Fin d’un monde
C’est peu de dire que nous sommes en train de vivre, avec l’implosion du système financier mondial, un moment historique.
Une époque charnière où tout se re-dessine très vite.
J’ai le sentiment que les subprimes vont nous faire rentrer dans un nouveau monde.
Je m’explique :
Schématiquement, nous avons vécu trois grandes séquences historiques en termes de macro-économie.
La première, avec l’essor industriel, fut marquée par les économistes classiques et leurs contradicteurs. Ce fut un système marqué par des crises de surproduction à répétition qui a littéralement explosé en 1929.
Très vite, les économistes keynésiens ont compris que pour sortir des crises de surproduction il fallait une politique de la demande. De Roosevelt à Ford, les plans de relance furent marqués par une volonté farouche de booster la consommation en transformant le prolétaire en consommateur : grands travaux, augmentation général des salaires, partage des fruits du progrès. Ce fut le développement prodigieux de la société de consommation, le règne de l’état roi, de l’économie régulée avec l’inflation comme corollaire.
Ce modèle a implosé avec le choc pétrolier. L’école de Chicago et des leaders politiques comme Reagan et Thatcher ont très vite compris la limite du modèle keynesien dans un contexte de crise pétrolière. Ce fut le règne de la dérégulation et de politiques monétaires fortes. Avec comme conséquence positive, une formidable globalisation des échanges et des moyens financiers inouïs pour financer l’innovation. Et comme conséquence négative, une financiarisation inédite de l’économie et une explosion des inégalités. Puis vint la crise des subprimes qui, avec la titrisation à tout va de l’économie a contaminé l’ensemble du système financier.
Il est clair qu’aujourd’hui nous assistons à la fin de cette séquence historique initiée par Milton Friedman et nous apprêtons à plonger dans un nouveau monde…




Analyse juste, mais malheureusement, dans tout ce qu’on entend actuellement sur le sujet, il n’y a aucune remise en cause du système, seulement des solutions ponctuelles, d’une ampleur considérable, certes, mais ponctuelles.