmes externes venant alimenter en données la solution.

Envoyez nous votre CV sur yannickruby at captaindash.com

Tourisme en tunisie: une campagne brillante !

13 mai 2011

Ce matin, j’ai découvert, stupéfait, la campagne de promotion du tourisme en Tunisie.

J’entends les uns et les autres expliquer que cette campagne est ridicule, scandaleuse contre-productive, que l’on ne peut pas rire de tout.

Pour ma part, cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas arrêté devant un panneau publicitaire.

Je suis passé par des sentiments étranges. D’abord incrédules puis dubitatifs et enfin admiratifs.

Admiratifs parce que c’est une campagne qui ose répondre, avec efficacité, au principal problème de la destination Tunisie.

De quoi souffre la destination Tunisie ?

  • d’un mauvais rapport qualité-prix ? Non, c’est la destination la moins coûteuse en méditerranée,
  • d’un problème de qualité ? Pas vraiment, les prestations sont très normées.
  • d’un problème de climat ? Non, le soleil est garanti

La réalité c’est que la perception postrévolutionnaire de la Tunisie est catastrophique en termes de sécurité et de stabilité.

Plutôt que de réaliser la énième campagne de publicité vantant les mérites de l’ensoleillement, de l’accueil, du rapport qualité prix, Memac-Ogilvy – l’agence tunisienne en charge du budget – a le courage d’attaquer le problème au cœur.

Elle montre simplement la distorsion énorme et ridicule entre la perception de la situation tunisienne par les Français et la réalité vécue dans les clubs de vacances.

Le bruit que génère cette campagne, la gêne qu’elle provoque démontre son efficacité. Elle nous marque, au sens littéral du terme. Nous met face à nos responsabilités.

C’est pour cela que je trouve cette campagne admirable. Pour moi, probablement la plus belle depuis un moment.

Alors vous allez me dire que ces affiches sont d’un cynisme absolu. Que c’est une insulte aux morts de la révolution, aux souffrances des tunisiens et des réfugiés.

Ces arguments sont non seulement ineptes mais dangereux. Le cynisme ce n’est pas de faire une campagne qui nous met face à nos réalités, c’est de s’engouffrer dans des pays verrouillés par des dictatures et de ne pas fréquenter les régimes démocratiques.

Et derrière cette accusation de cynisme se cache un argument dangereux. Il serait cynique de passer des vacances au bord d’une piscine pendant que le peuple souffre et qu’à quelques centaines de kilomètres la guerre fait rage.

Pourtant la révolution tunisienne a besoin de faire revenir les touristes pour faire repartir l’économie. Plonger dans une piscine tunisienne c’est aujourd’hui un des actes les plus efficace pour soutenir la démocratie dans le monde arabe…

Si vous êtes sérieux dans vos convictions démocratiques et faire une bonne affaire, réservez maintenant vos vacances en Tunisie.

La revolte du wifi payant

30 avril 2011

Nous sommes en 2011. Internet est devenu une commodité au même titre que l’électricité, l’eau, le chauffage…

Et pourtant de nombreux hôtels et établissements continuent de vous faire payer une connexion Internet. Vous imaginez un hôtel vous demander un supplément pour avoir de l’eau chaude ? Et bien c’est pourtant ce qu’il est d’usage de faire pour se connecter à Internet. Et le gag c’est plus l’hôtel est haut de gamme, plus il est censé vous fournir du service et plus la connexion est onéreuse. Le spot le plus invraisemblable est le lobby de l’hôtel Hyatt qui vous vend la connexion à 14 euros de l’heure.

Starbuck en France en est la parfaite illustration. Alors que McDo vous offre la connexion, Starbuck vous vend une connexion d’une qualité douteuse à 2 euros les 30 minutes. Soit à peu près le coût d’une séance de cinéma. Etonnant.

L’age de pierre de la dataviz

29 avril 2011

Bernard Stiegler a une conception radicale de l’opendata et de la datavisualisation de données. Pour lui c’est « un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet ».

« C’est un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet qui, comme technique de publication, c’est à dire de rendu public, est au fondement de la res publica, tout comme à ce qui s’est déroulé après Gutenberg et la Réforme, généralisant l’accès à l’écriture imprimée et au savoir. »

Et c’est vrai que nous sommes à l’âge de pierre de la compréhension des données.

Pour preuve, la majorité des systèmes de représentation graphique que nous utilisons aujourd’hui ont été inventés aux dix-huitième et dix-neuvième siècle. Ils répondaient à un cahier des charges précis : représenter graphiquement des données à l’aide d’un compas, d’une règle et d’une équerre. Aujourd’hui encore, la représentation graphique reste dominée par les travaux de John Tukey dans le domaine de l’analyse exploratoire de données, travaux qui ont permis des représentations de type effectifs cumulés, nuages de points, diagrammes en boîtes à moustaches, sparklines, diagrammes circulaires dits en camembert …

Dataviz réalisée en 1850

C’est étonnant, mais ces modèles de représentation graphique sont devenus très standardisés et peu créatifs. Ces standards de représentation graphique, qui se retrouvent dans toutes les bibliothèques graphiques des logiciels de données, ont été inventés avant la naissance de l’informatique.

