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Sarkozy de la Droite Pride à la Droite Shame

5 mai 2012

Après des décennies de dirigeants politiques qui s’excusaient d’être de droite, Sarkozy fut pour ma génération l’expression d’une fierté retrouvée

Nous avions enfin un leader qui revendiquait la supériorité de l’économie de marché sur l’économie administrée. Qui assumait une France patriote, ouverte sur le monde, nécessairement antiraciste et atlantiste. Et qui surtout assumait le combat culturel contre la pensée de Mai 68.

Bref les black ont eu leur Black Pride, les Gays leur Gay pride et avec Sarkozy nous tenions notre Right Pride.

Nous avons vite déchanté.

Nous voulions en finir avec l’héritage de Mai 68 et nous avons eu Carla Bruni comme première dame, Bernard Kouchner au Quai d’Orsay et le neveu de Mitterrand au Ministère de la Culture.

Nous voulions avoir un Président qui soit fier de l’économie de marché, nous avons eu un Président sur-interventionniste, qui défend la taxe Tobin.

Nous voulions un Etat stratège nous avons eu un Etat sur interventionniste, désinvolte, surproducteur de taxes et de lois qui a fait de l’instabilité fiscale un mode de gestion.

Nous rêvions d’une Présidence audacieuse et conquérante, qui réconcilie les Français avec la société ouverte, nous avons eu une présidence qui a distribué les peurs, joué le repli sur soi et exacerbé les communautarismes…

Nous voulions une droite Gramsciste, nous avons eu un Président qui, pour protèger les droits d’auteurs d’une poignée de chanteurs de gauche millionnaires fit voter l’Hadopi.

Nous rêvions d’un grand parti de la droite et du centre, capable de faire naitre une nouvelle génération de décideurs idéologiquement vertébrés, nous avons eu un Fan Club où Nadine Morano tient lieu d’idéologue. Discutez avec un jeune UMP et vous regretterez le temps béni où l’UNI et la droite libérale formaient encore des militants qui savaient lire autre chose que GQ ou FHM.

Le bilan de Sarkozy est lourd.

Il a non seulement fait exploser la dette et augmenter la pression fiscale, comme aucun avant lui, mais surtout il a abimé, broyé, déchiqueté les valeurs de liberté,  de responsabilité et de dignité qui fondent l’Histoire de la droite Française.

Avec Sarkozy la Droite Pride s’est transformée en Droite Shame.

Et je dois avouer, que je ne comprends pas mes amis qui s’apprêtent, par réflexe pavlovien  et en se pinçant le nez, à voter Sarkozy pour faire barrage à la gauche.

La réalité est que Nicolas Sarkozy n’est pas plus un homme de droite, que du centre ou de gauche.

C’est un enfant zappeur totalement déstructuré. Capable d’être marxiste le matin, libéral le midi, gaulliste l’après-midi et écolo libertaire le soir.

Faire sauter le verrou de la peur !

20 décembre 2011

Il y a plus d’un Mohamed Bouzizi s’immolé. Par ce geste désespéré, il a déclenché une des plus grandes vagues de changement depuis l’effondrement du mur de Berlin. Des peuples entiers se sont levés pour affronter, au péril de leurs vies, les systèmes les plus répressifs au monde.

Et en discutant avec des amis tunisiens et libyens, j’ai réalisé une chose simple mais extraordinairement brutale.

Dès que vous arrêtez d’avoir peur, aucune montagne ne vous semble insurmontable. L’espoir est infini. L’énergie que vous êtes capable de mettre pour changer le monde devient sans limite.

La réalité est que les révolutions commencent quand les peuples récusent la Peur.

Simplement parce que lorsque vous n’avez plus peur de tout perdre tout devient possible. Vous regardez le monde avec un autre regard. Votre intolérance à l’injustice du vieux monde fait que rien ne plus vous arrêter.

Et c’est une leçon pour l’ensemble des gens qui souhaitent changer le monde à une petite ou à une grande échelle.

Attention, mon propos n’est pas de dire que l’entrepreneur qui maximise sa prise de risques pour créer un service ou une technologie qui change le monde est semblable à un révolutionnaire libyen ou syrien. Ce serait indécent. Dans un cas vous risquez votre patrimoine dans l’autre votre vie.

