Les plans de relance sont-ils finançables ?
Jeudi 11 décembre, l’Allemagne n’a réussi que de justesse à boucler une adjudication, pourtant modeste, de 7 milliards d’euros sur 2 ans.
Pourtant l’Allemagne présente l’une des plus belles (des plus sures) signature d’Etat. C’est d’autant plus spectaculaire qu’en temps normal ce type d’adjudication, avec ce niveau de qualité dans la signature, est souscrit plusieurs fois.
Cet événement qui me semblait anecdotique marque probablement un basculement majeur dans la crise que nous traversons.
Premièrement, l’ensemble des plans de relance partent d’un présupposé : la signature des états permet à ceux-ci de lever autant de liquidités qu’ils le souhaitent. Si l’Allemagne peine à boucler une adjudication de 7 milliards, imaginez ce qu’il se passera demain lorsque la Grèce tentera de faire appel aux marchés.
Deuxièmement, cette difficulté, nouvelle pour les états, à se financer, va inévitablement peser sur les taux d’intérêts et rendre ces plans de relance plus couteux.
Et enfin, et c’est le point le plus important, les états européens envisagent de lever près de 1 000 milliards de dollars pour se financer en 2009. Les Etats-Unis, quand à eux, prévoient de lever 2 000 milliards de dollars. C’est-à-dire que c’est près de 3 trillards de dollars que les états occidentaux (Europe + Etats-Unis) ont aujourd’hui prévus de lever en 2009.
Dans le contexte économique actuel, il semble que, malgré la signature des états, les grands investisseurs ne soient plus prêts à souscrire aveuglement à des emprunts massifs édités par des états qui devront faire fasse d’un côté à une baisse massive des rentrer fiscales et de l’autre à des garanties d’état de plus en plus élargies.
Ce qui était juste inimaginable avant le 11 décembre, devient aujourd’hui une hypothèse de travail. Il est aujourd’hui envisageable que les états n’arrivent à lever les liquidités dont ils ont besoin pour financer leurs plans de relance et leurs déficits.



