Journalisme is dead
Le journalisme est mort. Pas uniquement à cause de la crise des médias ou du désintérêt de plus en plus grand des citoyens. Mais plus simplement parce que le numérique crée un support où les vieilles recettes à grand papa du journalisme qui donnent de l’information, la classifient et éventuellement font naître des scoops sont devenues totalement inefficientes.
Dans un monde massivement connecté où l’ensemble de l’information est à un clic, où vous pouvez accéder à des centaines de milliers de sources de données, la vraie expérience de l’information ne consiste plus à raconter une histoire ou à partager une info mais à donner du sens.
Un bon journaliste, c’est aujourd’hui quelqu’un qui est capable de cruncher des données, d’en faire ressortir le sens profond et surtout de trouver un moyen de les faire vivre, de les représenter.
Le talent n’est plus tant dans cette capacité lyrique à retranscrire une émotion avec des images et des mots mais plutôt dans l’intelligence de l’analyse, dans cette capacité à produire et inventer des modes qui permettent de mieux classer et comprendre l’information. Nous passons du poids des mots au poids des datas et du choc des photos à la puissance du design.
Et c’est cette rupture qu’une partie de la presse a du mal à comprendre et à faire vivre. Parce qu’elle oblige non seulement à un changement de paradigme mais à une modification profonde du fonctionnement des salles de presse. Ce ne sont plus les dépêches d’agences de presse qui dictent l’importance de l’information mais les feeds provenant des réseaux sociaux et des moteurs de recherche. L’heure de diffusion du journal n’est plus l’alpha et l’oméga qui structure la vie de la salle de presse qui devra vivre dans le monde de l’information en continue. Et surtout, il devient impossible de penser et construire une information dans un mode solitaire. Le journalisme de demain travaillera forcément en équipe, à minima en duo, pour intégrer des analystes de données et des designers qui seront la mettre en valeur.
Je vous invite à suivre, en France, l’aventure d’OWNI qui est entrain d’inventer une forme alternative et plus data structurée du journalisme.
Rétroliens
- Six raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (1) : « l’ensemble de l’information n’est PAS à un clic . | «Journalisme + Internet + Folie = Alandlimo
- Six raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (2) : la « véritable expérience de l’information est une valse à quatre temps que seuls les journalistes dansent jusqu’au bout. | «Journalisme + Internet
- Six raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (2) : la « véritable expérience de l’information est une valse à quatre temps que seuls les journalistes dansent jusqu’au bout. | «Journalisme + Internet
- Six raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (2) : la « véritable expérience de l’information est une valse à quatre temps que seuls les journalistes dansent jusqu’au bout. | «Journalisme + Internet
- Trois raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (1) | Le Blog du Voyage
- Trois raisons pour lesquelles le journalisme n’est PAS mort (2) | Le Blog du Voyage




Je partage une partie des reco mais je ne dirais pas que le journalisme est mort ; il est plutôt en train de renaitre. It’s rather born again than dead…
je vais aller me renseigner sur Owni de suite! merci pour ces infos…
Je ne suis pas tout à fait d’accord. Le journalisme est sans doute agonisant sous sa forme actuelle que déjà il renait de ses cendres comme peut en attester l’émergence d’un nombre croissant de journaux en ligne. Certes les sources d’informations se sont multipliées et chacun est désormais en mesure de donner son avis et de le médiatiser au moyen d’internet, mais compte tenu la médiocrité de la majeur partie des analyses que l’on trouve en ligne, je pense que le journalisme d’analyse a son avenir devant lui.
Lui de Duo d’Idées
duodidees.wordpress.com
Sujet passionnant s’il en est et essentiel en démocratie, bravo de l’aborder …. Un bon journaliste, c’est aujourd’hui quelqu’un qui est capable de cruncher des données, d’en faire ressortir le sens profond et surtout de trouver un moyen de les faire vivre, de les représenter, dites vous….
Je ne partage pas votre définition du bon journaliste, je pense que le journaliste reste un peu celui qui n’utilise pas google et seulement google…. il est celui qui est capable sur l’instant et dans un temps court de confronter la vie de la blogosphére ou de l’internet avec la “vraie vie” et de déceler intuitivement l’incohérence et de conserver un fil rouge pour éviter l’effet “girouette” !!! et enfin dernier point et c’est le plus difficile, il doit aussi déceler les données qui n’existent pas ou les creux de l’infos pour éviter une histoire réécrite ou à trou manifeste !! ( “surtout n’en parlez pas”) en cela il se doit de rester vivant !!