Non, c’est juste de constater que la peur est le verrou du vieux monde. La pierre angulaire des systèmes corrompus, injustes et inefficients.

Vous en doutez ?

Prenons des exemples prêts de chez nous.

Le système bancaire. Depuis les subprimes, nous pouvons chaque jour mesurer son injustice et son inefficience. Il suffirait pourtant de laisser faire, de ne plus intervenir pour le laisser imploser. Et que faisons-nous ?  La peur d’un monde où les grandes institutions financières exploseraient nous terrifie. Nous mobilisons l’ensemble de nos ressources pour tenter de le sauver.

La surveillance des populations. Depuis le 11 septembre les Etats occidentaux votent des lois de plus en plus liberticides. Généralisation des caméras de surveillance, développement des techniques d’interception et d’écoutes à grande échelle… Et nous l’acceptons. La peur du 11 septembre est tellement présente qu’elle justifie l’injustifiable.

L’individualisme de nos sociétés. Qui a déjà osé accueillir un SDF chez soit plutôt que de le laisser affronter le froid dans la nuit ? Pas moi en tout cas. Comme beaucoup, je passe mon temps, par peur, à baisser les yeux devant la misère, les violences urbaines. Pourquoi ? Trop peur d’intervenir, d’être jugé, de me retrouver dans une situation impossible.

L’innovation. Le principal frein à l’innovation, ce n’est pas la technologie ou l’imagination, c’est la peur. Peur de se planter, peur de passer pour fou. C’est la somme de ces petites peurs qui expliquent que des process ou des technologies d’un autre âge continuent à se developper dans les entreprises.

Bref, si vous voulez changer le monde, à une échelle individuelle ou collective, vous n’avez qu’une seule chose à faire.

Faire sauter le verrou de la peur.

Et c’est que je nous souhaite tous en 2012.

L’ecosystème de la terreur, ou pas… à nous de choisir

1 décembre 2011

Les révolutions arabes ont eu une conséquence inattendue. En s’effondrant les dictatures ont laissé derrière elles des archives et des infrastructures de répression que le pire scénario conspirationniste n’aurait pas osé imaginer.

Et je dois vous avouer que les théories conspirationnistes me fatiguent. En règle générale, je me méfie des gauchistes qui voient derrière n’importe quelle entreprise un monstre froid prêt à dévorer des enfants au petit déjeuner.

Mais les faits sont là, devant nous.

Un certain nombre d’entreprises françaises ont mis en place, avec le soutien des autorités politiques et militaires françaises, des infrastructures d’écoute et de contrôles électroniques des populations dignes d’un thriller américain.

Bull a construit en Libye une infrastructure d’écoute et de contrôles électroniques des opposants au régime. Le très gauchiste Wall Street Journal a découvert en visitant ce qu’il prenait pour une ancienne prison, une structure d’écoute de la population mise en place par Bull. Aux murs trônaient des affiches avec le logo Amesys (filiale de Bull) explicitant les méthodes d’écoute. Dans les salles annexes des extraits des emails, d’instant messenger et des conversations des opposants. C’est grâce à ce centre, vendu par Ziad Takieddine et soutenu par la direction du renseignement militaire français, que le régime de Kadhafi pouvait arrêter, torturer et assassiner les opposants.

En Syrie, Bloomberg (encore un magazine gauchiste) a démontré qu’un consortium mené par une firme italienne a déployé un centre d’écoute électronique permettant au régime d’Al Assad non seulement d’identifier, de scanner et de lire l’ensemble des échanges électroniques mais d’identifier les connexions entre les opposants et leurs proches. Qosmos, (une startup française dans laquelle le Fond Stratégique d’investissement vient d’investir) y a déployé des sondes d’écoute du trafic sur Internet

La Tunisie fut un cas d’école qui mérite un post en soit. Probablement la vitrine expérimentale de l’internet civilisé que d’aucuns appellent de leurs vœux. Une gigantesque infrastructure technique pour espionner la population et mettre en place des opérations de fishing à grande échelle.

