Sarkozy est en train, bien malgré lui, de sauver la presse écrite.
Sarkozy aura fait vendre cette année 110 millions d’exemplaires en plus à la presse hebdomadaire. Soit une progression, en moyenne, des ventes de plus de 6 %.
C’est juste phénoménal. C’est une manne de recettes supplémentaires mais c’est surtout, pour les titres hebdos qui vivent beaucoup de la publicité, des arguments solides pour maintenir un bon niveau de parution presse dans le mix marketing des annonceurs.
« Marianne », qui multiplie les unes sur Sarkozy et s’est construit un habile positionnement antisarko, aura fait décoller ses ventes de 34,9 %.
Bizarrement, je ne suis pas certain que Sarkozy rende service à la presse écrite. En boostant les ventes des titres de presse, il ralentit la nécessaire transformation d’une industrie, la presse écrite, condamnée à faire évoluer très rapidement son business modèle et ses méthodes de travail.
Un exemple dans la même édition du Figaro, où j’ai trouvé cette information dans les pages « Economie et médias » et quelques pages plus loin dans le cahier saumon. J’y découvre, à ma grande stupéfaction, que le groupe Ziff Davis est en redressement judiciaire, acculé, riche de dettes. Les recettes publicitaires des hebdomadaires de Ziff Davis se sont évaporées et ce monstre sacré ne résistera probablement pas au choc de l’internet.
Les vraies questions pour les hebdomadaires sont de savoir comment ils vont résister à la montée en puissance des contenus interactifs et réussir à convaincre les annonceurs à maintenir leurs investissements publicitaires ?
Vous me direz, ce n’est pas compliqué. Ils vont basculer une partie de leur contenus en ligne, muscler leurs sites web.
Certes, c’est ce que les hebdomadaires commencent à faire. Mais le net n’est pas une question de bascule, mais de culture.
L’enjeu pour les hebdomadaires va être de comprendre le rythme et le style du net. Et je ne suis pas certain que les journalistes traditionnels arrivent à comprendre les codes de l’internet, sachent intégrer qu’il vaut mieux utiliser telle typologie de mot, avoir telle structure de phrase pour être plus facilement « google friendly »…
Bref, Sarkozy est aux hebdomadaires ce que le soin palliatif est aux cancéreux en phase terminale, une thérapie pour quitter ce monde avec le moins de souffrances et le plus de dignité possibles…




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