La dataviz une nouvelle grammaire publicitaire

27 avril 2011

Au-delà de ces enjeux citoyens nous voyons se dessiner autour de la datavisualisation un vaste mouvement créatif.

Pas un espace d’expression créative n’échappe à cette déferlante.

La dataviz envahie, d’Ibm à Epson, la publicité. Bouscule le journalisme avec l’irruption du datajournalisme qui métisse la représentation graphique de données et le journalisme. Assez naturellement, elle devient un territoire d’expression pour les organisations politiques. L’Administration Obama en fait un de ces axes prioritaires de développement.

A première vue, nous pourrions percevoir la datavisualisation comme au mieux un phénomène de mode.

A y regarder de plus près il n’en est rien. C’est un mouvement plus profond.

En permettant de représenter simplement et graphiquement des données, complexes et difficilement appréhendables, la datavisualisation invente une nouvelle grammaire publicitaire.

Elle offre une structure narrative totalement novatrice pour faire comprendre des situations, dramatiser des enjeux et faire ressentir des dynamiques. C’est une des formes d’expression les plus puissantes pour faire la pédagogie d’un message.

Et c’est en cela qu’elle bouscule les organisations creatives traditionnelles.

Simplement parce que le dataman (le statisticien) devient un élément central de la chaine de création. A mi chemin entre le planneur et le concepteur-rédacteur.

Après le binome Concepteur Rédacteur /Directeur Artistique nous allons probablement vivre l’émergence d’un nouveau couple le statisticien couplé au designer d’interface.

L’open Data sauvera t’elle la “Fake Data”

7 mars 2011

La majorité des instruments de compréhension de l’économie a été construite à une époque où l’économie était faiblement numérisée et peu globalisée. Ces instruments sont aujourd’hui peu pertinents ou plutôt non adaptés à l’économie du 21ème siècle.

Prenons un exemple connu.

Imaginons que nous réalisions une dataviz, reprenant les fichiers des douanes de l’ensemble des économies, pour comprendre les déficits commerciaux dans le monde.

L’instrument que nous utilisons est exactement le même que ceux qu’utilisent les économistes pour mesurer les comptes extérieurs. Nous allons comptabiliser les prix observés, par les douaniers, au moment du passage des frontières et en tirer un déficit ou un excédent commercial.

Sauf que cet instrument ne prend pas en compte la valeur ajoutée. Si je suis un Américain et que je décide d’importer une BMW produite en Allemagne, l’intégralité de la valeur douanière du véhicule sera attribuée comme une importation provenant d’Allemagne. Sauf que la réalité dans une économie mondialisée est plus complexe :

  • une partie des composants électroniques proviendra probablement d’Asie du Sud Est voire des Etats-Unis,
  • des matières premières viendront d’Asie ou d’Afrique,
  • des coûts de propriété intellectuelle ou de prestations immatérielles viendront d’Israël, des Etats-Unis, du Japon ou de l’Europe de l’Ouest,
  • des pièces auront probablement été totalement fabriquées dans des pays d’Europe de l’Est.

Bref, imputer la totalité de la valeur douanière de ce véhicule à l’excédent commercial allemand est en grande partie absurde. Simplement parce qu’il ne prend pas en compte la complexité des chaînes de fabrication qui sont aujourd’hui très globalisées.

Pour avoir une photo claire des importations et des exportations, nous devrions tracer chacun des éléments entrant dans la composition de ce véhicule pour reconstituer la valeur ajoutée produite par chacun des acteurs (et des économies nationales).

Et c’est là que le prodigieux mouvement de liberation des données peut changer les instruments de compréhension de l’économie.

Demain, en intégrant des sets de données publiques (douanières en l’occurrence) avec des sets de données privées (listes des composants et des origines de productions rentrant dans la conception et la fabrication d’un produit), nous arriverons à construire des agrégats permettant de reconstituer la valeur ajoutée réelle produite par les économies nationales.

Vous allez me dire que les grandes entreprises ne lacheront jamais leurs données. Je pense précisement le contraire.

Vous allez voir que la pression sur d’opendata, au nom de l’exigence de transparence, va assez vite bousculer vers les grosses sociétés.

Cette exigence consumériste commencera probablement par les catégories alimentaires (d’où viennent les produits, comment et où sont-il produits, etc…) avant de s’étendre à l’ensemble du business.