Au-delà des considérations morales et pénales (il ne serait pas illégitime que le TPI engage des poursuites contre certaines de ces entreprises pour complicité de crime contre l’humanité), derrière la Syrie, la Libye et la Tunisie se cache une question stratégique et politique pour la France.

Les technologies de l’information ne sont pas neutres. Elles peuvent être un formidable levier pour construire des sociétés libres et ouvertes ou une formidable machine à broyer les libertés.

Et c’est à nous de faire ce choix.

Voulons nous faire de la France un champion numérique des systèmes de répression des populations ou des solutions qui permettent de construire un monde plus ouvert et transparent.

C’est une des questions centrales sur l’avenir du numérique et c’est pourtant une question totalement occultée.

Vous allez trouver ma question fumeuse et théorique. Elle est pourtant très concrète. Les entreprises qui développent des systèmes de surveillance des populations doivent elles être soutenues par le gouvernement ? Sont elles éligibles au statut de la JEI ? Peuvent elles bénéficier de crédit impôt recherche ? Leurs exportations doivent elles être soumises, comme les entreprises d’armement, à une autorisation administrative ? …

A voir les efforts déployés par l’appareil d’Etat pour faire naître un écosystème de la terreur, il semble que l’Etat français ait déjà en partie tranché cette question. Le FSI vient de prendre une participation dans Qosmos , Bull est soutenu par la DCRM et les porteurs de valises de la République. Et surtout se dessine en creux derrière le discours de l’Internet civilisé, une vision d’un internet contrôlé où derrière le faux nez de la lutte contre le terrorisme se préparent des technologies liberticides.

C’est non seulement un choix stratégique liberticide, moralement condamnable mais politiquement, économiquement et technologiquement sans avenir.

Politiquement, la bonne nouvelle de cette décennie est que les peuples font le choix de la démocratie et des sociétés libres et ouvertes. La démocratie progresse partout et les peuples deviennent allergiques aux systèmes de contrôles. Faire le choix des technologies de contrôles des populations c’est faire le pari politique que l’avenir du monde passe par les dictatures.

Technologiquement, je ne vois pas comment, dans un monde connecté, les entreprises bâtissant des technologies liberticides pourront recruter et fidéliser des ingénieurs de talents. Au bout d’un moment la question du sens devient centrale. Assumer socialement de travailler dans des entreprises pointées du doigt par des activistes et savoir que l’on produit du code qui n’a comme finalité que d’arrêter et torturer des opposants devient insoutenable.

Economiquement, les technologies qui favorisent l’ouverture et changent le monde, créent systématiquement plus de valeur que les technologies au service du vieux monde. Facebook, Twitter, Google en sont la plus belle des démonstrations.

Ces entreprises sont donc à moyen terme condamner. Mais en attendant, nous pourrons faire le choix du déshonneur en continuant à les soutenir.

Espérons que la prochaine élection présidentielle permettra à ce débat d’émerger.

A mes amis français, saluons la victoire de la démocratie en Tunisie

27 octobre 2011

Chers amis français,

Depuis dimanche, vous tentez de transformer le printemps tunisien en hiver islamiste.

Je vais probablement en choquer certains d’entre vous mais je me réjouis du bilan des élections en Tunisie.

J’entends déjà certains s’étrangler : « quoi mais comment se réjouir de la victoire d’Ennahda, quel cynisme ? »

Oui, je l’assume, le résultat des élections est une bonne nouvelle pour la Tunisie, la démocratie et le monde libre.

En tant que démocrate, je ne boude pas mon plaisir de voir une nation s’émanciper et prendre le chemin de la démocratie.

Abandonnons cinq minutes le pathos des » belles âmes européennes » et de « l’intelligentsia moderne autoproclamée » et soyons un peu factuel.

Le peuple tunisien réussit à se libérer seul de la dictature et à lancer un mouvement d’émancipation démocratique que nous n’avions pas connu depuis 1989.

En neuf mois, la petite Tunisie a bâti un processus électoral exemplaire avec une haute autorité dont l’intégrité pourrait servir de modèle à bien des démocraties occidentales. A reconstruit les listes électorales vérolées par le benalisme. A légalisé les partis politiques interdits sous la dictature, libéré les prisonniers politiques, appris à faire de la politique et à dialoguer.

