Publié par bruno walther sur janvier 22, 2008
Google, en fait, c’est la Monarchie de Juillet en plein vingt-et-unième siècle.
La Monarchie de Juillet ? Si, si, rappelez-vous…
A la suite des émeutes parisiennes des 26, 27 et 28 juillet 1830 (Trois Glorieuses) qui mettent fin au règne de Charles X et à la Restauration, les Orléans succèdent aux Bourbons, et surtout le Roi n’est plus le Roi de France mais le Roi des Français. La Monarchie de Juillet s’effondrera 18 ans après, en février 1848.
Cette période unique dans notre histoire sera marquée par une croissance économique sans précédent, avec le début de la révolution industrielle et un foisonnement artistique et philosophique.
Un peut court comme explication, me direz-vous ?
Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est que la Monarchie de Juillet est marquée par un discours issu des idéaux de la révolution, une référence permanente à la citoyenneté, au peuple mais qui, dans le même temps, mène une politique sociale d’ordre et de maintien des privilèges…
Et surtout, derrière un discours parlementarisme, la Monarchie de Juillet est d’abord une démocratie censitaire. Seuls les plus instruits et les plus riches votent.
Google, à l’instar de la Monarchie de Juillet, a un discours révolutionnaire (sur l’écologie, contre les fonds de pension, pour la désintermédiation), mais développe des pratiques qui n’ont qu’un seul objectif, renforcer sa domination, étendre son empire et augmenter son taux de marge.
Google, à l’instar de la Monarchie de Juillet, pratique la démocratie. L’outil de recherche permet aux sites web de voter (via les “links”) pour un autre site. Ainsi Google applique une logique démocratique à la recherche et à l’indexation. Mais comme la Monarchie de Juillet, pratique la démocratie censitaire : le vote des plus riches (en audience) est sur-ponderé par rapport aux votes des pauvres (les sites sans trafic).
La Monarchie de Juillet avait les attributs, le discours d’un régime moderne tout en recourant aux pratiques de l’ancien régime. C’est pour cela qu’elle s’est effondrée malgré un contexte économique et géopolitique très favorable.
Mon point est de savoir si Google, à force de développer une arrogance et des pratiques de mastodontes, sera s’adapter réellement à la société post-industrielle et survivra à la révolution de la widgetisation.
Cet article a été publié sur janvier 22, 2008 à 8:02 et est classé dans web 2.0, world is flat.
Taggé: google, histoire, web.
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