Tunisie, Twitter, Wikileaks et l’indécence
Certains veulent nous faire croire que ce qui se passe en Tunisie est une wikileaks & twitter révolution.
Cette analyse n’est pas seulement insultante pour le formidable courage de la jeunesse tunisienne et ces martyrs. Elle traduit une époque, où le temps se réduit et le poids de l’histoire et des dynamiques sociales sont systématiquement gommés.
Sur le fond, la révolution tunisienne n’a pas grand chose à voir avec le graph social ou l’opendata.
Depuis 1987, Ben Ali a construit un système de parti unique dominant le moindre espace public où la police et la bureaucratie étaient aussi omniprésentes que Kafkaïennes. Un pays où la moindre fenêtre d’expression était fermée. Où même vos mots de passe étaient filtrés par le gouvernement. Et surtout, Ben Ali a instauré une économie mafieuse où les richesses, mêmes les plus infimes, étaient systématiquement captées par la famille régnante. Impossible d’y faire grossir une boite sans, qu’à un moment ou un autre,Trabelsi s’invite dans votre capital.
Et lorsque vous affamez un peuple, le privez d’un droit à l’avenir, il préfère toujours prendre le risque de la mort plutôt que continuer à vivre sans espoir. C’est précisément ce qui s’est passé en Tunisie.
Et nos zélateurs de la Twitter révolution oublient un peu vite que Mohamed Bouazizi n’a pas publié un post pour protester contre la saisie musclée par la police de son étale de fruits et légumes.
Non !
Il s’est d’abord installé devant les bureaux du gouverneur – le représentant des autorités de Ben Ali – de Sidi Bouzid. Et là, il a fait le choix conscient de se donner la mort. De se sacrifier. De s’immoler par le feu.
Et c’est le peuple de l’intérieur du pays, le plus désespéré, qui a bravé la peur et la répression policière pour faire tomber ce régime. C’est lui qui a payé le prix du sang.
Sur la forme, certes le Web a permis de contourner la censure, de faire surgir les images des répressions. Mais sur le fond, avec ou sans le Web ce régime serait tombé.
Simplement, parce que lorsque une jeunesse préfère s’immoler par le feu que de continuer à vivre l’injustice, aucune dictature ne peut tenir. En Tunisie, c’est la révolte assez classique d’un peuple contre son oppresseur.
Quant à Wikileaks, expliquer que les milieux dirigeants auraient pris conscience de la corruption des Trabelsi, en lisant les câbles américains, est juste ridicule. La prédation des Trabelsi sur l’économie tunisienne imprégnait l’ensemble de la vie tunisienne.
Pour autant, il y a un sujet sur lequel l’Internet aura probablement un impact sur la révolution en cours. La nouvelle Tunisie, ouverte et libre, peut se construire avec et autour du net.
Elle dispose d’atouts incontestables. Une jeunesse correctement formée. Une réelle empathie pour le net. Et surtout, comme toute société qui sort d’une longue tyrannie, d’un potentiel créatif explosif.
La nouvelle Tunisie peut devenir le hub technologique et créatif du monde arabe.
La transparence c’est juste le sens de l’Histoire
La transparence n’est ni bien, ni mal. C’est un phénomène puissant, inévitable et qui accompagne un monde où les gens sont globalement mieux soignés, mieux éduqués et plus connectés.
Le simple fait que l’administration américaine n’a pas réussi à sécuriser deux secteurs ultra-sensibles et régaliens, les câbles diplomatiques et les journaux de guerre, démontre que vous pouvez bâtir autant de murs que vous voulez, vous n’arriverez jamais à opacifier vos données.
Et là vous allez me dire. So what ? La publication de Wikileaks ne nous apprend pas grand-chose que nous ne savions pas. Certes mais parce qu’il s’agit d’un secteur, la guerre et la diplomatie où nous disposons déjà, en tant que citoyens d’une masse importante de données.
