epolitique failure
Back to the future. En rangeant un carton, j’ai découvert, une contribution écrite pour un congrès de Génération Ecologie en 1994. Le titre m’a fait sourire : « Le cyberespace nouveau territoire de l’engagement politique ».
Bizarrement je suis arrivé à l’Internet puis au marketing par l’engagement politique. J’avais la conviction que le net allait changer en profondeur la manière dont on fait et pense la politique. Et, seize ans après, je dois reconnaître que je me suis lamentablement planté.
Il y a eu un avant et un après Internet pour la musique, la TV, les voyagistes, la publicité, les vendeurs de fleurs… Internet a tellement changé le monde qu’il a même changé nos comportements amoureux avec Meetic. Ce ne fut pas le cas pour Internet.
J’entends déjà les zélateurs de la cyberpolitique, me parler du cas Obama. Nous avons tendance à l’oublier, mais Obama fut le candidat qui dépensa le plus d’argent en publicité TV de toute l’histoire des Etats-Unis. La réalité est qu’Obama aurait eu bien plus de mal à se faire élire sans l’aide massive de la publicité TV que de l’Internet.
Certes l’émergence du web social et la puissance des plateformes créent des contres pouvoirs, accélèrent et amplifient les crises.
Mais ces changements ont lieu à la marge. Les leaders et les partis politiques n’ont pas été bousculés. Les pratiques restent globalement les mêmes. Une nouvelle génération de leaders née par Internet n’a pas éclos. La preuve : l’écrasante majorité des leaders politiques étaient déjà aux commandes avant la naissance du web. Pire la nouvelle génération de quadra est passée par les (voir la) mêmes écoles que leurs aînés (ENA) et doit plus leurs carrières à leurs capacités à grenouiller dans des organisations politiques qu’à une compréhension plus fine du digital.
Internet et la politique, jusqu’à présent, c’est une histoire de gadgets. On crée des sites web qui bougent, des widgets, des mashups. On rajoute un « e. » au terme mobilisation et l’on a l’impression d’intégrer la nouvelle donne digitale, d’être « moderne ».
Je pense que nous nous sommes fondamentalement trompé de combat.
L’enjeu du digital n’est pas de changer la forme, les moyens ou l’organisation d’une campagne. Non, il est plus radical. Il s’agit de changer le fond, de s’attaquer aux arguments, de modifier en profondeur l’offre politique.
Et c’est là que la prochaine décennie sera peut-être intéressante.
Nous avons d’un côté avec la datavisualisation, l’ouverture des données publiques et le real time web la promesse de créer des solutions qui permettront de changer le fond du débat citoyens. De l’autre une génération d’entrepreneurs géniaux qui ont fait fortune grâce à Internet et qui commencent à créer de P. Thiel à Pierre Omidyar, des structures de charity pour changer la nature du débat politique.
La rencontre de ces deux dynamiques peut probablement créer une énergie qui balaie le vieux monde politique.
I hope so…