Je vous parie, que dans 20 ans, ne pas mettre à la disposition de la communauté des sets de données publiques sera aussi inacceptable que de ne pas publier des comptes annuels avec le montant des stocks options et des rémunérations des dirigeants. Une exigence minimum

TV is not dead !

4 mars 2011
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La TV est morte. C’est le grand classique des technologies.

Pourtant la TV se porte bien.

Non seulement les temps passés se stabilisent, mais les programmes, des séries TV à Masterchef, continuent à structurer les discussions des terriens. Mieux, c’est autour de la TV que les grandes batailles des acteurs technologiques (Apple, Microsoft, Google) se préparent.

Quitte à vous choquer, je pense que la TV est le média le plus passionnant du moment. C’est le territoire de l’innovation.

Premièrement, la TV de grand papa, grâce aux boites ADSL, est devenue un outil connecté à l’Internet. Et cela change tout. La Google TV en est une démonstration époustouflante.

Deuxièmement, la TV n’est plus un média de solitaire où les annonceurs peuvent acheter des minutes de cerveaux disponibles et ramollis. Les réseaux sociaux, en donnant vie aux social graph, permettent de vivre une nouvelle expérience de la TV. Vous n’êtes plus seul(e) face à votre écran de télévision. Au contraire vous partagez, via votre PC ou votre smartphone, un moment social avec l’ensemble de vos amis ou des internautes partageant votre passion.

Enfin, la TV devient un formidable écrin pour les marques.

Probablement un des médias les plus efficaces et les plus rentables pour gagner de nouveaux clients, nourrir votre marque en contenus. La socialisation des contenus télévisuels, grâce à Facebook et Twitter, permet aux annonceurs de bénéficier d’un effet de viralité inédit en TV. La mise en place de dispositifs alliant programme TV et contenus web permettent d’imaginer des intégrations éditoriales incroyables. Permettant à la fois de faire de la notoriété (sponsoring TV), de nourrir en profondeur la marque (placement de contenus sur le web et les applis mobiles) et d’enrichir son CRM (captation d’adresses via des jeux concours ou des invitations à des événements). Et enfin les Google box (et leurs compétiteurs) permettront probablement demain d’accéder à des inventaires publicitaires en TV avec autant de finesse que sur le web.

L’enjeu aujourd’hui d’un annonceur n’est pas de désinvestir en TV. Mais au contraire de s’y ré-investir, créativement et stratégiquement, aux prismes de cette nouvelle réalité.

Quora ou la nouvelle frontière des services consommateurs.

9 février 2011

Je fais partie de ceux, nombreux, qui pensent que Quora est « the next big think ». Pas uniquement parce que l’ergonomie, l’intégration du social graph, la valeur de services de Quora est exceptionnelle.

Mais surtout parce que Quora, à l’instar de Groupon, fait partie de ces startups qui réinventent et remusclent, en y intégrant le social graph, les fondamentaux du marketing.

Pour Groupon ce fut le couponing et pour Quora ce sera le « service consommateurs».

À ce stade, vous êtes en train de vous dire « il a fumé la moquette » : « Quora c’est ubber-cool. Rien à voir avec une pratique aussi ringarde et besogneuse que la gestion d’un « service conso ».

Et bien, c’est précisément cette capacité à massifier et socialiser une pratique ancienne et éprouvée, qui fonde le potentiel de Quora.

Imaginez qu’une marque bascule une partie de son service consommateurs sur Quora. Elle pourrait :

  • y répondre aux questions des consommateurs sur les produits, leurs usages, leurs origines. Recueillir des insights
  • Jouer sur le social network effect pour amplifier son emprise.
  • Et, en version hardcore, répondre directement à des consommateurs qui se posent des questions sur une marque concurrente.

Déjà là, vous vous dites que la proposition de valeur pour l’annonceur est évidente.

Dites-vous, qu’avant, pour vous doter d’un service consommateurs, il vous fallait une taille critique pour le financer. Maintenant n’importe quel commerçant ou marque, peu importe sa taille, peut se doter de ce service. Et là vous mesurez pleinement le potentiel de rupture.

Avant, vous répondiez aux questions que vous posaient vos consommateurs. Il était juste techniquement impossible qu’un de vos concurrents réponde à votre place.

Avec Quora, cela change. Un consommateur peut répondre à une question d’un de vos clients mais aussi et surtout un de vos concurrents. Et là, c’est une autre sacrée rupture.

Avant votre service clients traitait péniblement les demandes de vos clients. Au mieux, vous arriviez à faire remonter quelques demandes communes. Aujourd’hui, vous avez  un outil de crow sourcing pour faire remonter les insights et vos réponses sont intégrées au social graph.

Voilà une catégorie « le service consommateurs » qui va devenir rock !

Tunis prochain hub créatif du monde arabe ?!

