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Le crottin, le cheval et les écolos

31 mars 2010

J’ai découvert la formidable histoire du crottin de cheval au dix-neuvième siècle. Assez incroyable. Écoutez un peu.

La traction hippomobile connut, tout au long du dix-neuvième, un développement spectaculaire. Au point que la question urbaine centrale était : le crottin de cheval.

Oui, oui vous avez bien lu. Et vous allez comprendre.

Dites vous juste qu’un cheval produit 11 kilos d’excréments par jour. La seule ville de New York comptait en 1900 près de 200 000 chevaux. Soit 2 200 tonnes d’excréments par jour juste pour New York.

Vous imaginez un peu l’état des rues. Le niveau de puanteur, le risque sanitaire, la prolifération des vermines …

Cette question semblait, à la fin du dix-neuvième, insurmontable. Au point que, fait rare à l’époque, on organisa une conférence internationale sur ce sujet. Une sorte de sommet de Copenhague du crottin de cheval. Impuissante face à l’étendue de la crise, la conférence déclara ses travaux infructueux au bout de trois jours.

La presse de l’époque annonçaient la fin du modèle urbain. Les villes, dont le sort semblait irrémédiablement lié à la traction hippomobile, étaient condamnées à périr ensevelies sous des tonnes de crottins de cheval.

Pourtant les villes n’ont pas périclité.

Les prêcheurs de l’apocalypse n’avaient pas intégré dans leurs raisonnements la création de nouveaux modes de tractions révolutionnaires : l’automobile et le tramway. En quelques années, le crottin de cheval disparut des villes.

Et c’est là que l’histoire du crottin de cheval est intéressante. Elle démontre  qu’une invention, une technologie peut radicalement changer un état de choses.

Et c’est la limite des prédicateurs de l’apocalypse et des modèles darwinistes. Ils oublient l’imprévisibilité et la puissance du génie humain.

Ce qui fut vrai pour le crottin le sera probablement pour le carbone. N’en déplaise aux prédicateurs de l’apocalypse, vous verrez que nous n’allons pas arrêter de consommer ou de voyager. Nous allons simplement concevoir des modes de transports plus respectueux de l’environnement et inventer des technologies pour piéger le carbone.

C’est la technologie et non la décroissance qui nous permettra de décarboner.

qu’une invention, une technologie peut radicalement changer un état de choses.
3 Commentaires laisser un →
  1. Anonyme lien permanent
    1 avril 2010 14 02 53 0453

    En même temps le crottin de cheval est un très bon engrais pour les espaces verts…le pétrole l’est un peu moins je crois.

  2. 7 avril 2010 12 12 42 0442

    Désolé de le dire de manière aussi directe, mais ce raisonnement est très simpliste.

    Cet exemple est présenté dans tous les bonnes écoles de commerces, ou même avant au lycée. Mais il pose également une autre question plus subtile: pourquoi, alors que nous avons déjà les moyens de mener cette révolution (combustibles alternatifs), n’est-elle pas déjà en marche?
    Deux raisons:
    - le système capitaliste actuelle diffère de celui du XIXème dans le sens où il est devenu bien plus spéculatif. Aujourd’hui, il y a un intérêt à conserver des modèles dépassés.
    - contrairement au crottin de cheval, le carbone est une menace invisible, éthérée. La pression est donc symboliquement moins forte.
    Prendre des exemples du passé n’est pas toujours bon, ou encore faut-il savoir en reconnaître les limites.

  3. 8 avril 2010 11 11 58 0458

    @fredouat je suis d’accord avec toi sur la dérive du système K et l’invisibilité du carbone. L’automobile comme les firmes pétrolières sont très déficiente en terme d’innovation ou plutôt de rupture technologique. C’est pour cela que les technologies basées sur le carbone perdurent.

    Avec trois gros bémol.

    1. Cpte tenu de la pression médiatique et de l’écologiquement correct je ne pense pas que nous pouvons aujourd’hui qualifier le carbone comme une menace invisible.
    2. les investissements sur les greens tech, depuis qq années, explosent et les innovations technologiques vont nous permettre de sortir de l’économie du carbone.
    3. le capitalisme de la fin du 19ème et du début du 20ème était bcp plus spéculatif qu’aujourd’hui (cf canal de Panama, Hausmann, Emprunts russe…)

    Ce que trouve intéressant dans l’histoire du crotin est qu’elle démontre qu’une rupture technologique peut changer assez radicalement une situation

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