La vraie rupture que nous allons vivre dans les mois qui arrivent va être la mise en ligne de documents provenant d’entreprises privées. Et là cela risque de vraiment twistter.
Vous imaginez les mémos internes d’une grande banque d’affaire, d’un acteur de l’agro-industrie ou d’un géant de la santé.
Petit flash back.
Rappelez-vous juste des procès en class action contre les cigarettiers. C’est la saisie et la publication des mémos internes des cigarettiers qui ont littéralement fait basculer l’opinion américaine.
Après la période où les marques pouvaient se faire anéantir par des catastrophes sanitaires nous allons vivre une époque où certaines marques risquent de collapser face à un dataclash.
La diplomatie inefficiente
D’aucuns nous dirons que Wikileaks est un non-évènement. La preuve nous n’avons rien appris de révolutionnaire.
Et c’est précisément ce que je trouve saisissant. Ne pas apprendre grand-chose de la publication de ces câbles est une information en soit. Elle démontre, dans un monde massivement connecté, l’inefficience des câbles et des réseaux diplomatiques aussi poussiéreux qu’inadaptés aux vingt-et-unième siècle…
Un état avec un réseau diplomatique puissant et coûteux n’est pas nécessairement mieux informé qu’un internaute un peu aguerri. C’est quand même un changement assez radical dans l’ordre du monde qui va obliger la diplomatie à totalement se réinventer.
#Wikileaks et l’hystérie de l’ancien monde
Wikileaks a déclenché une réaction totalement délirante. Comme le souligne très justement Pierre Chappaz, nous sommes probablement en train de vivre la première infowar. Une hystérisassion totalement inouïe.
Et c’est là que Wikileaks agit comme un formidable révélateur. L’hyper réaction des uns combinée à l’apathie des autres – le silence des journalistes est sidérant – traduit une peur panique des tenants des sociétés opaques face à un monde ouvert. Une hystérie répressive désespérée.
En ce sens, les attaques contre Wikileaks, les menaces physiques contre « Julien Assange, les excès de langage marquent la convulsion du vieux monde.
Quelques exemples dans le tragique de l’époque :
- “Internet, c’est la Stasi, en pire” Catherine Nay (une journaliste du siècle dernier)
- « La transparence de Wikileaks, c’est la Chine de Mao » Hubert Vedrine (Ministre des affaires étrangère du siècle dernier)
- Libération (journal d’expression libre dans la deuxième moitié du vingtième siècle) qui convoque les philosophes pour condamner Wikileaks
- « WikiLeaks vole et publie. Tout » (Jean Michel Apathie)
- “Nous devons changer la loi sur l’espionnage, qui semble difficilement applicable à ce genre de situation” John Kerry, un jour il fût un démocrate.
- “Nous devons traiter Julien Assange comme un terroriste, utiliser les mêmes méthodes qu’avec Ben Landen » Sarah Palin.
- « La France ne peut héberger des sites Internet qui violent le secret des relations diplomatiques » Eric Besson.
Mieux encore. Alors que les oies blanches du vieux monde s’affolent des méthodes de Wikileaks pas un mot des journalistes contre les méthodes d’espionnage des diplomates américains, les appels à la censure, les cyber attaques contre les serveurs de Wikileaks, les menaces de mort proférées par des sénateurs américains contre Julien Assange. Rien. Juste rien.
Mais gardons espoir et citons le Texan Ron Paul (grande star des Tea Party et probable candidat républicain à l’investiture)
« Dans une société libre, nous sommes censés connaître la vérité. Dans une société où la vérité devient trahison, nous avons un gros problème. » Ron Paul est un des rares politiciens américains à défendre le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange.
Opendata et si nous commencions par les notes de frais ?
Je fais partie des gens qui pensent que l’Opendata peut changer radicalement le fonctionnement de nos systèmes démocratiques en les rendant plus transparents et efficients. Un exemple simple : les frais de fonctionnement de nos élus et grands fonctionnaires. Plutôt que d’empiler les rapports de compte, il suffirait d’une mesure simple et efficiente pour changer radicalement les publics.