Sur la forme, le processus électoral s’est déroulé dans une concorde remarquable pour un pays qui vivait, sur fond de récession et de crise économique, la première expérience démocratique de son histoire.

Sur le fond,du CPR à Ennahda en passant Ettakatol, les grands gagnants de ces élections sont les partis et les personnalités qui ont eu un comportement exemplaire sous la dictature et qui affichent un haut degré de probité morale.

Le message envoyé par le peuple tunisien est limpide. Il souhaite tourner définitivement la page du BenAlisme. En finir avec les pratiques de la dictature mais aussi avec un modèle de développement économique basé sur l’irresponsabilité sociale et la prédation économique. Avec une administration, kafkaienne en grande partie corrompue, construite, de Bourghiba à Ben Ali, non pas pour servir le peuple mais pour le contrôler.

Quitte à continuer à choquer mes amis français, la seule chose qui me choque, en tant que démocrate, est le score invraisemblable d’Aaridha qui démontre la puissance du régionalisme et des réseaux RCDistes.

Vous allez me dire Ennahda a un double discours.

Peut-être. C’est souvent la plaie des parties politiques de faire du mensonge une stratégie de prise de pouvoir.

Mais de grâce tentons de sortir de la dialectique mortifère issue du Benalisme et de raisonner librement en faisant abstraction de vingt-cinq ans de propagande.

Jugeons simplement sur pièce. Et n’oublions pas que c’est sur la base de ce programme qu’Ennahda a conquis le cœur des tunisiens. Qu’Ennahda abandonne son programme, dérive et le peuple tunisien sera se mobiliser.

Je vous le dis directement, vu de Tunis, l’hystérie des journalistes français contre Ennahda est aussi ridicule que les cris, en 2007, d’une partie de la gauche française qui nous expliquait que Sarkozy était une ré-incarnation d’Hitler.

La Tunisie est indéniablement une démocratie. La première du monde Arabe. Et c’est une très belle nouvelle.

Maintenant vous allez me dire, mais comment peux-tu investir dans un pays gouverné par des islamo conservateurs où le risque d’instabilité est si fort?

Et bien là je vais achever de vous choquer.

Ce qui menace la Tunisie ce n’est pas l’extrémisme religieux. La Tunisie est un pays historiquement ouvert et pacifique. Un des rares pays au monde qui n’a jamais déclaré la guerre à ses voisins et qui n’a jamais massacré ses minorités. Après plus de 2000 ans de pacifisme la Tunisie ne va pas se transformer, par enchantement, en peuple guerrier et intolérant. 50 ans après l’indépendance, la Tunisie est juste entrain de retrouver son identité arabe et musulmane. Et c’est plutôt une bonne chose.

Non ce qui menace la Tunisie aujourd’hui c’est la misère, la crise économique et les insupportables inégalités sociales.

Et cette misère a une cause la corruption. Elle gangrène l’ensemble de la société, pervertie les valeurs et plombe l’économie.

En Tunisie, après 25 années de benalisme, le modèle d’enrichissement ne passe pas par la création d’entreprise, l’innovation ou l’effort. Non c’est le règne du piston, des commissions et des bakchichs.

La corruption est devenue une machine à détruire la croissance, à casser les entreprises, à décourager l’effort et à faire fuir les investissements étrangers.

Et disons-le clairement il n’y aura pas de croissance durable et de créations massives d’emplois en Tunisie tant que la corruption ne sera pas sévèrement combattue, que l’effort ne sera pas récompensé et les richesses mieux redistribuées.

Ce qui menace l’investissement c’est clairement la corruption. Derrière chaque douaniers, inspecteurs des impôts, affairistes se cache un prédateur potentiel qui risque de vous braquer votre capital et vos économies. Valoriser l’effort et le respect dans une société où l’incivisme et l’individualisme extrême ont été érigés en modèle est un défi quotidien.

De ce point de vue, le résultat des élections est une bonne nouvelle.

