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Swarm intelligence

10 novembre 2007
par bruno walther

Au milieu des années 70 les spécialistes des phénomènes collectifs dans les sociétés animales démontrèrent que les insectes, s’ils ne disposent pas individuellement d’une grande intelligence, sont capables de créer collectivement des systèmes sociaux complexes. Sans organisation centrale, la reine ne servant que de reproductrice, sans plan, sans simulation, sans technologie, sans moyens de communication avancés, ils sont capables de construire des structures immenses et relativement intelligentes. Certaines colonies de fourmis s’étendent sur des centaines de kilomètres et présentent une organisation intelligente. Le projet global n’est donc pas programmé explicitement chez les individus fourmi mais émergent de l’enchaînement d’un grand nombre d’interactions élémentaires entre individus, ou entre individus et environnement. C’est la somme des simplicités individuelles que compose le peuple des fourmis qui créer une intelligence collective.

Les spécialistes parlent alors de « swarm intelligence ». Car l’intelligence de l’essaim est supérieure à celle de chacun des individus qui la composent. L’essaim accomplit des actions inaccessibles aux individus.

La majorité du monde animal est réglé par ce phénomène d’auto-organisation et de quête de l’intelligence collective.

Les oiseaux volent souvent en flotte. Aucun oiseau n’est capable de régler le vol de ses congénères. Pourtant, il parviennent à voler en flotte et à dessiner des mouvements, qui par sa beauté comme par sa complexité, dépasse celle de chacun de ses composants, poussant les ornitologues à certifier que la flotte est plus intelligente qu’un oiseau isolé.

Il en est de même pour les poissons qui forment des bancs, les herbivores des troupeaux, les carnivores des meutes, les abeilles des essaims.

Il est très rare de trouver dans la nature, ou dans les organismes biologiques, des fonctionnements réellement pyramidaux.

Simplement, parce que ce mode est non viable. Si, par exemple, nous appliquions un mode d’organisation pyramidale à l’organisme humain, cela reviendra à ce que l’ensemble des cellules du corps en réfère au cerveau avant de réagir. Nous serions littéralement incapables de bouger et de penser.

Il est en de même pour les entreprises qui doivent gérer des flux d’informations, faire preuve de création et d’innovation.

Les organisations hiérarchiques, au sens classique du terme, sont structurellement inadaptées aux mutations. Incapables d’absorber les nouveautés. Les informations doivent remonter en haut de la pyramide avant de redescendre. C’est une perte de temps, d’efficacité qui affecte le potentiel créatif et la profitabilité des agences. C’est pourquoi les agences de communication traditionnelles qui reposent sur des modes hiérarchiques ne sont pas efficientes. Elles démotivent, freinent la création, fractionnent le mode de pensée, enferment les gens dans des fonctions et transforme des entreprises de création en structures bureaucratiques.

Les entreprises de création performantes l’ont d’ailleurs compris.

Dreamworks n’inscrit pas les titres de ses employés sur les cartes de visite et fonctionne en « mode projet » plutôt qu’en « mode hiérarchique ». Les entreprises comme Microsoft et Google s’organisent, en apparence, selon un modèle traditionnel d’arbre hiérarchique, dans les faits, les employés travaillent plus par projet que sous les ordres d’un chef désigné. Des équipes se forment et se déforment sans cesse.

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