Au cours des dernières décennies, la voiture est passée d’un formidable objet de liberté qui faisait rêver à une contrainte :
- policière, avec obsession sécuritaire du zéro mort
- écologique avec l’obsession de l’émission « zéro carbone »
- fiscale avec une énergie de plus en plus taxée
Bref, la voiture ne fait plus rêver. Et c’est là que cela devient intéressant.
L’automobile est une catégorie critique qui doit totalement se réinventer pour survivre.
À un moment où la technologie (GPS, convergences numériques, propulsion électrique…) comme la société (écologie, « commoditisation » des modes de consommation…) crée un univers propice à des innovations radicales.
C’est pour cela que je suis certain que la prochaine décennie sera marquée par un shift sans précédent dans l’industrie automobile. Le premier, depuis Henri Ford, qui se traduira par une rupture de l’expérience utilisateur.
À la fin de la décennie, nous aurons réinventé notre rapport à l’automobile et nous vivrons une expérience de conduite et de déplacement radicalement nouvelle.
Radicalement nouvelle sur la propulsion. Il y a fort à parier que la voiture électrique, sur le mode de betterplace, remplacera la voiture à carbone que nous utilisons aujourd’hui. Ce sera une rupture majeure dans la vie de nos villes. Avec au-delà du bénéfice en terme de réduction des CO2, un progrès sensible en matière de pollution sonore. Progrès qui risque de modifier le prix du foncier de certains immeubles aujourd’hui décotés parce que bruyants.
Radicalement nouvelle sur le modèle économique des voitures. Aujourd’hui nous achetons une voiture, payons mensuellement une assurance et achetons de l’essence pour la faire fonctionner. Demain, à l’image de ce que nous faisons dans la téléphonie mobile, il y a fort à parier que nous achèterons des forfaits avec des volumes d’heures. Nous utiliserons la voiture comme une commodité.
Radiclament nouvelle sur l’expérience de conduite. À la fin de la prochaine décennie, les systèmes d’assistance au garage seront devenus une norme et nous aurons probablement totalement oublié comment faire un créneau. Les GPS nous permettront des services d’assistance à la conduite. Les systèmes de divertissement auront transformé nos voitures en des espaces ludiques massivement multi joueurs, où chaque passager pourra choisir le programme de son choix. Il est probable qu’à la fin de la décennie, le mobile nous permettra de contrôler notre voiture en déclenchant à distance la mise en marche de la climatisation ou du chauffage des sièges…
Bref, nous allons vivre une décennie qui va réinventer l’automobile post-carbone. Et l’automobile va devenir une catégorie “funky”.
Nous allons changer de décennie et j’en suis très excité…
La dernière décennie fut marquée par des changements prodigieux. Nous l’avons commencée avec Loana dans la piscine et nous la terminons avec Twitter. La boucle est bouclée…
Plus sérieusement, j’ai la certitude que ce que nous avons vécu dans les dix dernières années n’est qu’un avant goût de changements majeurs qui se préparent.
Nous savons tous que la révolution est là. Mais nous sommes encore à l’âge de pierre du numérique, du génie génétique, de la green economy et de la globalisation. Les grandes bascules se préparent mais n’ont pas encore eu lieu.
Je vous fait le pari que ces bascules se produiront dans la prochaine décennie.
Nous allons vivre dans les 10 prochaines années, les révolutions, dans nos modes de vie et nos manières de penser, les plus intenses que l’humanité n’ait jamais eu à encaisser.
Je pense que ces révolutions vont impacter 5 grandes catégories :
- la mobilisation et l’engagement avec le mouvement “data for the people !”
- les systèmes publics
- l’automobile
- la communication et le marketing
- les interfaces hommes-machines
Dans les prochains jours je vais publier une série de posts sur ces 5 révolutions majeures.
Enjoy la décennie !
La semaine dernière fut, pour mes enfants, celle des conseils de classe. Et là surprise. Facebook compte maintenant dans la note de vie scolaire. Mini fronde des enfants qui crient au viol de leur intimité et de leur liberté d’expression.
À ce stade, je n’avais pas vraiment d’avis. Mi surpris, mi amusé qu’une start-up californienne puisse impacter directement le bulletin de notes de collégiens en France.
