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Jérôme Kerviel : du gamer au trader

28 janvier 2008
par bruno walther

Les pertes enregistrées par Jérôme Kerviel et l’univers du trading aujourd’hui montrent les limites d’un système où le trader est transformé en gamer.

Face à des écrans de contrôle, il manipule des sommes astronomiques, mais virtuelles, et utilise, comme dans un gameplay, des « astuces » pour couvrir ses pertes ou gagner des points de vie.

La manière dont Kerviel a couvert ses pertes, en utilisant les codes des contrôleurs du back office pour créer des comptes fictifs, a un méchant goût de « codes triche ». C’est un peu comme un joueur de SimCity qui met sa ville en faillite et trouve un code triche pour effacer ces pertes.

La dimension addictive du joueur fou qui n’arrive pas à se déscotcher de l’écran et à admettre sa perte a un côté serial gamer qui se dit que seul contre tous il va se créer une autre vie.

Le fait le plus étonnant est, qu’en cachant ses pertes comme ses gains, Jérôme Kerviel n’a tiré aucun bénéfice immédiat ou concret de ses prises de positions. Son seul bénéfice a été une forme d’ego trip de gamer qui se dit que dans son univers virtuel il est un super héros. Un vrai truc de gamer.

Avant d’être la perte d’un trader, la perte de Jérôme Kerviel est la perte d’un sérial gamer. C’est à se demander si les banques ne devraient pas inventer des outils pour détecter les comportements de gamer et tout faire pour rendre l’univers de travail (la salle de marché, les écrans de contrôle…) moins virtuel et moins proche de l’univers du jeu vidéo pour les rapprocher de la vraie vie…

Un commentaire leave one →
  1. 18 septembre 2008 8 08 24 0924

    Bonjour,

    il faut lire le journal de Jérôme Kerviel en librairie le 22 septembre

    cdlt

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