Rendre public, dans une logique opendata, l’ensemble des frais (déplacements, frais de bouche….) et avantages en nature (logements, voitures, cuisines…) de nos élus (nationaux et locaux) et de nos hauts fonctionnaires. En mettant ainsi à disposition ces sets de données, une myriade de développeurs citoyens pourraient créer des webservices pour visualiser et traquer les abus et les dysfonctionnements.
C’est le chemin qu’a entrepris la Suède pour réduire le train de vie de l’Etat. Et c’est probablement plus efficient qu’une myriade de rapports de la cour des comptes.
Journalisme is dead
Le journalisme est mort. Pas uniquement à cause de la crise des médias ou du désintérêt de plus en plus grand des citoyens. Mais plus simplement parce que le numérique crée un support où les vieilles recettes à grand papa du journalisme qui donnent de l’information, la classifient et éventuellement font naître des scoops sont devenues totalement inefficientes.
Dans un monde massivement connecté où l’ensemble de l’information est à un clic, où vous pouvez accéder à des centaines de milliers de sources de données, la vraie expérience de l’information ne consiste plus à raconter une histoire ou à partager une info mais à donner du sens.
Un bon journaliste, c’est aujourd’hui quelqu’un qui est capable de cruncher des données, d’en faire ressortir le sens profond et surtout de trouver un moyen de les faire vivre, de les représenter.
Le talent n’est plus tant dans cette capacité lyrique à retranscrire une émotion avec des images et des mots mais plutôt dans l’intelligence de l’analyse, dans cette capacité à produire et inventer des modes qui permettent de mieux classer et comprendre l’information. Nous passons du poids des mots au poids des datas et du choc des photos à la puissance du design.
Et c’est cette rupture qu’une partie de la presse a du mal à comprendre et à faire vivre. Parce qu’elle oblige non seulement à un changement de paradigme mais à une modification profonde du fonctionnement des salles de presse. Ce ne sont plus les dépêches d’agences de presse qui dictent l’importance de l’information mais les feeds provenant des réseaux sociaux et des moteurs de recherche. L’heure de diffusion du journal n’est plus l’alpha et l’oméga qui structure la vie de la salle de presse qui devra vivre dans le monde de l’information en continue. Et surtout, il devient impossible de penser et construire une information dans un mode solitaire. Le journalisme de demain travaillera forcément en équipe, à minima en duo, pour intégrer des analystes de données et des designers qui seront la mettre en valeur.
Je vous invite à suivre, en France, l’aventure d’OWNI qui est entrain d’inventer une forme alternative et plus data structurée du journalisme.
Why Peter Thiel is a libertarien ?
Peter Thiel, un des entrepreneurs les plus sharp qui explique, en profondeur, pourquoi il est libertarien. Vraiment regarder cette vidéo et de vous découvrirez BigThink
http://bigthink.com/peterthiel#ooid=o0c2lpOrArqYwgE1xeTS99kXWsz5V0hY>
Une analyse très puissante sur :
Does the Free Market Encourage Long-Term Innovation?
Government Regulation Stifles Innovation
The Developing World Copies Our Technologies
Today, Silicon Valley; Tomorrow, the Atlantic
College Debt Limits Innovative Risk-Taking
Who Is Eduardo Saverin?
Interview with Peter Thiel November 15, 2010
Policy Makers: “Living in the Dark Ages”
Keynesian Economics Will Be Dead
The Misplaced Regulatory Focus on Hedge Funds
Baby Boomers: The Dumbest Generation?
There Will Not Be Another Bailout
Other Ideas from Thiel
Peter Thiel’s four theories on the bubble and bust economy
Peter Thiel on whether the United State is the next Japan
How Peter Thiel foresaw the economic crisis
Peter Thiel on what the decline of hedge funds means for Main Street Discuss
Peter Thiel on the 25-year history of economic bubbles
What is the world’s biggest challenge in the coming decade?