Puis en faisant des recherches, via Facebook search et Google, j’ai découvert une nouvelle facette de Facebook. Nettement moins fraternelle.
Un Facebook qui constitue un concentré du pire des comportements d’ados mal dans leur peau, qui ne savent pas poser des limites. Un Facebook où l’insulte devient un code de conduite, l’humiliation une norme et la bêtise la plus crasse, une règle de vie.
Tout d’un coup, je me suis mis à comprendre une administration totalement dépassée par un réseau social lui-même totalement débordé et dévoyé de son usage premier.
Et là, je me suis dit qu’intégrer dans une note de vie scolaire des comportements sur Facebook était entendable. C’est un moyen pour faire la pédagogie des réseaux sociaux et faire comprendre à des adolescents où est la limite entre un update de statut et la calomnie.
Vous allez probablement trouver que j’opère un swap idéologique dangereux.
Certes, vous avez raison.
Commencer à noter les comportements sur les réseaux sociaux est un acte fort qui peut déboucher sur des pratiques liberticides. Et se savoir observé par l’administration de son école sur un réseau social est difficilement acceptable.
Mais ce raisonnement, que je partage, a une limite.
Cette limite c’est le rapport étrange qu’entretiennent les ados avec Facebook et dans une moindre mesure avec les Skyblog.
J’ai été assez étonné de la discussion que j’ai eu avec mes enfants, et leurs amis, à propos de la note de vie scolaire.
Non seulement, ils ne comprennent pas les notions de privacy sur Facebook : de ce qui est public et référençable, partagé avec les amis de ses amis, partagé avec ses amis ou totalement privé.
Mais plus globalement ils ignorent ce vieux concept que nous appelions au siècle dernier la netiquette. Pire lorsqu’ils sont sur les réseaux sociaux ils « twist » et appliquent un mode de pensée différent du monde réel.
Un exemple ?
Ils trouvent totalement inenvisageable d’insulter un professeur en pleine classe, mais pas plus choquant que cela de créer un groupe public intitulé « « nom du prof » est un con ». Ils pensent que c’est une question de liberté d’expression qui existe depuis la nuit des temps. Le raisonnement est simple : « avant les élèves s’exprimaient en faisant des graphitis sur le mur des toilettes maintenant c’est sur un wall sur Facebook, où est le problème ? »
Et bien, avant comme maintenant, quand un élève se faisait prendre entrain de graphiter un mur, il se faisait sévèrement sanctionner. Non seulement parce qu’il dégradait l’établissement mais aussi et surtout parce qu’il portait atteinte à l’intégrité de l’enseignant.
Et surtout imaginer que poster un message sur un blog, un wall ou un groupe public est la même chose que faire un graphiti, démontre une incompréhension totale de ce qu’est l’Internet social. Un graphiti restait dans les toilettes d’un établissement. Alors qu’un message posté sur le net a un don d’ubiquité. Il se développe, voyage. Il devient visible par des milliers voir des millions de personnes et vient entacher la e-réputation de l’individu insulté.
Quitte à passer pour un vieux con, mon point est le suivant : les ados disposent d’une chance incroyable.
Ils ont hérité d’un outil extraordinaire, bâti par d’autres, appelé Internet et plus particulièrement le web social. Ce web s’est construit par itérations. Nous avons peu à peu créé des règles implicites de savoir vivre ou plutôt de savoir partager.
Aujourd’hui nos enfants s’y jettent avec passions et s’auto approprient ce territoire.
Ce qui est formidable à un détail près. Ils y arrivent en ayant aucune conscience des règles de netiquette et arrivent à transformer Facebook en un cloaque où les ados, les plus mal dans leur peau, s’y font humilier et les enseignants totalement maltraités. Et c’est là un vrai danger de dénaturation des réseaux sociaux et au-delà de confusion des genres pour les ados.
Dans ce contexte, intégrer dans une note de comportement scolaire, qui juge de la qualité du comportement et de la participation à la vie scolaire, le respect d’un minium de règles sur les réseaux sociaux, me semble dans ce cadre une bonne chose.
Ces derniers jours, j’ai vécu une séquence de mon existence émotionnellement intense où j’ai découvert une nouvelle facette de Twitter.