En balayant les partis politiques issus de l’ancien régime et en plébiscitant les partis intègres qui proposent une société, moins individualiste et plus juste, les tunisiens ont envoyé un mandat impératif aux nouveaux élus : la justice.

La justice pour que les criminels et les corrompus de l’ancien régime soient enfin inquiétés.

La justice économique pour que la richesse tunisienne ne soient plus confisquée par une artistocratie autoproclamée et massivement corrompue.

La justice sociale pour que la dignité des plus faibles soit enfin respectée.

En nettoyant le système, en moralisant la vie politique et en s’attaquant fermement à la corruption, la Tunisie peut enfin se donner les armes pour créer une croissance durable capable de créer des emplois.

Les grands gagnants des élections en Tunisie ne sont pas les intégristes mais les intègres !

Et c’est définitivement en Tunisie que se dessine le monde de demain, avec ses incertitudes et ses promesses.

Le piège sémantique de l’islamisme

24 octobre 2011

Depuis des semaines mes amis, en France comme en Tunisie, m’interrogent sur la situation politique en Tunisie et plus précisément la montée de ce qu’ils qualifient de vague « islamiste ».

J’ai décidé de ne pas parler de politique en Tunisie, pendant la séquence électorale, pour deux raisons. Primo, la Tunisie n’est pas mon pays. Secundo, nous n’avons aucune leçon à donner à un peuple qui tout seul (ou luttant contre le reste du monde) nous a donné une formidable leçon de courage et de dignité.

Mais par moment, je me dis que les mots sont des pièges.

Et si il y a un mot qui est utilisé à tort et à travers et que je ne supporte plus c’est bien le mot « islamiste ».

Voilà un mot réflexe qui déclenche en Occident des comportements pavloviens. Un mot fourre tout utilisé à la fois pour désigner un authentique terroriste djihadiste qu’un homme pieux qui souhaite vivre sa foi dans la paix et la dignité.

Imagine t-on utiliser, en Europe, un mot pour définir un comportement politique qui englobe à la fois les militants démocrates chrétiens, que les catholiques intégristes qui ne reconnaissent pas l’autorité papale, que les ultra terroristes, comme Anders Behring Brevik, qui massacra plus de 80 sociaux démocrates norvégiens coupables à ses yeux de favoriser l’immigration.

Ce manque de nuances sémantiques est probablement l’héritage le plus pervers laissé par Ben Ali et la pensée unique occidentale. Le mot “islamiste” est un porte drapeau agitateur des peurs les plus sombres qui justifient toutes les répressions, les mensonges et les dictatures.

Prenons l’exemple de la Tunisie.

Voilà un peuple qui s’est libéré seul de la dictature. Qui en 9 mois a organisé des élections exemplaires avec un taux de mobilisation exceptionnel.

Et que retient-on de cette élection ? Que la Tunisie serait à deux doigts de se transformer en Califat.

En toute franchise c’est n’importe quoi.

Jugeons sur les mots et sur les actes.

Le programme d’Ennahda est, à ce stade, en rien antidémocratique. Bien au contraire, c’est un programme islamo conservateur, très modéré, qui reconnait l’économie de marché, le statut personnel de la femme et fait de la démocratie la pierre angulaire de la société tunisienne.

La campagne et le comportement d’Ennahda depuis la révolution est difficilement attaquable. Ennahda a payé le plus lourd tribu face à la dictature de Ben Ali, ses militants furent emprisonnés, torturés, exilés, assassinés.

Ils auraient pu revenir avec la volonté de faire payer le prix du sang versé. Il n’en fut rien.

Jusqu’à présent, ils ont respecté le process démocratique, ont joué un rôle constructif dans les instances de la révolution, tenté de canaliser la radicalité de leurs bases militantes.

La réalité est que le peuple tunisien a fait le choix légitime et naturel de voter pour celles et ceux qui n’ont pas collaboré avec le régime kleptocratique de Ben Ali. Et aujour’hui Ennahda ressemble plus à ce qu’en Occident nous appelons un mouvement conservateur qu’à un parti extremiste voulant transformer la Tunisie en nouveau Califat.