What is your question?
Where is technology headed?
What are the risks of centralizing information?
How is technology changing the way we live?
What is human nature?
What is America’s place in the world?
What do you do?
What is the government’s role in public education?
Does globalization widen the income gap?
Is healthcare a public good?
What is your vision for an ideal state?
Why Peter Thiel is a Libertarian ?
Who are you?
What is your outlook?
http://bigthink.com/peterthiel#ooid=o0c2lpOrArqYwgE1xeTS99kXWsz5V0hY>
Pourquoi la France échappe à la dataviz ?
Alors que la dataviz et l’opengov envahissent la planète et bouscule le fonctionnement des administrations et des organisations politique, ce sujet est totalement absent du débat démocratique hexagonale.
Les organisations politiques et syndicales, pourtant toutes fascinés par la campagne Obama , continuent à en ignorer sa puissance. Le mouvement social français, si enclin à manifester et pétitionner pour un rien, s’en désintéresse totalement. Le journalisme l’ignore.
Prenons la réforme des retraites, de Sud en passant par le Medef et le PS aucune organisation n’a jugé utile d’utiliser la dataviz pour faire passer ses messages.
Un tel niveau d’aveuglement est totalement fascinant. D’autant que nous sommes probablement une des nations les plus féloces en statistiques publiques. Depuis Colbert nous collectons et centralisons des millions de données sur tout et rien. L’école française de statistiques est d’ailleurs une plus reconnu au monde.
Et pourtant la France sera probablement la dernière nation au monde à utiliser l’opengov et à faire de la dataviz un outil d’expression démocratique.
Simplement parce que nous sommes la nation du verbe. nous avons un rapport esthétique avec la politique et l’engagementNous vouons un culte mythique aux mots, aux effets de manche, à l’éloquence des tribuns. Nous avons un rapport totalement passionnel à la chose publique qui est totalement opposé à la pensée profonde qui sous-tend l’opendata.
La réalité est qu’en France ce qui compte ce n’est pas l’efficacité d’un programme et d’un dispositif de campagne mais sa dimension symbolique, sa capacité à faire raisonner l’histoire de France, à invoquer les mythes fondateurs. C’est précisément pour cela que la France passe à côté de cette révolution citoyenne majeur. Et c’est bien triste.
Hollywood burn !
Comme beaucoup, j’ai vu le film Social Network. Comme @Mryemery, j’ai trouvé que c’était un bon téléfilm pour une diffusion à 22H30 sur M6.
Un point m’a fondamentalement choqué : la description de Sean Parker. À croire “the Social Network”, c’est un cocaïnomane, obsédé par les filles, imbu de sa personne et totalement paranoïaque.
Peut-être. Quoi-que. Mais Sean Parker est aussi celui qui a réussi à transformer un site exceptionnel en une compagnie structurée avec une vision architecturée. Qui a réussi à faire le premier tour de table avec Peter Thiel et qui a bouclé le second tour avec Accel pour une valorisation post money totalement incroyable. Et sur ces épisodes pas un mot.
Et au-delà Sean Parker est probablement l’un des terriens avec le plus gros track record de l’internet. Créateur de Napster, Plaxo et Causes et associé d’un des plus prestigieux VC de la planète « the founder found ».
Le vrai truc c’est qu’en créant Napsters, Sean Parker a clairement été la plus grosse arme de destruction massive de valeurs pour l’industrie de l’entertainment. Il a fait basculer définitivement ce monde. Et ça, Hollywood ne lui pardonne pas.
Vaut-il mieux être coiffeur ou moine scribe ?
Pour les coiffeurs qui me lisent, sachez que vous avez de la chance :
- le prix d’une coupe de cheveux n’a pratiquement pas bougé en 100 ans (en francs/euros constants),
- la technique de coupe est la même qu’en 1910 (“je vous coiffe en arrière ou sur le devant ?”)