Le 20 Novembre, notre quatrième enfant, Vadim, est venu au monde très précocement et sans que nous nous y attendions.
Mardi 17 Novembre, ma femme a des contractions. Inquiète, elle se rend à Necker (qui suit sa maternité). Ils l’hospitalisent. Ma femme se plaint de douleurs, mais les examens sont positifs : pas d’ouverture du col, les échographies et les sérologies sont impeccables.
Jeudi soir, je quitte ma femme vers 21h30, rassuré, après qu’une sage-femme nous indique que le ventre est souple.
3h15 ma femme tente de me joindre. L’ensemble des téléphones de la maison (4 lignes avec les mobiles) sont sur vibreurs. Inquiète elle appelle et réveille sa mère qui se précipite chez nous. Elle sonne sans succès. Au bout de 10 minutes, mon fils se réveille et ouvre la porte.
3h40 je suis réveillé par ma belle mère. Premier choc, imaginez vous à 3h40 du matin dans votre lit, vous ouvrez un œil et votre belle mère vous fait face. Elle me dit que ma femme est entrain d’accoucher.
Irréel. Je suis dans un état second. Mi réveillé et totalement choqué je fonce dans la voiture. Sans réfléchir, une sorte de logique reptilienne, je sors mon téléphone et je tweet en courant dans la rue.
Première bizarrerie de penser à twitter dans ces moments là.
Je fais une grosse ligne droite sur le boulevard Montparnasse. En une minute, je suis à Necker. Le parking est vide. Je cours vers la salle de travail.
Je retweet.
Je croise ma femme. Cela fait maintenant 40 minutes que les médecins lui ont dit qu’ils allaient sortir le bébé en urgence. Elle est angoissée. Terriblement angoissée. J’ai juste le temps de lui faire un bisou. Même pas le temps d’échanger une phrase, il l’emmène en salle d’opération.
Tout va très vite, trop vite. Quelques seconde se passe et je vois jaillir (il n’y a pas d’autres mots) une équipe, assez virile, du SAMU pédiatrique avec un incubateur.
Je comprends plus où je suis, j’ai l’impression d’être dans un mauvais rêve. Non, j’ai plutôt l’impression d’assister à un épisode de Greys Anatomy ou Dr House. A un détail près, je suis dans la série.
Tout s’affole autour de moi. Je perds pied.
De veilles images, des odeurs, des réflexes reviennent. Avec Héléna, nous avons trop fréquenté cet hôpital, vécu les montagnes russes des parents d’enfants malades. Je me dis le cauchemar revient. Je maudis le destin. Je me ferme. Impossible de sortir un mot. Trop peur d’exploser en sanglot.
Et là deuxième bizarrerie, je m’accroche quasi physiquement à la timeline de twitter. J’ai le sentiment étrange que la timeline est une excroissance de ma conscience. Là, vous vous dites que j’ai fumé la moquette. Pourtant, je vous assure que c’est comme cela que j’ai vécu l’instant.
Je tweet, par réflexe, mes sentiments, ce que je vois. Et là un truc incroyable se produit. Des gens que je connais ou pas me répondent. Je reçois des messages de San Francisco, de Paris, de Pekin… De jolies messages de soutien. Certains me proposent de les appeler si j’ai besoin de parler.
Peu à peu je reprends pieds. Je m’aperçois que je ne suis pas seul. . Je suis envahi de good vibes, de gens qui me parlent en live, me soutiennent alors qu’il n’est que 4 heures du matin.
Je me dis cela alors qu’en toute objectivité la situation s’assombrit. Le staff m’explique ce qui va se passer. Mais je ne quitte pas des yeux la timeline. Au moment où un pédiatre m’explique les conséquences de la très grande prématurité, je découvre, via twitter, que Newton était un préma.
Au moment où l’équipe du Samu me demande le nom de mon fils, je leur réponds hébété « je ne sais pas encore ». Ils me répondent « pas grave, prenez votre temps ». Nous avons le barcode pour le suivre. Sur le barcode, il l’appelle Garçon Walther. Cela me fait sourire, à peine né et déjà geek.
Je le tweet.