24 janvier 2011

Au-delà de l’empathie générale pour la démocratie tunisienne, je pense que Tunis combine objectivement une série de facteurs qui peut la transformer, assez rapidement, en hub créatif et technologique du monde arabe.

1. La liberté

La créativité et les technologies Internet ont besoin de liberté pour s’épanouir.

La preuve ? Alors que des pays de taille équivalente à l’Est ont réussi à faire naître des bans technologiques puissants, aucune société, avec une taille critique, n’a réussi à émerger en Tunisie. La Tunisie qui dispose pourtant d’une jeunesse formée, d’une fiscalité très avantageuse (les sociétés exportatrices sont totalement défiscalisées) est un nain en matière d’offshore.

Vous allez me dire, bien sûr regarde la Chine ? Certes, mais le Web chinois est porté par son énorme marché intérieur et importe d’Hong Kong, de Corée et d’Occident sa créativité.

2. L’envie de soulever des montagnes.

La jeunesse tunisienne est la première du monde arabe à avoir réussi à faire tomber une dictature. Elle a pris conscience de sa puissance. Que la volonté pouvait déplacer des montagnes. Cette énergie, cette puissance romantique et révolutionnaire est le plus formidable carburant pour créer des choses incroyables.

3. Une jeunesse formée

L’une des chances de la Tunisie est qu’elle ne possède rien, pas de matière première ou de terres particulièrement prospères. Sa seule richesse, c’est son peuple. Dès l’indépendance, la Tunisie a fait le choix d’investir massivement dans l’éducation. La Tunisie dispose d’une jeunesse éduquée et forme chaque année près de 10 000 ingénieurs dans le secteur des technologies. Au-delà, la diaspora tunisienne constitue un formidable bassin de talents.

4. Un potentiel régional incroyable.

Le monde Maghrébin est très jeune. Il consomme énormément de contenus, de services Web et mobile qui sont tous importés d’Europe, des Etats-Unis et de la péninsule arabique. La réalité est que la demande en contenu spécifique est très forte et absolument non servie. Il y a un vrai espace pour faire naître des acteurs digitaux régionaux financés par le e.commerce et la publicité.

5. E.commerce est en chemin

Le contrôle absolu des changes par les banques centrales rendait le e.commerce totalement impensable. La chute du régime va inévitablement se traduire par une libéralisation de ce contrôle et faire naître un e.commerce tunisien qui ne tardera pas à s’étendre à l’ensemble de la sous région. Un e.commerce qui offrira, face à des réseaux de distribution monopolistiques et non performants, une proposition de valeur très forte. Réellement explosive.

Bref, c’est vraiment le moment de créer un Y combinator à la mode tunisoise.

 

 

Le syndrome du Jasmin

23 janvier 2011

Le jasmin voilà ce qui empoisonne la relation du monde avec la Tunisie.

Sous Ben Ali, les zélateurs français du régime y voyaient au pire une dictature soft, éclairée et éclairante pour le droit des femmes. Peu importe si les opposants disparaissaient, si les journalistes étaient sodomisés, les opposants torturés, l’Internet censuré, le pays mis en coupe réglé par une famille mafieuse…

La dictature, dans un pays aussi doux, accueillant ne pouvait être que douce. Une dictature de Jasmin.

Et aujourd’hui les journalistes sont entrain de nous refaire le même coup avec la révolution tunisienne. Un peu comme si le régime avait cédé la place facilement, naturellement. Une révolution douce, de velours. Une révolution de Jasmin.

La réalité est plus brutale.

Le peuple tunisien a payé le prix du sang pour se libérer. Le pouvoir n’a pas cédé la place facilement. Il a fait tirer sur le peuple. Assassiner plus d’une centaine de manifestants. Organiser des milices pour semer la terreur et faire basculer ce pays dans la guerre civile.

Parler de « Jasmin révolution » est un non-sens.

La révolution tunisienne a commencé par l’immolation de Mohamed Bouazizi et s’est terminée par des actes de guerre dans les rues de Tunis. Il ne s’est pas passé une journée sans qu’un manifestant meure sous les balles de la police. Ce n’est pas une révolution qui se fait sous l’odeur du jasmin mais du sang et de la poudre.

Prenons l’Irlande. Pour évoquer le meurtre de 14 irlandais, abattus par l’armée anglaise lors d’une manifestation le 30 janvier 1972, nous utilisons le terme « Bloody Sunday ». Nous n’envisagerions pas d’utiliser un terme romantique pour décrire une situation aussi dramatique. Pourtant c’est que nous faisons avec la Tunisie.

L’utilisation de plus en plus répandue du terme « révolution jasmin » traduit la vision romantique et sirupeuse que nous avons de la Tunisie. L’atmosphère y est si douce que nous ne pouvons imaginer la dureté de la réalité politique et sociale de ce pays.

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