- et la durée d’une coupe n’a pas changé (45 minutes, le temps de la causette).
Ca s’appelle les vertus de l’artisanat.
Pour les moines scribes qui me lisent (et je sais qu’ils sont nombreux), sachez que vous avez la poisse :
- le prix d’une Bible a été divisé par 1.000 en 200 ans
- elles sont de bien meilleure qualité qu’en 1810
- on en fabrique aujourd’hui dans le monde environ 2 par seconde (et en plus de 2000 langues).
Ca s’appelle les vertus de l’industrie:
- Beaucoup moins cher,
- Beaucoup plus fiable
- Beaucoup plus rapide.
C’est la vision des jeux concours portée par @Jwainstain et Digibonus. Une sorte de Gutemberg du jeux-concours. Une petite révolution dans ce monde artisanal.
Digibonus c’est vraiment un énorme effort de R&D pour changer radicalement le monde du jeux-concours à la fois en terme de process, de production, de qualité et de segmentation.
Vous pouvez les tester sur Digibonus le site
Les “liker” sur facebook
Et les follower sur twitter
“Les hannetons de l’espérance”
Je ne suis pas contre les mouvements lycéens et les révoltes de jeunes. Bien au contraire. C’est souvent le signe, non seulement de la vitalité démocratique d’une Nation, mais de la puissance et de la cohésion d’une génération. Et c’est d’ailleurs, dans le mouvement lycéens de 1990 que j’ai commencé à me passionner pour les problématiques de mobilisation et de leadership.
Ma génération était déjà une génération désenchantée dans la crise de l’après choc pétrolier. Mais nous nous mobilisions pour des causes universelles : la lutte contre l’apartheid avec Nelson Mandela comme porte drapeau, l’anti-racisme, le droit à assumer – sans discrimination ni honte - sa sexualité, la lutte contre les pollutions. Jamais nous n’aurions organisé le débrayage de nos lycées pour le droit à la retraite de nos professeurs. Nous avions un peu plus de dignité.
Voir cette jeunesse manifester, aux ordres de leurs aînés, pour un droit à la retraite est une abdication générationnelle et un renversement de l’espérance.
Abdication générationnelle car c’est précisément cette génération qui d’ores et déjà finance par le crédit (et donc les impôts futurs) les pensions d’un retraité sur six. Et qui demain devra gérer la bombe à retardement de la dette.
Renversement de l’espérance car de tout temps, lorsque vous avez 16/17/18 ans, vous êtes censés penser à tout sauf à votre retraite. Vos hormones sont en éveil. Votre corps et votre âme sont tout entiers mobilisés par l’esprit de conquête, de liberté, de changement. Vous voulez changer le monde, le dévorer.
Que les lycéens eurent manifesté contre la ségrégation scolaire, l’expulsion des roms, pour plus de liberté, contre la pollution que sais-je, eu été hautement acceptable. Mais là non.
Triste jeunesse.
Fake manifs
Depuis le début du mouvement sur les retraites, nous vivons une querelle de chiffres assez ridicule entre syndicats et policiers. Lors de la dernière manifestation des journalistes ont eu recours à des startups spécialisées dans le comptage des manifestants. Le process est relativement simple. Il consiste à réaliser des photos (via un drone) de l’ensemble de la manifestation puis d’utiliser un soft pour compter chaque manifestant.
Et le bilan est sans appel. Incroyable distorsion. Le soft a compté moins de manifestants que la police. 80.330 personnes uniquement. Un gros concert au stade de France.
Wine Radar by Zingchart
Durant mon dataviz trip de l’été j’ai rencontré, via twitter, l’équipe de ZingChart qui développe des graphs et des charts en html 5 et en flash. By the way une très belle startup. A un moment nous évoqué le peu d’usage du radar. Et là j’ai tenté de leur montrer comment les œnologues utilisés la radar pour qualifier les vins.
Zingchart propose aujourd’hui un module pour qualifier vos vins. En cette période de foire des vins, enjoy….