Moment incroyable, je vois mon fils dans l’incubateur. Je leur demande s’ils peuvent attendre pour que ma femme voit son fils ne serait-ce qu’une seconde. C’est symboliquement important. Ils sont d’accord. L’équipe médicale fonce et pousse en courant le brancard de ma femme. Là je me dis nous sommes vraiment dans une série TV. Je ne sais pas ce qui me prend, je le prends en photo avec mon téléphone et je l’ubbertwitte.
Et là je commence à recevoir des messages de félicitation. Des mazel tov ou des Mabrouk. Je lis les messages qui envahissent ma timeline.
Ma femme est épuisée et effondrée. Je lui montre les messages venant de twitter. Elle sourit.
Merde. Grâce à twitter je réalise enfin. Ce que je suis entrain de vivre n’est pas une catastrophe, un retour en arrière, mais une merveilleuse nouvelle, une naissance. Très vite un prénom s’impose, alors que cela fait des mois que nous n’arrivons pas à en trouver un. Il s’appellera Vadim.
Immédiatement je le tweet.
J’ai repris des forces. En une heure, je suis passé du père d’enfant malade proscrit à l’excitation du jeune père. C’est miraculeux. J’appelle les enfants. Je leur annonce que Vadim est né.
Il est 8h du matin. Twitter et facebook se réveille. Nous sommes littéralement inondés de messages de félicitation et de soutien.
Alors que mon fils s’appelle, pour l’assistance publique des Hôpitaux de Paris, Garçon Walther, des centaines de gens souhaitent la bienvenue à Vadim.
Mes enfants savent que leur petit frère est né et s’appelle Vadim depuis à peine une demi-heure pourtant à l’école, magie de Facebook, tout le monde les félicite.
Mes enfants ne verront probablement pas leur petit frère avant des semaines, peut être des mois, pourtant grâce à twitter et Facebook, ils réalisent que leur frère existe.
Mon histoire personnelle fait que j’ai vécu, dès 1995, la vie d’un parent d’enfant malade. Des années de montagnes russes, de doutes, de peurs au ventre et de solitude. J’ai hélas vécu de nombreuses nuits dans la froideur des couloirs de Necker à attendre, terrorisé par cette solitude, ce bruit, cette odeur. Ce moment où vous vous sentez seul au monde, où le destin vous domine.
Ce 20 novembre s’annonçait comme ces centaines d’autres nuits. Froide et terrifiante où l’évolution d’une constante peut vous déchirer le ventre. Bref, pour moi un grand retour en arrière. Pourtant il n’en fut rien. Ce fut une matinée de solidarité, de chaleur.
La différence ?
Twitter et Facebook !
Oui, cela peut paraître ballot, infantile et candide. Mais je le dis comme je l’ai vécu : twitter et facebook m’ont permis de transcender une fatalité. A la froideur, à la solitude des couloirs froids de Necker, ce sont substituées la chaleur et la solidarité de twitter.
Dans ces moments-là, twitter cristallise le meilleur de l’humanité. Simplement parce que derrière des followers se cachent des humanités. Qui quand elles se mettent en marche vous portent, au sens littéral du terme.
Face à la très grande, prématurité, twitter vous permet de rentrer dans la paternité, de créer une identité, de nommer votre fils, de le faire exister malgré son apparence, sa fragilité. Et je le dis comme je l’ai vécu. Twitter, à un moment clef de ma vie, m’a permis de passer de la détresse au combat. De la tristesse à la joie.
Oui j’ai été impudique. Terriblement. Mais grâce à twitter et à vous, j’ai pu passer le cap. Assumer un rôle de mari et de père. Faire face.
Merci.
Cette expérience m’a fait toucher du doigt un truc incroyable. Nous parlons souvent d’intelligence collective à proposde Twitter. Je pense que nous avons tort.
Twitter met en mouvement un truc supérieur à cela. Twitter crée les conditions de l’empathie collective. C’est la promesse induite et implicite. Et c’est probablement ce qui explique le prodigieux succès de Twitter.
83% des personnels de la santé ont refusé de se faire vacciner. Cette statistique est ahurissante.
Qu’une personne en charge de la santé refuse de se faire vacciner est une double faute.
D’abord, une faute professionnelle majeure vis-à-vis des patients.
