“Les hannetons de l’espérance”
Je ne suis pas contre les mouvements lycéens et les révoltes de jeunes. Bien au contraire. C’est souvent le signe, non seulement de la vitalité démocratique d’une Nation, mais de la puissance et de la cohésion d’une génération. Et c’est d’ailleurs, dans le mouvement lycéens de 1990 que j’ai commencé à me passionner pour les problématiques de mobilisation et de leadership.
Ma génération était déjà une génération désenchantée dans la crise de l’après choc pétrolier. Mais nous nous mobilisions pour des causes universelles : la lutte contre l’apartheid avec Nelson Mandela comme porte drapeau, l’anti-racisme, le droit à assumer – sans discrimination ni honte - sa sexualité, la lutte contre les pollutions. Jamais nous n’aurions organisé le débrayage de nos lycées pour le droit à la retraite de nos professeurs. Nous avions un peu plus de dignité.
Voir cette jeunesse manifester, aux ordres de leurs aînés, pour un droit à la retraite est une abdication générationnelle et un renversement de l’espérance.
Abdication générationnelle car c’est précisément cette génération qui d’ores et déjà finance par le crédit (et donc les impôts futurs) les pensions d’un retraité sur six. Et qui demain devra gérer la bombe à retardement de la dette.
Renversement de l’espérance car de tout temps, lorsque vous avez 16/17/18 ans, vous êtes censés penser à tout sauf à votre retraite. Vos hormones sont en éveil. Votre corps et votre âme sont tout entiers mobilisés par l’esprit de conquête, de liberté, de changement. Vous voulez changer le monde, le dévorer.
Que les lycéens eurent manifesté contre la ségrégation scolaire, l’expulsion des roms, pour plus de liberté, contre la pollution que sais-je, eu été hautement acceptable. Mais là non.
Triste jeunesse.