Facebook connect is your passport
Facebook connect est probablement l’un des services les plus intelligents de Facebook.
Côté utilisateurs, ce service vous évite d’avoir une myriade de codes et de passer votre temps à remplir des formulaires d’inscription. Côté site, Connect vous permet non seulement d’optimiser vos taux de transformation en passant la barrière du formulaire d’inscription mais en plus de bénéficier du network effect de Facebook.
Bref, un produit ultime qui est juste entrain de devenir le système d’authentification universelle de votre identité numérique. Ce n’est rien d’autre que votre passeport numérique.
Et avec un peu de recul, c’est incroyable, Facebook a réussi à supplanter une fonction régalienne de l’Etat.
Pour la première fois ce n’est plus un Etat qui authentifie votre identité et vous délivre un passeport mais une entreprise privée. Mieux que cela Facebook possède aujourd’hui plus de données personnelles sur les individus que la majorité des Etats. Et c’est là que réside la valeur incalculable de Facebook.
Google versus Facebook
La bataille entre Facebook et Google est passionnante parce qu’elle démontre deux visions radicalement différentes du processus de globalisation.
D’un côté, Google, qui pense qu’à la fin du processus de globalisation le monde sera organisé autour d’ordinateurs capables de tout faire. Dès lors l’enjeu est de construire des algorithmes et des fermes de serveurs véloces capables d’organiser et de comprendre l’information que Google aura numérisé. Derrière cette vision se cache une espérance prométhéenne. Des systèmes informatiques, débarrassés de la dimension affective et irrationnelle de la pensée humaine, seront capables de prendre les bonnes décisions, les plus efficientes et justes pour l’humanité.
De l’autre, Facebook qui pense que la globalisation replace l’individu et son exigence de transparence au centre de tout. La priorité n’est donc plus de relier des documents ou des données mais de connecter les individus entre eux pour leur permettre de s’auto-organiser et de renforcer leurs pouvoirs. L’enjeu consiste à créer un monde plus transparent et largement décentralisé où les prises de décisions reposent sur les individus.
C’est le vieux débat entre Locke et Hobbes. Entre le contrat social et la liberté individuelle.
Et, l’histoire démontre que les systèmes basés sur les individus finissent toujours par triompher.
Transparent, tu seras !
Si vous me demandez ce qui va le plus changer le monde dans les vingt prochaines années, je ne vous répondrai pas en vous citant une personnalité, une religion, un état ou une technologie. Non ! Je vous citerai une tendance. Une tendance de fond qui est entrain de changer le monde : la transparence.
Cette tendance lourde qui pousse le monde à être de plus en plus transparent sera, dans les vingt prochaines années, le plus gros facteur de transformation que le monde n’a jamais connu. Elle va toucher à notre intimité, à notre manière de communier et de vivre avec les autres.
Observons juste ce que nous avons vécu dans les cinq dernières années.
En terme de technologie d’abord, de Twitter à Facebook, l’humanité plébiscite l’usage de services révolutionnaires qui créent et imposent la transparence.
En terme de branding où seules les marques qui auront compris et accepté les fondamentaux de la transparence survivront. Le développement du smartphone et des QR code vont imposer la transparence au cœur têtes de gondoles alimentaires. Et là, c’est une grosse grosse rupture.
En terme de média et gouvernance où la transparence va devenir un impératif de survie essentielle. Prenons Wikileads. Si il y a dix ans je vous aurais dit qu’un site participatif, basé sur le hacking de données et garantissant l’anonymat des fuites, publierait des centaines de milliers de documents – classifiés secret/défense par la CIA- à propos d’une guerre en cours, vous m’auriez pris pour un fou. C’est pourtant aujourd’hui une réalité. Même la CIA et le Pentagone doivent faire face à l’exigence de transparence.
