Mes nuits avec Guillaume Pépy
Durant les quatre derniers jours, j’ai passé deux nuits torrides avec Guillaume Pépy.
Bizarre me direz-vous ? C’était la seule manière pour aller rejoindre ma femme et mes enfants en vacances de ski au fin fond des Alpes du Sud.
Personnellement, je ne suis pas un fan des trains, j’ai même, à force de suivre @xmoisant, une certaine suspicion à l’égard de la SNCF et l’idée de dormir dans un train ne m’enchante guère. Mais rejoindre sa femme et ses enfants au ski mérite bien quelques sacrifices. D’autant que mes enfants souhaitaient que nous fassions la descente de leur flèche, jeudi à 13h30, ensemble.
Donc, je me décide à prendre un train couchettes.
Ma première nuit avec Guillaume Pépy : nuit de mercredi à jeudi
Première nuit avec Guillaume Pépy. Après un dîner en forme de Bérézina au buffet de la gare d’Austerlitz, je partage ma couchette avec un type qui passe deux nuits par semaine dans une couchette. Et oui, c’est possible. Il travaille à Paris et rentre toutes les fins de semaine dans le Queyras. Grâce à cette merveilleuse invention qu’est le casque Bose, je m’endors et passe une nuit correcte.
Vers 6h20, j’entends des bruits bizarres. Oups, je découvre que nous ne sommes pas très loin de Valence. La locomotive diesel vient de rendre l’âme. Aucune information aux voyageurs. Nous descendons du train. Le chef de gare est derrière sa vitre blindée et distribue des attestations de retard. Pas un café, ni une bouteille d’eau offerte. Juste rien dans un train blindé de familles. Il nous dit vaguement qu’il faut minimum 3 à 4 heures pour avoir une nouvelle loco diesel. En rade. Le type avec qui je voyage, qui est visiblement le Xavier Moisant de la ligne Paris – Besançon, me dit, fataliste “cela arrive minimum une fois par mois. Nous aurons entre 4 et 9 heures de retard”
…
7h10, j’appelle le service assistance de ma carte de crédit. Miracle, il me trouve une voiture pour rallier ma station de ski (qui se trouve à 250 km de là, via des petites routes de montagne).
8h, j’abandonne le train et prends une voiture qui me dépose à 11h30 sur les pistes de ski et peux faire la descente chronométrée que j’avais promise à ma fille. Les miracles des systèmes d’assistance ! Si j’étais resté à bord du train, je serais arrivé à 15h30 sur les pistes. Le truc bizarre, j’ai proposé à d’autres voyageurs de me suivre et visiblement ils faisaient confiance à la SNCF pour arriver à destination…
Le truc incroyable, vu le nombre de retards et de pannes de la SNCF, nous pourrions imaginer que le service assistance de la SNCF ait développé une expertise d’assistance forte, mais il n’en est rien. La SNCF a été incapable de proposer aux voyageurs un système de transports alternatifs (mise à disposition de bus, de navettes, location de taxis collectifs, ou que sais-je). V
Ma deuxième nuit avec Guillaume Pépy : nuit de samedi à Dimanche
Samedi soir, je reprends le train. Là, je voyage avec ma famille plus deux couples d’amis. C’est sympa, nous sommes 6 adultes et 10 enfants (enfin sympa pour nous, pas pour les voisins).
En arrivant à la gare, je me rends compte que ma femme, mes enfants et mes amis voyagent sur un train partant à 20h46 alors que je prends un train partant à 21h16. Je me dis que je suis peu chanceux.
20h50, première déconvenue : ma femme est dans le train et constate que le wagon est vide. Elle tweet l’info. La possibilité de bloquer des places sans les acheter sur voyage-sncf.com est une vraie catastrophe. C’est un système Yeld managment à l’envers. Bref, à cause d’un système de réservation défaillant, je me trouve dans un autre train. Et grâce à Twitter, je sais que j’aurais pu dormir avec ma femme et mes enfants. J”ai une grosse envie d’embrocher le CTO (enfin s’il existe) de la SNCF.