Et pourtant, l’utilisation massive du mot “islamiste” à la une de la presse mondiale va faire fondre les investissements direct étranger en Tunisie et finir d’anéantir la manne touristique.

 

 

 

Ce que la crise change pour le marketing : efficience is the name of the Game (2/5)

30 août 2011

Suite de ma série (2/5)ce que la crise financière va profondément changer dans le Marleting après cette crise.

Cela fait des siècles que les annonceurs expliquent qu’ils ont la certitude de mettre la moitié de leur argent par la fenêtre. Le seul hic est qu’ils en ignorent qu’elle moitié.

La réalité est que le marketing et la communication sont restés des sciences molles, de l’à peu près, où l’instinct, le moutounisme ou l’effet de mode surdétermine les stratégies d’investissements et les options créatives.

Nous sommes probablement une des industries les moins efficientes au monde. Où nous brûlons des centaines de millions d’euros de nos clients pour des résultats que nous arrivons à peine à avérer.

La meilleure preuve en est les derniers effets d’annonces des grands annonceurs qui nous disent fièrement basculer 15 % de leurs investissements dans le digital (quand nettement plus de 15% de leurs clients prennent déjà leurs décisions d’achat sur le Net).

Mais ils oublient juste de nous dire pour quoi faire ? Investir dans la qualité de la relation client ? Dans l’invention du « social trade marketing » ? Augmenter la pression publicitaire sur des internautes déjà saturés ? Faire des sites qui bougent en flash ? Des apps ?

Bref, même dans l’univers digital, les annonceurs continuent de cramer leur argent parce que le pré-suppossé de l’idéologie fordiste est que la pression crée l’attention.

Les annonceurs comme les agences ont agi dans les dernières années comme des Rois fainéants. Ils ont maintenu les grands équilibres, les veilles recettes publicitaires.

Certes les crises pouvaient être violentes, mais les relais de croissance des émergeants permettaient encore toutes les inepties.

Sauf que… le monde a basculé.

Les créatifs dans les pays émergeants inventent chaque jour de nouvelles manières de faire vendre un produit, aimer une marque.

Les acteurs des technologies, de Facebook à Google en passant à Microsoft, inventent et ouvrent des API qui rendent possible un marketing plus scientifique, plus efficient.

Et surtout le consommateur siffle la fin de la recré. Il reprend le pouvoir. Il ne croit plus aux sornettes de la publicité. Il veut lui aussi avoir son retour sur investissement.

Cette crise va enfin obliger les annonceurs à changer radicalement leurs manières de penser.

À arbitrer sévèrement dans leurs portefeuilles de marques. À revenir aux fondamentaux, au prix, à la qualité et à l’expérience.

À surveiller, en temps réel, l’efficacité de leurs investissements et de leurs mix marketing. À agir à la vitesse du consommateur, c’est-à-dire vite, pour ne pas perdre des opportunités et se faire grignoter des parts de marché.

Bref, à vivre avec de la data consommée et compris en temps réel.

Et là c’est un révolution !

Dataviz du pauvre : le plan de fillon

29 août 2011

Un petit exercice rapide et low tech pour comprendre la puissance pédagogique de la dataviz.

Je souhaite simplement comprendre la portée du plan de rigueur de Fillon : 1 milliard en 2011 et 10 milliards en 2012 face aux enjeux de la dette.

Je réalise sous Excel un carré de 40 colonnes et 40 lignes. J’ai donc un damier de 1600 cases qui représente la dette publique de la France (source wikipedia). Chaque case, en rouge, représente un milliard d’euros de déficit.

Notre déficit, chaque damier représente un milliard d’euro

Maintenant je visualise simplement l’impact du plan de rigueur en blanchissant les cases impactées par le plan de rigueur.

Et voilà l’impact en 2011 :

L’impact du plan de rigueur sur notre déficit en 2011

Maintenant l’impact en 2012 :

L’impact du plan de rigueur sur nos déficit en 2012

Et voilà. Un peu plus efficace qu’un speech pour démontrer la faiblesse de l’impact du plan de rigueur.

Temps de réalisation : 5 minutes.

Technologie utilisée : excel.

Source : wikipedia

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