Dès qu’un service, une technologie ou un produit facilite la transparence, il connait une croissance rapide et spectaculaire. La transparence est une des catégories d’investissements les plus dynamiques au monde. Les humains veulent non seulement s’interconnecter les uns aux autres mais vivre dans un monde transparent où l’information est accessible et ouverte.
La transparence devient une nouvelle religion universelle. Amen.
La monnaie privée arrive
La monnaie est aujourd’hui le monopole des Etats et des banques centrales. C’est un des paradoxes de notre monde alors que les échanges internationaux explosent, que le monde se digitalise à grande vitesse, que je peux devenir ami, en un clic, avec un Indien, la puissance étatique conserve le pouvoir de battre la monnaie.
Il n’y a aucune raison objective que ce monopole survive. Je ne suis pas entrain de vous dire que les monnaies étatiques vont disparaitre. Bien au contraire. Je dis juste que nous allons voir se développer, assez rapidement, des monnaies privées à côté des monnaies étatiques. Des monnaies authentiquement universelles, post étatiques qui se joueront des frontières et des barrières culturelles.
La première existe déjà : Facebook credit.
Elle est embryonnaire mais peut potentiellement être utilisée demain par cinq cent millions de terriens. Et c’est une authentique monnaie dans le sens où :
- vous échangez votre monnaie actuelle contre des Facebook Credit,
- elle est universelle : vous pourrez demain acheter des biens et des services (en dehors de Facebook) avec des Facebook Credit
- elle est transmissible, vous pourrez transférer des Facebook credit sur le compte d’un de vos amis
- elle est sécurisée : chaque transaction se fait entre deux utilisateurs identifiés (via Facebook connect)
Facebook crédit c’est la matérialisation, à grande échelle, du rêve de Peter Thiel (Board member de Facebook et Founder de Paypal) d’inventer une monnaie post étatique. C’est probablement après Facebook connect la prochaine grande source de croissance, en terme de revenu et de domination sur l’ecosystème digital pour Facebook.
Et surtout, vous imaginez la rupture potentielle que peut représenter une monnaie privée alternative face aux risques d’insolvabilité des Etats.
Kill the panel
J’ai toujours trouvé idiot de baser des investissements et des stratégies sur des réunions de consommateurs.
Premièrement, ces consommateurs, qui acceptent moyennant quelques bon-cadeaux de se faire enfermer et observer derrière une vitre sans tain pour disserter sur un spot de 30 secondes, ne sont à mon avis pas totalement normaux.
Deuxièmement, le panel c’est un peu la vie revée des anges. Prenez un échantillon de population, ce qui veut voir à la télé, il vous repondra Arte. Maintenant crunchez les audiences réelles et vous verrez que ce consommateur plébiscite la trash tv. Faites la même chose avec la restauration, il vous dira qu’il est très attaché aux bistros de quartier, symboles de la convivialité française, crunchez les chiffres et vous verrez qu’il consomme massivement des produits de restaurants rapides, des chaînes.
Non seulement le panel est structurellement inexact mais surtout il stérilise toutes formes d’innovation. Henri Ford expliquait régulièrement que si il avait interrogé un panel avec de lancer sa voiture, les consommateurs auraient plébiscité une carriole avec des chevaux plus rapides qui ont besoin de moins d’avoine.
Le panel n’a qu’une fonction symbolique et apaisante. Rassurer un annonceur.
La bonne nouvelle est que le panel est condamné.
D’un côté le crowd sourcing, avec des solutions comme Eyeka, en stimulant des communautés importantes et passionnées, permet de remonter des insight en dépassant la logique paneliste. De l’autre, des outils comme Captain Dash en permettant de datacruncher des volumes conséquents de données, donnent naissance à un live marketing où vous connaissez, en temps réel, la performance réelle de chacune de vos actions.
Et c’est une révolution. Nous passons d’un marketing de la coolitude où l’enjeu est de convaincre 8 consommateurs enfermés derrière une vitre sans tain à un marketing de l’efficience qui est là pour générer du revenu.
Les 10 commandements du BBQ
Il n’y a qu’un domaine où, culinairement, les américains nous dominent : le BBQ.