Non seulement en ne se faisant pas vacciner, un personnel soignant se transforme en un puissant vecteur de propagation. Mais surtout, il expose des patients, par essence déjà malade donc fragile, à un risque qui peut être majeur. Un exemple de ce n’importe quoi : uniquement 40% du personnel soignant de l’Hôpital Necker, qui soigne majoritairement des nourrissons, des enfants, quelques femmes enceintes et des personnes immunodéprimées, est aujourd’hui vacciné.
Une faute professionnelle qui aura probablement des conséquences pénales. Il est probable que les familles de patients morts à cause d’une grippe A, contractée lors d’un séjour hospitalier, poursuivent pour mise en danger de la vie d’autrui les personnels non vaccinés
Les médecins et autres personnels soignants qui ne se vaccinent pas me font penser à ces types qui pratiquent la backroom sans capotes !
C’est ensuite et surtout, une insulte majeure à l’éthique fondamentale de la médecine moderne.
Pendant des millénaires, le drame de l’être humain a été que la médecine se confondait avec des pratiques, des rituels magiques, incantatoires et religieux. La croyance dans le surnaturel et la rumeur populaire étaient le fondement de toutes les formes de guérison.
Il a fallu attendre les lumières, avec la culture de l’expérimentation, les progrès de la chirurgie, la découverte du microscope qui a induit la révolution biologique, pour que la médecine moderne dès le dix-neuvième siècle permette à l’humanité de se débarrasser des croyances et des rumeurs populaires.
Pour qu’enfin, apparaisse une médecine fondée sur une approche scientifique et raisonnée.
La médecine moderne, en imposant contre les églises et les croyances populaires, des règles d’hygiène; en lançant de vastes campagnes de vaccination; en investissant, grâce aux laboratoires de recherche publics et privés, massivement ; et surtout, en prenant le risque de se tromper, c’est-à-dire de tuer des patients en expérimentant de nouvelles pratiques, a réussi à sauver des milliards de vies humaines.
Juste quelques chiffres pour se rappeler de quoi nous parlons :

Evolution espérance de vie en France
Et ce n’est qu’un début.
Les progrès que portent les nanotechnologies, la génomique, la télémédecine… ouvrent à l’humanité la perspective de voir d’ici peu l’espérance de vie s’allonger prodigieusement.
Pourtant aujourd’hui en France, nation de Pasteur et Curie, 8 soignants sur 10 préfèrent se fier à la rumeur populaire qu’à la recommandation de l’Organisation Mondial de la Santé et de l’ensemble des Ministères de la Santé dans le monde.
Voir un médecin refuser de s’inoculer un vaccin, par confort ou parce que la croyance populaire n’y est pas favorable, est plus qu’une insulte à l’Histoire de la médecine moderne, c’est un renoncement.
Un renoncement à l’humanisme scientifique qui en dit long sur le délitement des valeurs de progrès qui menace la société occidentale.
Depuis la nuit des temps l’impôt est un instrument qui permet de prélever de l’argent pour financer une dépense publique. Rien de plus, rien de moins !
Sauf depuis quelques années. Insidieusement nos politiques sont entrain de changer la nature même de l’impôt pour en faire un instrument moral.
Un outil du dirigisme moral qui est là pour nous dire ce qui est bien ou mal. Pour châtier les méchants et imposer de nouvelles pratiques.
On taxe ainsi le méchant carbone, les méchantes banques, les méchantes antennes relais, les méchants prospectus, les méchants sacs en plastique, etc.
La fiscalité sarkozyste est la réincarnation post-modern du Gosplan à la française, de cette volonté de toute puissance des politiques qui imaginent qu’à coup d’impôts nouveaux, ils pourront planifier la croissance.
Plus personne ne se soucie du rendement de l’impôt, de son efficience.
Non, la seule chance qui compte c’est sa dimension symbolique, démagogique, qui permettra de démontrer que les politiques se mobilisent.
Et quand l’impôt n’est plus là pour financer les dépenses publiques mais pour imposer de nouveaux codes moraux c’est non seulement l’ensemble des valeurs démocratiques que l’on attaque mais le principe même de l’impôt que l’on détruit.
J’ai découvert dans le Parisien une étude publiée par la revue scientifique “the Lancet” qui démontre qu’un enfant sur trente, dans le monde occidental, n’est pas celui de son père.
