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Vers un marketing de la complexité

29 juin 2009

Depuis la naissance des grandes théories du marketing et de la publicité, le monde en général et le consommateur en particulier se sont hyper complexifiés.

Cette complexité est aujourd’hui reconnue par l’ensemble des acteurs de la communication et du marketing comme un état de fait.

Mieux elle nous sert de valeur explicative à des phénomènes que nous ne comprenons ou n’anticipons pas.

Dit autrement et plus désagréablement, nous nous protégeons derrière la notion « floue» de complexité des systèmes pour ne pas chercher à en comprendre les mécanismes profonds. Pour, par exemple, ne pas rechercher et démontrer mathématiquement les interrelations et les corrélations qui structurent et explicitent la complexité des nouveaux mécanismes de communication et de consommation.

Pourtant cette compréhension est possible.

Depuis les grandes découvertes des années 70, sur la biologie moléculaire et les travaux autour des sciences de l’information et de la cybernétique, s’est développée une discipline dite de la « science de la complexité ».

Cette discipline fédère des scientifiques issus de la biologie, de l’économie, de l’informatique, des mathématiques, des sciences humaines au sens large, qui cherchent à produire des modèles pour traiter les énormes quantités de données que ces disciplines engendrent. Ces modèles qu’ils soient quantitatifs ou semi quantitatifs, explicatifs et prédictifs ou heuristiques et génériques, se sont formidablement enrichis au cours de la dernière décennie.

Grâce aux outils d’informatique, nous avons à notre portée des automates booléens puissants qui nous permettent non seulement d’expliquer mais en partie de prédire les nouveaux phénomènes de communication et de consommation. Mieux nous disposons aujourd’hui de modèles théoriques sur les notions d’auto organisation que nous pouvons coupler avec des automates booléens puissants.

Bref, nous avons aujourd’hui, des outils conceptuels et techniques pour anticiper, prédire et comprendre la complexité des systèmes d’information au sens large (formation de l’opinion, adoption des réseaux sociaux, nouveaux comportements, fixation des prix…)

C’est un paradoxe mais alors que l’un des métiers des acteurs de la communication est d’anticiper, gérer et produire et donner du sens à des flots d’informations nous n’avons pas encore intégré au cœur de nos pratiques les sciences de la complexité.

Les acteurs de la communication sont souvent déconnectés des labos de recherche, absents des rencontres académiques autour des sciences de la complexité.

Ma conviction est que nous avons besoin de faire naître un marketing de la complexité, où se retrouveraient mathématiciens, informaticiens, physiciens, biologistes, sociologues, psychologues, statisticiens, économistes et créatifs…

Un marketing qui sera en situation de refonder les modèles et grandes règles du marketing autour d’approches plus pointues, précises et technophiles.

5 Commentaires laisser un →
  1. 29 juin 2009 18 06 25 0625

    Je suis 1000000% d’accord !
    D’ailleurs, à ce propos, relisez mon livre : Science et Communication font-elles bon ménage ?

    Henri K
    Vice-Président du Cercle du Marketing Direct
    et aussi… Docteur en Mathématiques appliquées à l’Économie !

  2. Anonyme lien permanent
    29 juin 2009 20 08 27 0627

    Certe, le monde s’est complexifié, et les gens aussi, avant ils n’avaient qu’u bras et un cerveau avec 2,75 neurones dans le meilleur des cas. Vraiment bien vu, les gens intelligents.

  3. 10 juillet 2009 19 07 30 0730

    Je trouve ici bien des idées (floues ou complexes?)que je ne formule pas: pour qui? Des annonceurs en mal de réassurance, qui n’engagent de dépenses que pour des solutions “simples et efficaces”? Des agences en mal de marge qui rechignent a investir en “temps homme” sur la veille et la réflexion? Pour quoi? Vendre plus ou vendre mieux?
    J’ai dans l’idée que les systèmes complexes pousseront naturellement entreprises et consommateurs a devenir plus intelligents… Je l’espère. Aller vers un marketing du complexe, c’est tenir compte de la liberté et de l’intelligence de l’emetteur et du recepteur (pour autant que ces deux notions ne soient pas déjà mortes). Une nouvelle utopie du dialogue entre l’offre et la demande? Il est effectivement urgent de mettre la question en chantier… Mais qui financera la recherche ;) ?

  4. 15 juillet 2009 8 08 12 0712

    la question du financement et de la place de la R&D dans les agences est centrale.

    Il est vrai qu’il y a urgence à réinventer le dialogue entre l’offre et la demande.

    • 16 juillet 2009 13 01 34 0734

      Inventer la R&D comme le fait cette agence http://www.ideo.com ?

      Réinventer un dialogue entre offre et demande ? Paradoxe ?
      L’innovation (=offre) n’est-ce pas savoir anticiper la demande ?
      Tout l’art de créer l’offre afin de créer la demande…

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