En France le BBQ est à la cuisine ce que le rosé était au vin. Un produit d’été, pas très prestigieux, qui demande peu d’effort. Et c’est vrai que les BBQ français ne vous donnent pas envie de vous convertir.
Pourtant le BBQ est un art qui peut même être élevé au rang de religion. Et à force de lire, de tester, de mariner, de goûter je vais vous livrer, pour moi, les 10 commandements du BBQ. Une sorte de table de la loi infaillible.
1. La sauce tu réduiras
C’est ZE secret des BBQ réussis. L’art de réduire la sauce. Pour en concentrer les arômes.
2. La viande tu ne piqueras point
C’est peut-être le commandement le plus controversé. D’aucuns vous diront qu’il est nécessaire de piquer la viande pour mesurer la cuisson. D’autres, les barbares, piqueront les saucisses avant de les cuire. Piquer la viande sur un bbq est un acte hérétique.
3. Jamais tu ne pré-cuiras
C’est un commandement évident. Mais souvent bafoué. La cuisson ne sera jamais interrompue et ne s’arrêtera que dans ton assiette.
4. Le temps tu prendras
La lenteur est l’art ultime du bbq. C’est l’ingrédient que tu glorifieras
5. Indirect tu seras
Tu respecteras ton bbq que tu ne transformeras pas en vulgaire plaque à induction. La cuisson directe tu proscriras.
6. Jamais tu ne désosseras
L’os est le cœur du bon barbecue. C’est lui qui donnera de la saveur et permettra une diffusion de la chaleur optimale. Toujours tu le respecteras.
7. Le gras tu respecteras
C’est dans le gras qu’est la saveur. Dégraisser une pièce de viande avant de la passer au barbecue est une bizarrerie humaine. Tu laisseras la nature faire, et la chaleur réduire les graisses.
8. Chaud et froid tu manieras
C’est le commandement le plus difficile à respecter. Arriver à maintenir une zone chaude et zone tempérée sur son BBQ est une forme de transcendance.
9. L’essence tu proscriras
Commandement essentiel et évident mais souvent violé par les profanes.
10. Le bois tu respecteras
La qualité du bois et son essence sont déterminantes pour le goût du BBQ. Le chène tu privilégieras.
Airplay et consommation
L’université de Bretagne vient de mener une étude, assez étonnante, passée totalement inaperçue dans l’univers du marketing.
Les chercheurs souhaitaient savoir si la nature de la musique écoutée par une femme pouvait avoir un impact sur sa disponibilité amoureuse.
Ils ont donc soumis une centaine de jeunes femmes au même protocole. Placées pendant un long moment dans une salle d’attente sonorisée, elles devaient ensuite être accueillies par un jeune homme qui avait systématiquement la même scénario de séduction, avec des arguments, une conversation identique pour finir par leur demander leurs numéros de téléphone.
Le résultat est sans appel. 58% des femmes qui ont écouté « je t’aime à mourir » de Cabrel donnent leurs numéros de téléphone versus 28 % pour “l’heure du thé” de Vincent Delerm.
Dit autrement, un facteur exogène – la musique diffusée - impacte massivement (100% de performances supplémentaires) le taux de transformation d’un dragueur.
C’est énorme.
Et très encourageant pour le marketing. Ce qui est vrai pour un dragueur doit l’être pour un vendeur, un emailing, une bannière ou un produit.
J’ai l’intime conviction que la musique écoutée modifie massivement la disponibilité des consommateurs à un acte d’achat ou à une action marketing. Tant au niveau collectif où l’airplay doit influer sur la consommation globale, qu’individuelle où la musique que j’écoute avant d’acheter ou lorsque que je fais mes courses doit fortement modifier ma sensibilité de consommation.
Je rêve d’un ad serveur, qui en fonction du style de musique que vous avez actuellement dans les oreilles, vous pousse ou pas une action marketing.