Oui, vous avez bien lu.
1 enfant sur 30, soit 3% des enfants ne sont pas les fils et filles de leur père. Dément mais fondamentalement assez cohérent avec les chiffres de l’infidélité.
Alors maintenant, tentons de datavisualiser cette statistique. Imaginez…
1. Prenez une classe d’enfants qui compte en moyenne 30 enfants. Statistiquement, un des enfants de cette classe n’est pas le fils ou la fille de son père.
2. Durant votre prochain meeting avec une grosse population d’hommes en cravate, dites vous que s’il y a 100 hommes dans cette salle, il y a 3 mecs qui pensent que leurs enfants sont la chair de leur chair alors qu’il n’en est rien. Inversement 3 types ne savent pas qu’ils ont des enfants biologiques…
3. Prenez une entreprise de 200 personnes, il y a statistiquement 6 personnes qui ne sont pas les fils ou filles de leur père.
Et ainsi de suite, il y a statistiquement en France 2 millions de personnes qui se trompent en pensant que leur père est leur père et à peu près autant de pères qui s’imaginent que leur enfant est issu de leur chair.
Moi, je vois 3 conclusions opérationnelles :
- Arrêter de vous prendre la tête avec votre arbre généalogique, il est forcément faux
- Si vous le pouvez, investissez dans une boîte qui fait du test de paternité en ligne
- C’est la démonstration définitive que votre fils ou votre fille est le (la) vôtre non pas, parce qu’il ou elle est issu(e) de vos spermatozoïdes, mais parce que vous l’avez en partie élevé(e)… (c’est beau comme du Emery
)
La révolution est en marche !
Depuis quelques années maintenant, j’ai quelques doutes sur la pérennité de l’email. Mais depuis les premières démos de Google Wave, j’ai maintenant la certitude que nous allons assister à la disparition pure et simple de l’Email tel que nous le connaissons actuellement.
Vous en doutez ?
1. L’Email est une technologie ancienne de plus de 40 ans, très peu productive et surtout complètement obsolète au regard des évolutions de l’Internet.
2. Le succès de Twitter, des facebook status, de BlackBerry Messenger s’explique en grande partie par le fait qu’une part de plus en plus importante des terriens souhaite disposer d’une alternative à l’Email.
3. La chute constante et inquiétante des taux primaires en Emails marketing. En 5 ans, l’Email marketing a vu sa performance s’effondrer de près de 50 %, que ce soit en conquête ou en fidélisation.
C’est pour cela que Google Wave provoque autant d’excitation.
Voilà enfin un outil qui annonce clairement la couleur : notre mission est de remplacer l’Email !
Et ce remplacement n’est pas un simple swap technologique mais un tsunami.
Un tsunami qui risque de balayer l’ensemble des dispositifs de gestion de la relation client construit dans les dix dernières années. Si le consommateur shift et utilise de moins en moins l’Email c’est non seulement la mécanique mais l’ensemble des modèles économiques qui fondent la relation client qu’il faut revisiter.
Un tsunami qui menace l’existence des sociétés de technologies et de conseils, qui se sont développées sur l’Email marketing, et qui va nous obliger à réinventer l’ensemble de la pensée qui structure les logiques hors média.
Pour bien mesurer ce choc en préparation, il faut comprendre que l’Email n’a pas été une révolution conceptuelle pour le marketing.
Une boîte Emails n’est rien d’autre que la transposition d’une bonne veille boîte aux lettres dans le monde digital . C’est pour cela, qu’avec l’Email marketing, nous n’avons fait que radicaliser les mécaniques, qu’utiliser le marketing direct en le transposant à l’univers digital :
- Je me constitue un fichier en collectant des données,
- Je segmente mon fichier,
- J’engage une relation en personnalisant le discours, en poussant des offres et le niveau de pression
- Je contrôle ma performance en traquant mon consommateur dans un nombre limité d’univers (magasins, sites Web) et en mesurant l’effet direct de mes actions sur des éléments transactionnels.
Bref, je prends la main sur le consommateur en lui proposant des offres dans une relation unidirectionnelle.
