Pourquoi la France échappe à la dataviz ?
Alors que la dataviz et l’opengov envahissent la planète et bouscule le fonctionnement des administrations et des organisations politique, ce sujet est totalement absent du débat démocratique hexagonale.
Les organisations politiques et syndicales, pourtant toutes fascinés par la campagne Obama , continuent à en ignorer sa puissance. Le mouvement social français, si enclin à manifester et pétitionner pour un rien, s’en désintéresse totalement. Le journalisme l’ignore.
Prenons la réforme des retraites, de Sud en passant par le Medef et le PS aucune organisation n’a jugé utile d’utiliser la dataviz pour faire passer ses messages.
Un tel niveau d’aveuglement est totalement fascinant. D’autant que nous sommes probablement une des nations les plus féloces en statistiques publiques. Depuis Colbert nous collectons et centralisons des millions de données sur tout et rien. L’école française de statistiques est d’ailleurs une plus reconnu au monde.
Et pourtant la France sera probablement la dernière nation au monde à utiliser l’opengov et à faire de la dataviz un outil d’expression démocratique.
Simplement parce que nous sommes la nation du verbe. nous avons un rapport esthétique avec la politique et l’engagementNous vouons un culte mythique aux mots, aux effets de manche, à l’éloquence des tribuns. Nous avons un rapport totalement passionnel à la chose publique qui est totalement opposé à la pensée profonde qui sous-tend l’opendata.
La réalité est qu’en France ce qui compte ce n’est pas l’efficacité d’un programme et d’un dispositif de campagne mais sa dimension symbolique, sa capacité à faire raisonner l’histoire de France, à invoquer les mythes fondateurs. C’est précisément pour cela que la France passe à côté de cette révolution citoyenne majeur. Et c’est bien triste.




on en a déjà discuté de vive voix mais je vois pas pourquoi les 2 seraient incompatibles.
c’est vrai qu’on a une tradition des discours lyriques, des formules qui marquent – de gaulle, mitterrand, badinter, villepin… et l’ump actuelle a innové dans le discours. Le ton ou les sujets abordés par sarkozy ou lefebvre sont très différents de la politique “d’avant”.
maintenant, obama est le meilleur speechwriter du siècle, et ça ne l’empêche pas d’utiliser la datavis. Mal, à mon avis, mais il s’en sert.
le risque avec l’open gov en politique, c’est de croire que ça suffit, alors que ça pose plus de problème que ça en résout. les pouvoirs publics ne doivent pas se contenter de mettre des données en libre accès (qui le sont souvent déjà) mais de s’en servir intelligemment. Il y a du boulot mais rien d’impossible !!
A cette inculture des chiffres et des statistiques, il faut aussi mentionner que l’open data aux USA est associé à un mouvement anti lobbies prônant la transparence. En France, il n’y pas vraiement de projet politique associé aux données ouvertes…personne ne sait finalement que faire avec les open data car la dataviz n’est pas non plus une fin en soi c’est un moyen au service d’un propos étayé par des données accessibles à tous…bref ça reste du buzz…as usual
Bonjour
Après la lecture de ce document, je resterai un français échappant à dataviz et opengov et autre opendata, car je ne vois pas de quoi il est question dans cet article (encore que opendata, j’imagine un peu, connaissant la traduction de data et open) et le regrette.