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Twitter domine structurellement Google

8 janvier 2009

Google comme Twitter ont en commun d’avoir développé une approche totalement révolutionnaire de la recherche d’information sur le Net. C’est pour cela que je pense que Twitter est aujourd’hui une application aussi prometteuse que le fut Google en son temps.

Petit retour en arrière.

A la fin des années 90, Internet était un chaos informationnel sans nom. Tous les sites avaient vocation à faire tout et n’importe quoi. Yahoo en fut l’exemple paroxystique avec une home page aussi digeste qu’une tartine de peanut butter. Dans la folie de la bulle Internet, les sites se focalisaient sur la production de contenu, leur volonté première était une version informationnelle du « all you can eat » des complexes hôteliers bas de gamme nord-américains.

Dans ce chaos et cette fuite en avant, Google s’est développé avec une mission structurante : aider à mieux organiser Internet pour rendre la recherche d’information plus simple et lisible.

Google a développé une approche froide, algorithmique, et à l’époque totalement révolutionnaire, pour tenter de sortir l’Internet de son chaos informationnel. En développant une page dépouillée d’artifices graphiques (une révolution à l’époque), en misant uniquement sur l’indexation algorithmique de l’Internet, en développant des modèles mathématiques comme le page rank, Google s’est imposé comme le grand architecte de l’Internet.

Depuis, on ne compte plus les efforts des géants comme Yahoo, Microsoft, AOL et des start-up surfinancées pour tenter d’offrir une alternative à Google.

Depuis presque 10 ans, Google était LA solution de recherche la plus performante de l’Internet. J’utilise volontairement l’imparfait parce que je ne pense que ce soit le cas.

Dans ma vie numérique, comme beaucoup d’internautes, je constate que Twitter est aujourd’hui nettement plus performant et intelligent que l’algorithme Google.

Et je pense que c’est durable car la supériorité de Twitter sur Google est organique, je dirais même plus, philosophique.

Quand vous faites une recherche sur Google versus une recherche à l’aide d’un tweet, en réalité vous affrontez deux visions du monde, deux approches radicalement différentes de l’organisation de la société.

En ce sens, Google a une vision quasi cabalistique de l’Internet : derrière le chaos se cacherait une vérité qu’une approche mathématique permet de révéler. Tout n’est qu’algorithme.

Twitter quand à lui met en mouvement l’intelligence collective. Et c’est en cela que Twitter est révolutionnaire. Twitter n’a pas cherché à créer un moteur d’indexation de plus, mais à donner corps à l’ensemble des concepts de swarm intelligence développés dans la seconde moitié du vingtième siècle.

Twitter est donc structurellement plus pertinent que Google. Parce que la somme des expériences et des intuitions, bref des intelligences humaines constituées par vos followers, sera toujours supérieure à un algorithme, aussi puissant qu’il soit, supporté par des dizaines de milliers de serveurs.

C’est pour cela que je pense que des applications comme twitter, ou des applications basées sur le même socle philosophique, vont à moyen terme dominer Google.

12 commentaires leave one →
  1. 8 janvier 2009 10 10 12 0112

    Sauf que pour utiliser Twitter de cette manière, cela présuppose tout de même d’avoir construit en amont un réseau solide de contacts.

    Réseau qui d’ailleurs a souvent tendance à être assez spécialisé. J’ai plein de journalistes, de blogueurs hi-tech, d’informaticien, de designers… Mais si je recherche une information sur la médecine ou la Renaissance ??? De ce point de vue, la polyvalence de Google reste infiniment appréciable.

  2. 8 janvier 2009 10 10 17 0117

    Bonjour,
    David Armano est l’auteur d’un blog Logic+Emotion : les 2 approches dont tu parles.
    Il vient de publier un billet ‘Human feed’ où il présente Twitter comme un algorithme humain, parmettant de faire ressortir le signal au milieu du bruit que même Google n’arrive plus à distinguer.
    L’adresse ici : http://darmano.typepad.com/logic_emotion/2008/12/the-human-feed-how-twitter-networks-filter-signal-from-noise.html
    Et un petit coup d’oeil là : http://www.identites-numeriques.net/05-01-2009/le-filtre-humain

  3. 8 janvier 2009 10 10 31 0131

    Je crois que Bruno parlait de search.twitter.com, comme par exemple : http://search.twitter.com/search?q=Renaissance

    Pas obligé de se créer un gigantesque pool de contact pour chaque topic… il suffit de monitorer…

    Je suis complètement d’accord avec l’article en effet bien que chaque système a ses propres limites, Twitter apporte sa propre approche plus humaine, tout comme le fait de surveiller des TAGS sur delicious.com cela permet d’avoir une information validée par une process humain, très différent d’un page rank… de plus la notion de positionnement d’un tweet dans le temps lui ajoute une autre dimension.

