L’age de pierre de la dataviz
Bernard Stiegler a une conception radicale de l’opendata et de la datavisualisation de données. Pour lui c’est « un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet ».
« C’est un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet qui, comme technique de publication, c’est à dire de rendu public, est au fondement de la res publica, tout comme à ce qui s’est déroulé après Gutenberg et la Réforme, généralisant l’accès à l’écriture imprimée et au savoir. »
Et c’est vrai que nous sommes à l’âge de pierre de la compréhension des données.
Pour preuve, la majorité des systèmes de représentation graphique que nous utilisons aujourd’hui ont été inventés aux dix-huitième et dix-neuvième siècle. Ils répondaient à un cahier des charges précis : représenter graphiquement des données à l’aide d’un compas, d’une règle et d’une équerre. Aujourd’hui encore, la représentation graphique reste dominée par les travaux de John Tukey dans le domaine de l’analyse exploratoire de données, travaux qui ont permis des représentations de type effectifs cumulés, nuages de points, diagrammes en boîtes à moustaches, sparklines, diagrammes circulaires dits en camembert …
C’est étonnant, mais ces modèles de représentation graphique sont devenus très standardisés et peu créatifs. Ces standards de représentation graphique, qui se retrouvent dans toutes les bibliothèques graphiques des logiciels de données, ont été inventés avant la naissance de l’informatique.





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