Tunis prochain hub créatif du monde arabe ?!
Au-delà de l’empathie générale pour la démocratie tunisienne, je pense que Tunis combine objectivement une série de facteurs qui peut la transformer, assez rapidement, en hub créatif et technologique du monde arabe.
1. La liberté
La créativité et les technologies Internet ont besoin de liberté pour s’épanouir.
La preuve ? Alors que des pays de taille équivalente à l’Est ont réussi à faire naître des bans technologiques puissants, aucune société, avec une taille critique, n’a réussi à émerger en Tunisie. La Tunisie qui dispose pourtant d’une jeunesse formée, d’une fiscalité très avantageuse (les sociétés exportatrices sont totalement défiscalisées) est un nain en matière d’offshore.
Vous allez me dire, bien sûr regarde la Chine ? Certes, mais le Web chinois est porté par son énorme marché intérieur et importe d’Hong Kong, de Corée et d’Occident sa créativité.
2. L’envie de soulever des montagnes.
La jeunesse tunisienne est la première du monde arabe à avoir réussi à faire tomber une dictature. Elle a pris conscience de sa puissance. Que la volonté pouvait déplacer des montagnes. Cette énergie, cette puissance romantique et révolutionnaire est le plus formidable carburant pour créer des choses incroyables.
3. Une jeunesse formée
L’une des chances de la Tunisie est qu’elle ne possède rien, pas de matière première ou de terres particulièrement prospères. Sa seule richesse, c’est son peuple. Dès l’indépendance, la Tunisie a fait le choix d’investir massivement dans l’éducation. La Tunisie dispose d’une jeunesse éduquée et forme chaque année près de 10 000 ingénieurs dans le secteur des technologies. Au-delà, la diaspora tunisienne constitue un formidable bassin de talents.
4. Un potentiel régional incroyable.
Le monde Maghrébin est très jeune. Il consomme énormément de contenus, de services Web et mobile qui sont tous importés d’Europe, des Etats-Unis et de la péninsule arabique. La réalité est que la demande en contenu spécifique est très forte et absolument non servie. Il y a un vrai espace pour faire naître des acteurs digitaux régionaux financés par le e.commerce et la publicité.
5. E.commerce est en chemin
Le contrôle absolu des changes par les banques centrales rendait le e.commerce totalement impensable. La chute du régime va inévitablement se traduire par une libéralisation de ce contrôle et faire naître un e.commerce tunisien qui ne tardera pas à s’étendre à l’ensemble de la sous région. Un e.commerce qui offrira, face à des réseaux de distribution monopolistiques et non performants, une proposition de valeur très forte. Réellement explosive.
Bref, c’est vraiment le moment de créer un Y combinator à la mode tunisoise.




La situation évolue sans doute moins vite ici au Maroc, mais une chose est claire: cette région du Monde a une jeunesse active, avec une bonne éducation, un usage très fort d’Internet et donc un potentiel énorme pour les services web. Les mastodontes du net ne s’y trompent pas. Après Yahoo, c’est au tour de Google d’ouvrir des bureaux à Casablanca