21h17, deuxième déconvenue : je suis dans le train. Incroyable, il est tout droit sortie des seventies. Mais là, la rame est tellement vieille que cela en donne presque un côté vintage. Une moquette seventies qui aujourd’hui est hyper trendy (mais bon les mecs n’ont pas changé la moquette depuis 35 ans !). Aucun service à bord. Je me bats avec une sorte de sac à saucisse qui doit me servir de couverture. Bref, mon pote cardio m’a filé un somnifère, je teste la chimie et je dors comme un bébé.
08h05, je dors toujours comme un bébé (vive la chimie), beaucoup de bruit dans le couloir, je me réveille. Bizarre, nous devrions être arrivés à 7h17, mais le train roule toujours. Aucune information passagers. J’allume mon iPhone et tweet le retard. Ma femme me retweet en m’expliquant les causes du retard : incident passager. Son train était à l’heure et elle a lu l’information en gare d’Austerlitz.
08h20, message radio diffusé dans le train par le contrôleur : “le train est en retard à cause d’un incident passager, vous ne serez donc pas remboursez.” Point final, ni bonjour, ni pardon… Là, c’est tellement énorme que je me demande si je ne suis pas en pleine hallucination, mais non mes voisins de cabine confirment.
9h, j’arrive à Austerlitz avec presque deux de retard. Et sur le quai, à votre avis, un café, un mot d’excuse, … ? Non, des cheminots avec des brassards “en grève” !
J’ai donc passé durant les 4 dernières nuits, deux nuits dans mon lit avec ma femme et deux nuits dans les couchettes de Guillaume Pépy.
Les deux trains que j’ai pris avaient entre 2 et 8 heures du retard. C’est-à-dire que pour un trip de 48 heures, la SNCF vous sert 10 heures de retard. Et tout cela sans excuse, ni café ou sandwich servi. Juste rien. Même pas un mot d’excuse.
Et vous savez ce qui m’a le plus choqué dans ce périple : la docilité des usagers. Ils vous disent c’est normal les trains sont vieux, les motrices datent des années 60, le personnel de la SNCF est démotivé. Rien, pas un cri, pas une protestation…
Plus rien ne les choque…
Ma conclusion : plutôt que de dépenser de l’argent à faire des campagnes de pub totalement en décalage par rapport à la réalité de la SNCF, et à passer son temps à créer de nouvelles marques, plus ridicules les unes que les autres : Lunéa, ID TGV, Transilien etc… la SNCF ferrait mieux d’acheter des rames et des motrices neuves et de sous-traiter l’assistance passagers à une entreprise dont c’est le métier.
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Pourquoi condamner la publicité et le marketing ? C’est complètement absurde. Les retards et les déconvenus de la SNCF ne sont pas dûs à un repport d’investissement sur des actions marketing !
Et puis, qu’est ce qu’une campagne de pub en accord avec la réalité d’une entreprise ? un documentaire ? un reportage ? un tract syndical ? et qu’est-ce que la réalité d’une entreprise comme la SNCF aujourd’hui : ses difficultés sociales, la vétusté de son institution et de ses installations…penses-tu vraiment qu’une telle peinture servirait la SNCF ?
Le marketing et la publicité sont là pour vendre le produit. Les recettes des ventes quant à elles sont censées l’améliorer. Elimine le premier maillon de la chaîne et ton produit déclinera ce qui dans le cas d’une entreprise comme la SNCF, entreprise de service public, une intervention plus grande des deniers de l’état, donc de nos impôts. Une solution non satisfaisante. Alors quelle solution ? la privatisation ? Oui…mais pas sans marketing !
A mon avis :
1. le marketing de la SNCF est tellement décalé avec la réalité du produit que c’est juste contre productif de bastonner dans les médias…
2. plutôt que de mettre de l’argent dans l’imposition d’un message publicitaire, la SNCF devrait mettre de l’argent dans la qualité du produit (c’est à dire les rames, motrices, accueil en gare)
3. non seulement le nombre de marques filles de la sncf est un peu ridicule mais la copie publicitaire par exemple de transilien est totalement en décalage avec la vie d’un usager des trains de banlieue…