Là, avec Google Wave (et l’ensemble des outils qui propose de remplacer l’Email) le consommateur est non seulement dans une conversation multidirectionnelle mais surtout multicanal. Depuis Google Wave, il peut engager une conversation avec une communauté d’un simple clic, transférer un message sur twitter, sur un blog, etc.
Google Wave n’est donc pas la simple transposition d’une logique qui existait dans le monde physique au monde virtuel mais l’invention d’un nouveau mode de communication radicalement inédit.
Et c’est là que Google Wave devient passionnant et extraordinairement complexe d’un point de vue marketing.
Qui peut dire comment se comportera un consommateur qui dispose d’un objet mutant pour communiquer et interagir avec ses proches ? Qui peut imaginer les ruptures dans le monde du travail qu’imposera un outil permettant une conversation multidirectionnelle ?
A ce stade personne !
Bienvenue dans un nouveau monde…
Je ne suis pas vraiment marxiste, mais force est de constater qu’il est entrain de s’installer dans ce pays une justice de classes ou plutôt une justice de castes.
Une justice de castes qui trouve normal de surveiller la vie privée des internautes mais totalement injuste et poujadiste de commenter la vie privée d’un Ministre.
Une justice de castes qui expulse en Afghanistan des migrants dont le seul crime est d’être entré illégalement en France mais qui s’indigne qu’une démocratie (la Suisse) puisse envisager d’expulser vers une autre démocratie (les Etats-Unis), une star en fuite, dont le crime est juste d’avoir pratiqué un “viol” sur mineur.
Une justice de castes qui met en place des lois liberticides basées sur la tolérance zéro, les peines planché, la perpétuité réelle pour les délinquants sexuels, mais qui s’indigne que l’opposition demande des comptes à un Ministre de la République qui reconnaît pratiquer le tourisme sexuel.
Une justice de castes où le président de la Villa Médicis écrit, sur du papier en tête de la République, à un magistrat pour expliquer qu’il entend faciliter l’insertion, avec l’argent du contribuable, de deux criminels reconnus coupables de viols avec violence sur mineurs. Criminels qui avaient pour mérite essentiel d’être les deux enfants de sa maquilleuse préférée.
Une justice de castes où le people constitue une nouvelle aristocratie.
Une aristocratie qui se plait à mettre en scène ces souffrances. Qui crie au fascisme quand elle se voit appliquer les mêmes lois et conditions de détention que le commun des mortels (cf : “Une Jeunesse Française” de Beigbeder).
Bref une aristocratie qui est entrain de faire le lit des prochaines révolutions.
Quand j’étais jeune la e.politique me fascinait. Au sens littéral du terme. C’est d’ailleurs par la e.mobilisation que j’ai découvert les BBS puis Internet.
Mais depuis 5/6 ans la e.politique me fatigue.
Je trouve qu’il ne s’y passe plus rien.
Toujours les mêmes logiques de mobilisations, de médiatisations, d’engagements, de pseudo conversations avec les élus.
Et fondamentalement, amusez –vous à regarder les sites des candidats et des partis. Et bien, vous vous apercevrez qu’il n’y a plus rien de neuf. Les campagnes de Bush en 2000 et d’Howard Dean continuent à structurer l’ensemble des dispositifs de e.mobilisation.
Et Obama me direz-vous ?
Certes Obama fut un tournant. Une capacité à utiliser avec intelligence les réseaux sociaux pour se placer au cœur des conversations.
Mais la réelle force d’Obama fut d’embarquer l’ADN de l’Internet du « Yes we can » au cœur de sa campagne. Obama fut pendant la campagne l’incarnation physique du positivisme et de la volonté de transformation messianique que porte le Net depuis sa création.
Avec le recul, je me demande si le renouveau de la e.mobilisation ne viendra pas des datageeks.
Depuis deux ans fleurit, sur le net, pléthore d’initiatives et de services qui en mettant la data au service des citoyens créent de nouveaux outils de mobilisation et de contrôle des élus.
Je me demande si l’ultime site de mobilisation ne constitue pas à générer des interfaces de datavisualization interactive pour permettre aux électeurs d’accéder à des gros sets de data. Une forme de preuve par l’exemple ultime où l’électeur peut littéralement jouer avec le projet ou le bilan d’un candidat ou d’un adversaire.
A suivre…
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