Je sais qu’en France il est de bon ton de participer à des comités pour la libération d’Ingrid Betancourt. Il est vrai que le sort d’Ingrid Betancourt est terrible. Sa souffrance sans limite. Sa lettre bouleversante.
Pour autant, j’ai le sentiment qu’afficher le portrait d’Ingrid Betancourt devant des mairies, pétitionner et militer dans des comités “Betancourt” est certainement un acte boboifiquement correct mais politiquement absurde. Paradoxalement, plus ces comités mobilisent, pétitionnent et militent, plus ils fragilisent la possibilité d’une sortie de captivité pour Ingrid Betancourt. Je sais cela vous choque, une pareil pensée est, en France, politiquement innaceptable…
Pourtant c’est indéniable. Les comités et l’agitation médiatique autour d’Ingrid Betancourt prolonge son calvaire. Simplement parce qu’en se mobilisant, les comités et les stars augmentent la valeur marchande d’Ingrid Betancourt. Ils font d’Ingrid Betancourt un enjeu de politique internationale.
Les FARC, organisation communiste et terroriste, tuent, massacrent, exploitent et enlèvent depuis près de 50 ans dans une relative indifférence de la communauté internationale. Mais depuis qu’ils détiennent la franco-colombienne, les FARC sont devenus une organisation internationalement connue, ils sont dans les agendas des grands rendez-vous internationaux.
Comble, la France se mobilise et fait pression sur le président colombien pour qu’il négocie avec une organisation terroriste qui n’hésite pas à enlever et à enfermer dans des caves des enfants de 3 ans. Avouons-le, la pression et la mobilisation française est contre productive et immorale.
En jouant la carte de la négociation et de la compassion, la France tente de faire croire aux FARC qu’ils pourront, grâce à Ingrid Betancourt, bénéficier d’une zone démilitarisée. Autant dire qu’avec cette perspective en ligne de mire, les FARC ne libéreront pas leur plus célèbre otage. Rappelons nous juste l’état de la Colombie, le niveau de la criminalité, la puissance des FARC quand le gouvernement qui précedait Uribe avait accordé au FRAC une zone démilitarisée. Soyons clair, les FRAC n’auront jamais plus une zone demilitarisée en Colombie.
Devons-nous pour autant accepter l’inacceptable ?
Tolérer la barbarie des FARC et oublier Ingrid Betancourt ?
Non !
Mais peut-être qu’en regardant un peu plus la société civile colombienne, nous pourrions être un peu plus lucides sur les actions que la société civile française peut engager.
L’enjeu n’est pas tant pour les Français de faire pression sur le gouvernement démocratique d’un pays libre, la Colombie, que de voir un jour Ingrid Betancourt libre.
La société civile colombienne est exemplaire. Elle lutte, comme un seul homme, contre la barbarie FARC. Elle affiche une unité exceptionnelle en faveur d’un combat militaire, sans merci contre les FARC. Nous n’avons pas d’autres options que les armes pour lutter contre les FARC.
La société colombienne se mobilise, en dehors des partis, pour montrer que la Colombie est profondément anti FARC. Il y a quelques semaines, la Colombie a été la première nation à utiliser Facebook pour organiser une mobilisation citoyenne massive. En utilisant, les groupes et les outils de mobilisation, la société civile colombienne a réussi à se mobiliser et à organiser une méga manifestation réunissant des centaines de milliers de citoyens dans le centre de Bogota.
J’entends certains Français parler de solution politique ou de solution humanitaire. Mais sérieusement, quelle option politique avons-nous face à une organisation qui pratique le terrorisme et la terreur de masse depuis 50 ans, qui ambitionne d’instaurer la dictature du prolétariat en Colombie et qui est devenue une des plus grande organisations narco-criminelles au monde ?
Strictement aucune ! Pouvons-nous sérieusement demander à la Colombie la création d’une zone démilitarisée. C’est ce que le gouvernement social démocrate, avant Uribe, avait décidé de faire. La conséquence a été catastrophique. Forts de leur immunité, les FARC ont multiplié les prises d’otages, le trafic, les attentats.
La société française devrait, à l’instar de la société civile colombienne, se mobiliser pour une lutte ferme contre les FARC. Nous pourrions concrètement aider à la libération d’Ingrid Bettancourt en démontrant aux FARC que détenir une citoyenne française est un mauvais calcul politique et militaire.
Nous devrions pousser le gouvernement de Nicolas Sarkozy à fournir une aide militaire au gouvernement d’Uribe pour lui permettre de gagner la guerre contre les terroristes FARC.
Nous devrions pousser notre gouvernement à ne plus tolérer la présence de militants ou sympathisants Farc sur notre territoire. Et oui, la France est une base arrière des FARC. Une zone de repli pour les dirigeants Farc. Et oui, vous avez probalement croisé un salopard de FARC dans un restaurant ou dans le métro.
Nous avons les moyens de les identifier, de les arrêter et de les livrer au gouvernement colombien. Là est la solution : arreter les dirigeants à FARC à Paris et les échanger contre Ingrid Betancourt.
Ingrid Bettancourt ne sera libre que quand les FARC auront intégrer que sa captivité présente pour eux un coût politique, militaire et logistique insupportable.