Je dois vous l’avouer, je suis un drogué.
Drogué à la pire des drogues.
Drogué aux écrans. Toute forme d’écran. Ecran de Blackberry, écran de mon pc, de mon mac, de mon gps, écran de mon iPhone et, bien sûr, écran de ma TV.
Je dois vous le confesser, comme tout drogué qui se respecte, j’ai un écran plasma de très grande dimension. Et cet écran est mon vrai foyer. Foyer au sens etymologique du terme. C’est le feu de la maison autour duquel l’ensemble de la famille se retrouve. C’est d’ailleurs étrange, le plasma, comme une cheminée, ça chauffe. Approchez-vous à moins de 50 cm de votre plasma et vous sentirez une douce impression de chaleur. Comme une cheminée, ça attire. Comme une cheminée, vous le regardez sans vraiment le regarder. Comme une cheminée, le plasma est un lieu de partage collectif.
J’ai bien réfléchi, le plasma est le seul écran dans la famille que nous partageons et qui appartient littéralement à la famille. Le seul écran collectif. Car dans ma famille, tout le monde est drogué aux écrans. Ma femme passe sa vie devant un écran pour “gérer” ses sites ou écrire. Mes enfants passent leur vie devant leurs écrans : tv, wii, playstation, pc, mac… Et tous, nous nous retrouvons autour du méga écran collectif, le vrai foyer de la maison, le seul écran que nous partagions.
En fait, le monde des écrans est bipolaire. Comme avant la chute du mur de Berlin, le monde des écrans est coupé en deux. D’un côté, le monde libre, qui reconnaît la propriété individuelle. Les écrans ne s’y partagent pas. Ils sont des extensions de nous mêmes. De l’autre, le monde communisme, qui ne connaît pas la propriété individuelle et qui pratique le collectivisme, la collectivisation des écrans.