  4. 8 janvier 2009 10 10 35 0135

    Je suis d’accord avec Laurent Suply.

    La définition donnée par ce billet colle davantage à Yahoo answer, à mon sens, et plus globalement au concept du turc mécanique.

  5. 8 janvier 2009 11 11 59 0159

    je partage l’opinion de l’auteur du billet, cependant je n’opposerais pas les 2 approches, elles sont complémentaires, l’une ne remplaçant pas l’autre. Et oui, clairement summize/search.twitter apporte un nouvel usage qui pour le moment échappe complètement à google search.
    /laurent

  6. 8 janvier 2009 12 12 11 0111

    Je pense que Bruno touche du doigt quelque chose d’important. Son billet et son expérience personnelle se rapprochent de celle de Jason Calacanis pour la création de Mahalo.
    Calacanis reste dans une approche site alors que Bruno a une approche médias sociaux. Le réseau est important et plus important je pense. Le défaut du projet de Calacanis comme celui de Yahoo Answers est que je ne connais pas les experts. Pour prendre l’exemple de Laurent Suply, sur la médécine et la renaissance. Les membres de nos réseaux ne sont pas unidimensionnels. Par exemple, si je m’y connais un peu en politique et Internet entre autres, j’ai aussi malheureusement développé une certaine compétence SNCF plus récemment. Et, je suis de formation historien ce qui me permettrait de vous orienter pour vos questions sur la renaissance. Concernant la médecine, je vous renverrais vers ma femme qui est aussi sur twitter et vous apporterait une réponse. C’est un peu comme la théorie des six degrés de séparation, et je ne me rappelle plus du nombre réel et inférieur qui a été démontré depuis, cela paraît très abstrait mais quand on y joue, cela donne le vertige. Ici la taille des réseaux personnels et l’implication au sein de ceux-ci vont devenir déterminants mais on ne sait pas encore où et avec qui.

  7. 8 janvier 2009 18 06 32 0132

    Mon point est juste que je trouve Twitter structurellement plus pertinent que Google, car l’intelligence humaine (qui est derrière chaque followers) est structurellement plus pertinente que l’intelligence d’un robot d’indexation.

    Pour ce qui est du réseau, c’est vrai que pour être efficace il faut disposer d’un réseau puissant. Mais regardez le grand public sur facebook, où en moyenne les gens ont bien une centaine d’amis, ce qui est largement suffisant pour faire vivre une intelligence collective. Par exemple, ma fille et ses copines utilisent les status de facebook pour s’entraider avec leurs devoirs.

    Pour ce qui est de l’hyper spécialisation sur des sujets pointus, c’est vrai que c’est une lacune de twitter. Mais mon expérience personnelle est qu’à chaque fois que j’ai eu besoin d’une réponse pointue, à priori éloignée des sphères de compétence de mes followers, j’ai toujours eu un follower qui m’a orienté vers un individu utilisant twitter et possédant l’expertise que je recherchais, et retweetant dans sa communauté ma recherche.

  8. 9 janvier 2009 11 11 31 0131

    J’adhère dans les grandes lignes. L’intelligence collective, ainsi que le reflexe qui consiste à croire beaucoup plus ses propres contacts ainsi que ceux des autres, met beaucoup plus de poids dans les Twitter, FriendFeed, StumbleUpon et autres.

    Il reste à guetter les prochaines étapes de Google, qui ne se laisse pas dépasser par les évenements et par les véritables innovations comme les autres mastodontes que sont Microsoft et Yahoo.

  9. 18 janvier 2009 14 02 58 0158

    C’est clair que si t’as que des glands dans tes followers, tu peux toujours t’accrocher pour trouver des infos sur l’origine des météorites !

Rétroliens

  1. links for 2009-01-10 — Chroniques du web
  2. Twitter own Google | taggle.org
  3. Hecube - réseau social

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